DIVERS SYSTÈMES DE REPRODUCTION
et SI juin. Dans le premier on lit : « En quelle ques secondes chaque page, chaque gravure» « se trouve décalquée avec une exactitude « figûureuse^ et le tirage peut commencer im« <i médiatement à des nombres très considéra* « bles. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que « les feuilles originales ne s altèrent pas^ et <c qu'elles peuvent être remises en volame « après avoir ainsi fourni Téiément nécessaire K à leur reproduction recto et verso^ etc. »
Dans rarticle du 21 juin, il est question de rintérét que Louis-Philippe portait à cette invention ; on signale la reproduction d'une téte gravée sur bois par Albert Durer en 1527 , dont le décalque était parfait. Le roi en demanda une épreuve pour sa collection de portraits du Palais-Koyal , et félicita MM. Dupont <( sur une découverte grâce à laquelle il n y ix aura plus d'estampes ni de livres rares ». Ensuite apparaît, en compagnie des princesses et du baron Thénard, la reine, qui s'est beau- « coup égayée sur le désappointement des m bibliomanes qui verront leurs éditions uni- « ques se reproduire par centaines et avec <c une désespérante identité ». On peut juger
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aujourd'hui combien ces éloges et ces prédictioas étaient ei&agérés(l)«
Avant d'aborder les procédés de reproduction qui ont pour agent la lumière , avec ou sans Taide de la chambre noire , et pour ne rien omettre, je mentionnerai un article du Moniteur des Connaissances utiles^ dont je copie le texte dans VAthmcBum français , qui ra répété dans son numéro du 7 avril 18âîi.
«( Prenez de bon savon» que vous couperez *c par petits morceaux que vous ferez fondre « dans de Tean-^de^vie sur un peu de feu ; vous « y mettrez environ 16 grammes de savon sur « un quart de litre d'eau-de-vie; puis, avec a une plume ou un petit pinceau plat très doux, « dit qnene de morue , vous en frotterez dou*' a cernent le livre que vous vouiez copier, feuil-^ (c le par feuille, en mettant entre chaque « feuille une feuille de papier blanc; vous re- <i fermerez le livre bien exactement, après quoi « vous le mettrez dans une presse, de laquelle
(1) Voir sur Je même sujet un article de la Gazette des Tribunaux àvL 4 juillet 1839, et un autre de la Quoti^ dienm en date du l^*" août.
t9S MVBR8 STSTtMfiS DE REPRODUCTION
u VOUS le retirerez une demi^heure après, ot « vous trouverez toutes vos feuilles de papier « blanc im^rmùGH par failemenl. Il y a, il est « vrai , un inconvénient , car il faudra les lire « de droite à gauche , au lieu qu*on lit de « gauche à droite ; mais on pourra y remédier « facilement en présentant les feuilles copiées « devant un miroir. Si on ajoute au mélange ^ un peu de sel de nitre avec le savon et Teau- « de-vie 9 cela n'en viendra que mieux. La u soude dans Tcau fait le même effet , — une a once dans un verre d'eau. Pour copier une a gravure , prenez de Teau d'alun et de savon, « mouillez-en une toile ou un papier que vous « appliquerez sur Testampe, mettez le tout « sous presse , et vous aurez une assez belle
« copie de Testampe. n
Ce procédé, supposé praticable, n'est pas en tout cas fort utile , car il ne procure de Toriginal qu'une copie fc Tenvers , non susceptible d'être multipliée. liéanmoins, s'il était prouvé que les originaux n'en souffrissent pas (ce qui me paraît peu probable, surtout quand on emploie la soude), on pourrait s'en servir en certaines circonstances, par exemple si Ton
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voulait se dispenser de copier dans on livre un long article. L'emploi d'un papier très fin
ou diaphane permettrait, au besoin, de lire à l'endroit avec facilité.
RfiPAODCGTlON OES ESTAMPES PAR L'aCTIOM
SOLAIRE. — Cette inveuûou a produit déjà bien des merveilles, et, à mon avis, nons en promet bien «d'antres. Les praniiers essais dans cette voie sont ^ sans aucun doute » ceux tentés vers 1813 par M. Nicéphore Niepce; essais dont je parlerai pins loin. Toatefois U n*est pas précisément sûr qu'il fût à cette époque seul à s'occuper de ces recherches. Le Moniteur universel du 3 avril 1857 contient cette noie reproduite d'après La Presse de la Jeunesse :
« On a découvert et mis sous les yeux des « membres de la Société de photographie des « gravures extrêmement curieuses, dont la « date remonte à 1819, et qui semblent avoir « une certaine analogie avec les épreuves photographiques. Ces gravures ^ au nombre de «c trois, prouvent qu'il suffisait de présenter à « l'auteur une planche quelconque pour qu'il « en tirât Y en très peu de temps « des fac-^" « ^ mile diminués ou agrandis. Dans ces trois
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a gravures , représentant bb même oiseau avec « des dimensions différentes, on remarque la « similitude la plus parfaite , la plus matfaé- « matlii(^ue, et la même finesse de détails. On « dit que Fauteur de ces reproductions les avait « mises à TExposition des produits de Tin* a dustrle, eu lôld , et qull est mort sans ré- « vêler le procédé dont il se servait pour les « obtenir. »
Assurément ce récit est trop vague pour établir un fait incontestable. £n 1819 il y avait déjà envii'ou six ans que M. J. N. Niepce se livrait à ses expériences ; s'agirait^il par hasard d'une de ses productions Peut-être trouverait* on k ce sujet quelques reuseignemeats dan$ Iq journal La Lumière , que je n'ai pas eu le loisir de consulter^ Quoi qu'il en soit^ |e vais passer outre^ et, pour suivre l'ordre cbronolo* gique non pas des premiers essais particuliers i mais de la publicité des découvertes ^ je commencerai par exposer brièvement le pro^ cédé de Daguerrot révélé au public en 1839, et je le considérerai sous le point de vue spé^ cial de son application ft la reproduction des estampes par elles-mêmes.
DES TIBILUS ESTAMPES^
PrQçédé de M. Baguer re. — Supposons uiuq, estampa étalée à nu (1) sur un mur^ qu'éclaire uarayou ou un re£let d& soleil. £a face de cette estampe est placée une chambre noire, doujt rebjectif amène sur une glace dépolie Timage léfiracti^e et très nette de Testampe, image plus ou moins réduiiCi ou de grandeur naturelle si robjecûf est assej^ puissant et Imstrumcnl assez large et suffisamment éloi^é du mur.
Passons maintenant à Topération*
On sQujnet (jdans un cabinet obscur, éclairé artificiellement) une plaque de cuivre argentée et bien polie à la vapeur dHode, laquelle, se combinant avec la surface, y forme une pelUcale â'iadure d argent on Texpose ensuite à la vapeur d'une solution de brôme qui favorise et accélère Taction de Fiode*
La plaque, ainsi préparée, à Tabri de la lumière solaire, est devenue très sensible à Tac-
(i) Oa encadrée, pourvu que la vitre ne soit pas
éclairée de manière à produire le miroitage. J*ai vu un kabilo praticien (M. Arthur Forgeais) pixotographier sur papier coUodioimé une ancienne charte placée sous Terre. U est essentiel que le verre soit exeuipt de tout défaut qui ferait tache^