‹ De la réparation des vieilles reliures complément de l'Essai sur l'art de restaurer les estampes et les livres. Suivi d'une dissertation sur les moyens d'obtenir des duplicata de manuscritsChapitre 35 sur 43 · DIVERS SYSTÈMES DE UEPUODCCTION · texte numérisé non relu

DIVERS SYSTÈMES DE UEPUODCCTION

tiou de cette lumière, soit directe soit réfléchie; Faspect de n superflcie est d'un jaune mat violacé. On la glisse an fond da la cbambre noire t au point où l'image réfractée de Tes* tampe s'est formée uettemeiu sur la glace dépolie : en d'autres termes, on la snbstitue à cette glace. Si Ton découvre alors Tobjectif^ rimage renversée de l'estampe fixée au mur se projette sur la plaque. Les parties vivement éclairées, les blancs, les intervdles des badin* res, décomposent bientôt, c'est-à-dire noircissentt riodure d'argent (1); Timage des parties noires ou des tailles du burin forme écran et ne prodnit auenn effet.

L'opération terminée, après dix, vingt, trente secondes, plus ou moins, selon le degré dlntensité de la lumière que concentre le foyer de Tobjectif, on retire (dans Tobscnrité, bien entendu) la plaque, sur laquelle rien n'apparaît

(1) Le chimiste suédois Scheele découvrit en i66& la propriété que possèdent le chloruré émargent etanlret sels du même métal de noircir à la lumière ; il appelail ce chloruré argeal eomé. Il est étonnant que personne avant baguerre n'ait songé à tirer parti de cette propriétéi qui est une des bases de la photographie.

encore, puis on la soumet à la vapeur mercuriella qui se dégage d'une cuve chauffée à 40 degrés centigrades. Des gouttelettes de mercuré d*one ténuité extrême se condensent seulement suv les portions impressionnées de la plaque. Les blancs de Testampe sont accusés par un glacis mercuriel , et les tailles par une pellieule d'iode et de brôme que le mercure n^a pas modifiée. La couche d lodure d'argent non attaquée est entraînée par une solution d'iiypo* sulfite de soude versée sur la plaque ; alors le métal f découvert k cet endroit, brille de son éclat naturel.

Ainsi que le fait remarquer M. Boulongne, répreuve est négative; les tailles sont en réalité traduites en blanc; mds, comme le mercure amalgamé est plus p&le que l'argent poli« il y a transformation , pour Tapparence du moins. L estampe daguerréotypée parait donc semblable à Toriginal reproduit, sauf le ren« versement des détails : en effet, les objets de gauche sont à droite, et vice versa. On peut remédier à ce défaut au moyen d'un miroir plan, qui redresse Timage avant sa projection sur la plaque; mais, la lumière réfléchie perdant au

BivfiM «ixtaw M fmiumaiùn

mom on ûm de «on intmsité • TopéraiMi sera ixioifift npûU« Sem^ilpernli&àUwîcMft

de cQoU)ioer ua î>^$tème d obi^Ui^i <|ui ri^drair 641 dlreciôment rimage saos Fintermédiaire d'un miroir, d'an prisme en d'un fieoond ob* jdcUXI Je ne le yeoM pas.

JLifireiNraducûaaUerestaiïi£e .olljret au ^^ofiir

de la chambre noire, deux autres iucoûié-

meato : elle miroUeà roeil, qui a de la pmieà

k saisir, et ii*a aueuiie fixité* cairXamakBuae

dViSeut ett très Ujisuc^ iieureusemeiàt àL f iseau trouvai dès rorigiue de rinveniiî^Oy le moyen de fixer limage et tout à la folad'altéinier le miroitage. Il suffit de verser isar la plaqae cbauCfée une solution de cUorure d'or mêlé d'bjposulilte à» soude^ L'épreuve ^ couvre k rinstaQl d'une couche d'or exjce^ivemeat légjM, qui d'une part s'amalgame afeo le ma^ ^ure, qu'elle 6xet et d autre part assombrit le poU de 1 argent. (1)

(I) Ceux qui Toadront avoir des détails plos précis

sur le mécaDisme de chaque procédé photographiquâ décrit dans ce chapitre devroot consulter les MoifaieaK

traités modernes publiés à ia Librairie. cenUcUe^ d€$

. Reste ua^ liléfaAl inhérent à la nature même des images sar placjuai on ne pëntles^iiicoi^ j^m,kfU»ù «eileelMm d^astimpes. Réussirait^ on à, syubsUtuer sans désavantage ât la plaqae «me feuille d'argent très mince, appliquée comme le papier »de chine sur un feuillet do soutien î Peutrétre un tel fond ne se prèteraitcil pas aux apprêts délicats que doit subir la pla-^ que de cuivre argentée. J'ignore si Ton a fait on ce genre dlieuron esttio.'

Oocupons*-nous maintenant dun mode de re»

prodttctîan pbotographiqi^e qui satisfera beau- C0Bp:,giîe.ux que .le précédent les iconophiles: car ses produits f ayant pour !baaeJe papier ^ ne sont pas siqets au miroitage et peuvent se conserver en portefeuilles.

ReprodMtiM d'eskmpes iur papier pAofo** graphique. — Les faMimîle d^estampes dus à Taction que le soleil exerce sur des papiers diversement préparée sont aujourd'hui assez répandus ; on en volt dans le commerce do

Sciences (rue de Seiae-Saiot^Germain), les ouvrages spédauz sar les myentions modernes « et surtout le iimnkàl La Lumière.

800 DIVBRS STftTÈlfBS HB RSPROBlIGTION

fort remarquables , sdt rédaita ^it de grandeur naturelle. Les prix de ces épreuves sout

encore assez élevés « parce que chacune d'elles ne s'obtient que grâce a.ux soins tout particuliers de3 photographes; mais un temps viendra où Ton s'en procurera de parfaites k bon marché. Passons en revue tous les systèmes dèsi* gnés aujourd'hui sous la dénomination couimune d'héliograpkie.

Je devrais peut-être citer tout d'abord celui de M. Nicéphore Niepce , qui , bien avant les essais de Daguerre , le mettait en pratique , dans le but spécial de reproduire desestampes ; mais je n'en parlerai qu'à la ûn de ce chapitrCt parce qu'il rentre dans les procédés destinés & fournir non pas de simples copies d'estampes , mais bien des planches toutes prêtes à recevoir le noir d'impression.

Dois-je regretter de ne pas avoir sous la main un ouvrage ( dont le nom d*auteur m*échappe) intitulé : AtUophotographie ^ ou Mé^ ihode de reproduction par la lumière des dessins^ gravures i etc. ; in-8 (1847)? Ce traité nous eût peut-être éclairés. Je me console en songeant que sa date déjà éloignée le rejette

mê TIBILLES BSUMPES* 301

sans doute, vn les progrès incessants de rbétiographie , au rang des ouvrages arriérés. J'ex* trairai donc mes renseigoements de plusieurs articles que j'ai lus à des époques plus récentes dans le Moniteur umoerêA on ailleurs.

Dès 1834 , vers le temps où Daguerre faisait ses essais sur plaque , un Anglais, M. Fox- Talbot, trouvait de son côté des moyens analogues , moins parfaits à la vérité , mais plus maniables et plus féconds en résultats. Tandis que M. Daguerre iodurait des plaques argentées^ M. Talbot, usant d*un sel d'argent tout préparé, en étalait sur du papier une coucbe mêlée d'acide gallique ; cette mixture offrait un aspect mat et jaunâtre ; il la nommait gdllonitrate d'argent. Ce papier sensibilisé recevait rimage d*une estampe réfractée par Tobjectif d une cbambre noire. La lumière solaire impressionnait le sel d'argent, autrement dit le noircissait, partout où limage offrait des clairs, et n'agissait pas aux endroits occupés par les tailles.

Je prends ici encore pour exemple , et pour simplifier, une gravure an burin ou à Feau- Ibrle dont les ombres et les demi-teintes con-

302 DIVERS SYSTÈMES û£ EEPROOUCTIO.N

ftistent en des faisceaux oa des réseaux de iia» churcs plus ou moins serrés. S'il s'agissait d^nae aquatinte , ob eoBçmt que l^adion so* liire aumt sur sqs di¥erses parties une iiH fluence ea rapport avec la gamme de tous coinprise entre les clairs et les ombres extrêmes.

Pour fidre apparaître Timage^ encore 1^ lente après Topératiou du solël , M. TaiboC passait une seconde fois son papier au gallonitrate d'argent, puis le chauffait doucement au feu ; Timage alors devenait idaible ; il possédait une éprenve néptbe mt laqueUes les blancs ou entre-tailles étaient accusés en noir. ' Gomme la surface du papier est loin d'avoir le poli d'une plaque d'argent, ces empreintes manquaient de finesse dans les menus détails^ mais offraient en compensation deux avantages sur le procédé Daguerre; on pouvait l"" les mettre en portefeuille , 2"^ les convertir en dîchés propres à fournir des épreuves droites à un nombre pour ainsi dire iUimité. Pour leur donner cette dernière qualité « il suffisait d'en rendre le papier transparent au moyen de cire vierge. Derrière une épreuve négative ainsi diaphanéisée^ il appliquait un autre papier

impressionnable, et, plagant le tout dans un châssis, l'exposait au soleil. La nouvelle feuille recevait une isorte de décalque , de contre-^ éprouve de limage négative ; les noirs et les blancs, cette fois, correspondaient aux tailles et entre-tailles de Testampe , et les objets occupaient leur position naturelle : Tépreuve, en un mot, était positive.

Tel est le procédé primitif de M. Talbot.

M. Blanquard-Ëvrart , de Lille, grâce àdes modifications ingénieuses, Fa porté à la perfection. Les noms de MM. Bayard, Bisson frères et autres, se rattachent également avec honneur à cette branche de la photographie ; ils lui ont fait faire des progrès étonnants, surtout sous le rapport de la préparation du du papier destiné à recevoir les empreintes , soit négatives , soit positives. On a obtenu des papiers à surfaces très lisses, par remploi successif de la cire (1), de la gélatine, de Falbumine , puis enfin du coUodion ou fulmi*

(l)M. H. de la Blanchère a perfectionné Tari d'obtenir des épreuves négatives sur papier ciré. Voir le Uotiiîeur unimnel du 8 novembre 18S6.

304 UfBiS SmtMBS M IWMMCnOII

coton dissous dans la beniîne (voir les traités de photogrtpbie pour les dtoils de ces «p-^ prêts). Le pspier prëparà svm €etie é»^

nière subsuuca lutte de poli avec li planque daguerrîonne; néanmoins le papier sensî* ble ayant pour base la gélatiae n^esl pas à oublier ; c'est grâce à son emploi que M« Bat* dus, peintre photographe, et M« Bei^amim Delesscrt,oiu reproduit avec succCîs des pièces capitales d'andens maîtres, les unes par tremise de la chambre noire, les autres diro^ tement avec les planches originales apprêtées d\ine cerlaiue mauiiîrc. L'invention a au>^ été améliorée sous le rapport des substanoes employées à la sensibilisation du papier ; oa

a substitue au gailo-nitrate le chlorure dargent , Joui ou dissout les porlious uou iuûueih cées par un lavage à Teau pure suivi d>a bain d'hyposnlfite de sonde.

Revenons à M. fox Talbou Sa méthode primitive de reproduction d'estampes e^ùgeait remploi de la chambre noire; leur image» réfractée et projetée sur im papier sensible, lui fournissait des réductions de Toriginal à i'é^ chelle désirée ; mais il tarda peu à se passer

m& VIBILLBS BSTAMraS. 301^

da secours de Toptiqoe. Il loi vint une idée ana* lagne à celle que M. Nicéphore Niepce mit en pratique^ de son côté, comme nous le dirons plus tard : il imagina de reproduire les estampes par elles-mêmes. Il en rendait le papier transparent à Taide de cire vierge en poudre qu*il étendait au verso et qu'il liquéfiait eu ; pas* eant, je crois, un fer chaud sur touie la surface (1). Puis il en appliquait le recto contre une feuille de. papier sensibilisé par un sel d'argent. Le noir des tailles interceptant la lumière , le papier restait blanc à cet endroit; partout ailleurs le sel d argent tournait au noir et se. fixait. Les parties non impressionnées étaient dissoutes dans un bain d'eau distillée contenant de Thyposuilite de soude* Cette contre-épreuve était susceptible, après avoir été elle-même diaphanéisée , de servir de cliché pour un tirage sans limites d'épreuves po^

(1) Une estampe dont le verso serait imprimé ou gfftTé ne se prêterait pas à cette méthode. Je compte trouver un jour et indiquer aux amateurs le moyen de ATber en denx placards tes estampes da ce genre. (Voir ma dissertation k ce st^et, page 330.}

806 DIYBRS SWrftlIBS DB BBJPRIUHrCriOll

sitives, .de même grandeur que Toriginal, épreuves dont il renforçait les traits au moyen d'une solution d'acide gailique ou de proto* sulfate de fer«

Ici les içonopliiles vont m'arrèter. L estampe originale' ne soufifre*t«*elle pas de cet apprêt, ' et surtout du contacl des subst^ces , teUes que la benzine ou la térébeatlune^ destinées à en enlever les U^aces ? Je crois en conscience qu'elle n*encourt aucun danger, pourvu quels dre soit très pure et qu^ en soit de niéim.da liquide destiné à la dissoudre ; mais on devxa rejeter remploi de la stéarine, ou graisse saponifiée , qui laisserait sur les tailles (voy . page 70) uiie sorte de glacis blancbâtre»

Le procédé â-dessus expliqué, qui varie selon la métbode pai*ticuUère de chaque praticien y est appelé à rendre bien des services à Tart ; mais les produits n'en sont pas encore en général assez parfaits pour satisfaire Tamateur délicat ; les tailles de la gravure ne sont pas accusées avec la fermeté, la netteté, de l'original , et les magnifiques /ac-^imife d*estampes de MM. Baldus, BlanquartrËvrard et Benjamin Delessert n'ont été obtenus qu^ grâce

Bf^ VlEltLES £STA1IP£S. 307

à de nombreiises modificaiions apportées aa procédé primitif.

HMiographie mr wrre. — Le pins ingé-* nieiix perfectioimeiiieDt du système Taibol est sans contredit celui dû à H. Niepce de Sainte ' Victor, neveu de Nicéphore Niepce. Il imagina de sobstîtQer an papier le Yerre, cette matière si polie, si diaphane. U étala sur une glace d'abord une couche de gélatine , puis ensuite de collodion; il recouvrait Tune ou Tautre de ces sidislances d\me pellicale de sel d'argent, et faisait apparaître limage au moyen de Tacide gallique ou pyrogalliqne. CTest par 1 usage de la £^ace coUodionnée et de la chambre noire que mi. Le Gray, Bisson firères, Moulia, Mantes et fii£faut sont arrivés k obtenir des négatifs capables de fournir de précieuses copies positives d^aneiennes eaux-fortes. M.

BlanquarirEvrard à Lille, et M. Lachevardière à Paris, ont les premiers, ai-je lu, illustré des livres (notamment le Voyage en Egypte de M. Maxime du Camp) de dessins héliographiqaes dus aux mêmes procédés. En 1855 M.

Martens s'est procuré, par remploi du verre albuminé à sec, les clichés de ses admirables

pttuoramas du MuuwJiluuci il luâlail à rallouiinno do Tioduru d*ummouium. G*Mt au^^i û Taide de rhéiioHntphie aur verre que M. Fer« rier a produii lei épreuvea doublea ai remar^ quabloa « t l'uttugo du i^iôréoacopat iutilrumiiiit i|ui oonuncncu a s() pupulurmur.

Un arliole du Monit$ur univmél i du td déoembre Ibfil % aignale la nouvelle métbode de M. Loborgaoi qui «onaibiliao le vorro cullodionui^ UYOC un liquido ainsi composâ :

iOO graromea d'eau diatiiléei tO grammea d ttcaïaio d'argeiu oi lU grammea do uiirateda plomb. Il dôYoloppe Tiinago (t laido d'une iolullon trèH Mhk d'ncido gnllique. «r Lea « glaoea ainai aenaibiliaéea , dil Tariicle , pau- « veiU au cuusorver louglempa saiia perdre « lautë pru[)riàtéa, co qui pormei d^opérarà <c aeo. »

L^héllogrnphio aur verre appliquée à la reproduction dea oaïuiupea eat de toua loa ay^ tèmoa lu plu» puriuiii ëuil qu ou t«u|)U4H)8eà la glace aenaibiliaée une eatampe en nature rendue iranaparente i aoil qu*on y projeuo aou image réiruclàc. Cu dernier mode mérite ^ 4 mon uvia, lu préférence ♦ parce qu^it four-

nit des réductions précises dans les proportions désirées « et , au besoin , des négatifs delà dimension de Toriginal II s'agit, dans ce dernier cas , d^avoir une chambre noire assez vaste , pourvue d*un objectif à long foyer et de large ouverture : c'est assez dire qu'on est entraîné à des fraislmportants ; mais, si Ton se contente de copies réduites, on peut opérer avec un daguerréotype d^un diamètre courant et d'un prix modique.

Une dernière observation. La pureté de la glace, rhomogénéilé de sa substance et de son épaisseur, sont les conditiéns essentielles de la perfection des négatifs. Plus la glace ^era mince et & surfaces bien parallèles , plus, à moû avis , ce cliché donnera de belles épreuves positives sur verre ou sur papier. Si la lumière^ avant d'impressionner le sel d argent, avait à traverser une glace trop ou inégalement épaisse, et parsemée de stries, bulles d'air, etc., elle subirait nécessairement dos réfractions irrégulières, des aberrations préjudiciables à la netteté des tailles. Si encore sa surface s'appliquait mal sur certains points du papier positif « les tailles de Testampe seraient^

810 DIVKB8 «fSTftlIBS B% RfPMDUCTION

àcoseadroils, confuses, mal terminées, comme lêB contom des oiùbves.

Qu'oa me permette ici uae courte digreeMon :

M» Guiraudet, imprimeur du préseat livre, a connu un libraire de Paris (feu M. Gallioi) qui renouvelait le papierd'ime estampe comme un réparateur de tableaux remplace la toile dHiae vieille peinture. Il collait, je ne sais avec quelle matière, peut^tre le coUodion, le recto d'une estampe Am une glace, qui en retenait les tailles ; puis il en détruisait le papieir, soit en Técorchant, soit plutôt i à mon avis ,jen le «décomposant àTaide d'nA acide assez fort, anquel peut résister le noir d'impression. Le papier anéanti , il appliquait une i^ouveile feiiiUe sui les tailles, qui y adhéraient grâce à ua procédé quelconque ; enfin il détachait le tout .de la surface vitreuse par un moyen qm m'est également inco nnu .

II est à regretter que M. Galliot ait emporté son secret dans la tombe. Sa méthode , supposé qu'elle £at infaillible et sans graves inconvénients (ce dont je doute), eût ren* idn de- grands services : 1^ aux iconophiles : elle leur eAt permis de renoliveler le fond

DfiS VIEILLES ESTAMPES. 311

d'um estampa moUie et les eût dispensés de suer sang et eau à; la recherche de remèdes propres à détruire certaines taches incurables; 9f^ elle eùJt fourni aux photographes un moyen * nouveau de prépiurer des clichés héliographi-

cpxes.Iiseraitsansdoutepossihlederetarouver ce procédé, ou tout autre analogue. .

DBL4 GUAVURB BÉLIOMAFHlftUB. NoUS

allons voir maintenant la lumière prépara le travail le plus difficile , le plus long, du giaveur à Feau-forte. La première idée de cet art, aussi expéditif que merveilleux, appartient tout Entière à Joseph. Kieéphorà Niepce. Ici ce nom doit briller de tout son éclat ; un jour peut-^iro gr&ce aux savants efforts du neveu qui porte et honore le même nom, il éclipsera eetni de Daguerre.

Dès iSiâ^, selon M. A. Boulongne , M. Ni* céphore Niepce, préoccupé de rmvention de la lithographie , récemment connue eu France (1), conçut le projet de substituer une

(1) II est à noter qaè llnvention de la lithographie en a, dès son originel engendré deux autres tout aufisi rètsànjaâbles^ : la lithif-typographie et rhéliographie.

SIS DIVERS &ïftTÂM£S DB EEPBODUCTiaii

mince plaque métallique à une lourde piefte* Cette idée lui en [suggéra une autre : trouver le moyen de fixer sur cette plaque les images de la chambre noiie. Ses premiers essa» en-* rent pour but de reproduire des estampes par le procédé dont la description va suivre*

Il connaissait la propriété que possède le bitume de Judée , matière noirâtre , de blan* chir quand on Texpose pendant un certain temps k la lumière du soleil « directe ou réfléchie. Partant de ce principe, il étala d*ime manière quelconque, sur une plaque d'élam, une couche de ce bitume. D'autre part il vernit au verso ime estampe ^ afin de lui communiquer un certain degré de transparence ; puis il appliqua ce côté verni , dès qaHt tat sec, sur sa plaque préparée. La lumière, passant h travers les parties claires ou entre-tailles de restampe, bUncbit le bitume et en même temps le fixa sur le métal. Les parties noires ou tailles, au contraire, interceptant les rayous lumineux, le bitume, sur ces points, ne lut ni influencé ni fixé sur Tétain.

Après dix heures d'exposition au soleil « ropératlon était achevée. M. Niepce trraqpait

sa plaqae dans un bain d'essence de lavande et de pétrole, laquelle dissolvait le bitume aux endroits non impressionnés, protégés par le noir, tandis qu^elle n'avait aucane action sur les portions atteintes et tixées par la lumière , celles correspondantes aux blancs de Testampe. Le brillant du métal représentait donc Tempreinte exacte des tailles ; c était un fao^inUle direct, une reproduction dans le sens naturel, une copie positive.

Gomme ces empreintes étaient fort pAles, M. J. li. Niepce essaya, mais en vain, de leur donner de la vigueur en soumettant le métal aux vapeurs iodiques ou sulfureuses. Plus tard il fixa, par le même procédé, des images de paysages en nature, réfractées par la chambre noire, images nécessairement à Tenveis, et, défaut bien autrement choquant , tout à fait confuses , vu que pendant une exposition de plusieurs heures au soleil les ombres des objets réels se déplacent à chaque instant. Ce fut peutêtre la vue de ces images renversées qui lui inspira Theureuse idée dont il ira être question. ' On va me demander sans doute à quoi pouvaiant servir ces empreintes d'estampes. A

314 DIVERS SYSTÈMES Dfi ftfiPaOBUCTION

peu d6 chose « au pr^iar coup jd'cNl; mais MvMi^pce âUait trouver mi^m 4' an Urer bon parti. Ne posséd^lHl pas» m eiï^t, grAaeàcetie .simple, opération f une planche toute veniie avec un siqet tout tracé « ii'altendajat plus que la jQdOirsure de rcym-forte i IL lui suffissut^^pour reproduire le modèle ^ gic^d aombre d^épreu-

Tes , d'appliqper S09 esl&unpe sur sa plaque d'étain oui de cuivre,, enduite 4^ Jbâtuoiet de manière à en avoir une empreinte ,retournée9 qui, x^rei^ée,i^.reau-:loctevdonnftti au tirage, des épreuves droites. Il paiwiid; à âbtemr.aiosi quelques foKhêimile d'^^traipes.

J^lus tard, en 1837, M* >£iiepce;irencontra JI. Daguerre chez M. Charles Chevalier, :fils de ringénieuT'- opticien. Vincent i très habile constructeur de.obamtires noires; dès km U associa ses expérjlem^s à .ceUe&. du iondateur du ûioraaia, etabaudoima, à ce qu'il parait, ses essais au bitume, pour cberehec. axée son-as-- SQCîé Tart de fi&ei:ilfiS:iiiiageSiidaii^»iabambre noire çur plaques d'argentdodurées. En 1839, quelques années après le décès à'jCAâ/otts;de

liiepce, JMl«i)egame^ resi^fieulpossessaur du seccei commun^ ie dâ«rulgua à'I/Ëurope et

fut récompensé par la chambre des dcpulés au nom de la nation (1). Depuis cette, époque le nom de Niepce £ut$ il est vrai, asaociô a celui de Daguerre; mm biemât le public Toublia k peu près, ainsi queson procédé persQoael, qui Mfftit pour base Taotion de la lumière aur le bitume* M# Ifiepee neveu songea dès Iprs 4 per&Gtionner oe prooédé et à le faire prévaloir même jsur celui qui porte le nom de D^guerre ; pentfélre est-il permis de dire qu'il y a réussi* n reprît done lea essais imparfaits de aon oncle eteatira des résultats si féconds que la méthode de M. Daguerre sera bientôt^ roléguée^ c'est probable, parmi ces inventions ingénieuses qiiVm admise, mais qu^on met en pnalique ra-* rament et par exception.

Voici comment M. iSiepce de SaintrViclor &% flaire des pas de géants au prQccdé de son oncle, encore en quelque sorte h l'état d'em*bryon àTépoque où fxA révélée la birili^nte découverte de Daguerre. Il emploie aiû<^urd'iiui une plac^ue d'acier; après quelques apprêts pré-

(1) M. Charlis Chevalier, opddsii, possédait depuis 1827 un écliantiiloo, sur plaque d'argent» dea essais de

bigiiizeo

316 DJV£aS SYSTÈMES DE REPRODUCTION

liminaires (voir les traités photographiques), il y verse un vernis liquide composé de — cent grammes de benxinei — six de bitume de Judée,~ un de cire jaune (vernis qu'on doit conserver dans un flacon à parois opaques) ; puis il fait sécher ce vomis en chauffant la plaque « quil met à l'abri de la lumière et de Thumidité» Sur cette plaque ainsi enduite il applique soit le recto d'une estampe en nature rendue diaphane, suit son image obtenue à la chambre

noire , sur verre albuminé ou coUodittnné et chargé d'un sel d'argent. Il expose le tout non plus pendant dix heures , mais pendant dix minutes^ au soleil , ou une heure à la lumière diffuse. Si la durée de rexposition se prolon-* geait tropf Timage deviendrait visible avant ropéraiiou du dissolvant i lequel ne produirait plus son effet. Ce dissolvant , composé de tfoie parties d'huile de naphte rectifiée et d'une partie de bensunOi enlève avec énergie les portions du glacis bitumineux que les tailles

M. Nîcpco; col échantillon est aujourd'hui aux archives

de lloititut. (Rapport à ta Société d'ênaouragêmmtt par U. le baron Séguier, 11 mars 1840.) - '

DBS ¥I«L|AS SœUlfBS* 317

de Ttttampe ont préservées de Taction fixainee de la lumière*

M. Niepce emploie, potor creuser les traits représentés par les portions , mises à nu, de sa plaque d'acier, le liquide suivant: acide azoti<jpie (à â6 degrés), oae partie en volume; eau distillée, huit pariie3 ; alcool (à 36 degrés)» deux parties. Je passerai sous silence les apprêts asses compliqués qu'il fait subir ensuite à sa plandie pour la rendre plus sensible à la morsure de Tacide azotique, employé alors sans mâange*.

. Notons qu'au moment même où j'indiqueces détails d'après divers articles du Moniteur ' universel , les procédés usités Tau passé sont pett^tare déjà surannés, car chacun des photographes qui s'en servent y ajoute les perfec^ tionnements que lui inspirent ses propres re* cherches. J ai voulu seulement donner une idée générale dn mécanisme de Topération. M. fienjamin Delessert a entrepris de reproduire par ce système de gravure les principales eaux»

forteii d'Albert Durer. MM. Manies et Riffaujt-

s^occupent de Tœnvre de Rembrandt, en apportant dans la pratique du procédé certaines

318 DIVERS SYSTÈMES DB REPRODUCliON

modifications dont ils ont le secret. J'ai lu qu'ils se servent d'épreuves négatives obtenues à la chambre noire, sur glaces teoUodionnées, d'après les images des originaux.

Inappréciable conséquence de Fingénieuse découverte de M. Nicéphore Niepce ! On possède une planche couverte d'un vernis inatta-quable aux acides et d'une esquisse qu'a tracée la lumière, une planche tout à fait assimilable à celle de cuivre vernissé sur laquelle le graveur doit tracer patiemment à la pointe les contours et les ombres d'un dessin. Ici, ce dessin , dû à Taction du soleil , est d'une pré^ cision étonnante , d un fini parfait dtfns tous ses détails. Pour en faire une planche & tirer, il suffit de creuser, à l'aide d un acide, le métal dénudé, et il n'y a plus qu'à passer le rouleau chargé de noir dimpression pour obtenir des milliers d'épreuves d'une copie très exacte. H reste encore, en certains cas , un travail à faire pour arriver à la perfection : un artiste devra retoucher, renforcer certains traits , pour les disposer à recevoir plus d'encre ; c'est, au reste, une opération qu'exige le plue souvent toute gravure à Teau-forte.

DES ViËILLËS ESTAMPES. 3i9

Tel e&t^ de tous les «jvtèmes^ inventés pbnr fac-simiiiser les vieilles ests^mpes, celui qui promet le plus. Le défaut de tous les autres, c'ési d'offrir des triiits sans reliefSi , d'un noir trop mat et d'un ton unifotMe, comme Tombre d m corps projetée sur un mur. Avec celui de M. Niepco il est permis de reproduire non plus seulement les traitë de la copie, mais aussi, en crensant plus ici que là, les tons renforcés de Foriginal, avantage inhérent aux seules épreuves produites par voie d'impression. Seulement il faut le concottYs d^in artiste; mais, quel mal après tout que Taction mécanique cède pour quelques instants la place au talent que dirige le cerveau, à Tinspiration du génie?'

Il existe encore plusieurs procédés analogues^ mais bien inférieurs & celui-ci, pour se procurer des planches & graver au rouleau, soit en creux, soit en relief. M. le docteur Donné eut le premier Tidée de disposer une plaque doguerrimna de telle sorte qu'elle pût être creusée à reau-forte et servir de planche ii tirer. Il attaquait à l'acide azotiiqne les parties brillantes de la plaque, là où Taisent était à nu, tandis que les portions mates , fixées par le mer-

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