IIT. — CAUSES DE CETTE INÉGALITÉ
Nous venons de voir qu'une des causes principales qui vicient la représentalion, réside dans la grande inégalité des circonscriptions électorales et l'absence d’un chiffre unique comme base des calculs de répartition des sièges entre les divers collèges. Nous allons en déterminer une autre non moins importante en faisant le calcul des voix non représentées : abstentions et voix battues. Le nombre des unes et des autres est considérable.
Voici à titre d'exemple le résultat des élections législatives de 1893 dans le département de la Seine.
Ce département comprend 45 collèges.
Collèges Electeurs Voix oblenues Voix non inscrits par les élus représentées Paris Irare ie cire, 14.677 5.052 9.625 | 1 COS 15.020 D.858 9.162 IL » 24.737 6.338 13.399 EVE re » 13.629 4,409 9,997 IE re 7 OS) 9.004 2,952 6.052 VE TU NUS 11.747 3.814 7.873 NET C 12.135 2.927 9.208 d'HCASE EE LE 9.094 2.138 6,356 NE D 5 12.726 3.82: 8.903 VIE» 19.347 D.985 13.362
MIMESSPALELT > 11.300 3.052 8.248
Collèges
Paris VIILE arr,
Xe IX°
XIe XIIe XI[e
XIIIe XIIIe XIVe XIVe XVe XVe XVIe XVIIe X VIIe XVIIIe XVIIIe XVIIIe XIXe XIXe XXe XX°
Arr. de St-Denis
Arr. de Sceaux
28 circ,
1 re »
DO) are »
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4re »
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Electeurs inscrits
Voix obtenues par les élus
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Voix non représentées
Ce tableau est très instructif. Voici un département dont tous les arrondissements ont dû être divisés en plusieurs circonscriptions électorales. Pourquoi n’avoir pas créé des collèges égaux ? Pourquoi 45 circonseriptions variant de 5.729 à 31.641 électeurs? Géographie électorale... peut-être. Et ce qui semble corroborer celte hypothèse c’estle nombre considérable des abstentions. Lorsque les minorités désertent la lutte, c'est qu'elles se savent vaincues d'avance : or, dans le département de la Seine le nombre des abstentionnistes s'élève à 23 0/0. IL est extraordinaire que, dans les 45 colièges d’un même département, aucun élu n'ait pu grouper sur son nom les suffrages de la moitié des électeurs inserits, ni même un chiffre s’en approchant sensiblement. Il en est quelques-uns qui n’atteignent même pas le quart des inserits (Paris, V° arr., 2° cir. et XVIIT arr., 1° cir. — St-Denis, 5° cir.).
En récapitulant l’ensemble nous trouvons :
Hiecteurs inscrits LENS 0 02,1 687-607 Voix obtenues par:-les élus . . . . . . 218.662 Voix non représentées . . . . . . . . 438.925
La députation de la Seine ne présente donc que le tiers des électeurs 33,3 0/0 ; les deux tiers 66,7 0/0 ne sont pas représentés. Ce résultat n’est pas particulier à la Seine. Les statistiques dressées pour la France entière ne révèlent pas du reste pour l’ensemble du pays une situation électorale meilleure.
Pour les élections générales de 1877, 1881 et 1885,
M. Victor Turquan donne les chiffres suivants (1) :
1877 1881 1885 ABSENCE ee. An ete 90/0 31 0/0 23 0/0 VOILIDAIUES 205 7e + + Le ie} 24 0/0 34 0/0 Voix représentées par les élus . 49 0/0 45 0/0 43 0/0