TITRE DE PRINCE
La qualification do Prince ( princeps , primum caput, qui est le premier), est d'origine romaine; elle fut la seule que portèrent longtemps les Empereurs Romains; Romulus l'avait donnée au chef du Sénat, lequel remplaçait le Roi en son absence.
Les soldats d'élite, qui combattaient au premier rang, étaient qualifiés Princes, et les fils des Empereurs ou ceux qu'ils avaient adoptés pour leur succéder, avaient le titre de Princes de la Jeunesse ; celui d'entre les Chevaliers qui devait être appelé et cité le premier à la revue quinquennale recevait le môme titre de l' rince -de la Jeunesse-
Cette qualification de Prince appartient et est commune de nos jours aux Empereurs et aux Rois, ainsi qu'à leurs fils; aux personnages ayant un droit de juridiction et de souveraineté sur une population et un territoire plus ou moins étendus ; à ceux de leurs sujets auxquels des Souverains ont concédé par lettres patentes
(*) Les personnes qu’intéressent les matières héraldiques auront pu remarquer que dans nos ouvrages précédents nous n’avions voulu aborder et traiter que celles des questions qui nous avaient paru n’avoir pas reçu de solutions satisfaisantes ou que nous avions vues autrement. Ainsi tout ayant été dit â l’égard des titra nobiliaires , et mieux peut-être que par tout autre, par Saint- Allais, dont nous nous efforçons en toutes occasions de mettre en relief les savants travaux, c’est de son livre V Ancienne France, aujourd’hui épuisé, que nous tirons ce chapitre sur les Titres Nobiliaires. Acquéreur de s s précieuses archives avec faculté de reproduire ses ouvrages, nous avons cru devoir nous effacer dans cette circonstance, reconnaissant d’ailleurs n'avoir rien à ajouter à son texte.
DES TITRES NOBILIAIRES
d’érection de se prévaloir de ce titre, qui les rapproche du trône et de leur personne, et de l'asseoir sur des terres considérables ; ou à ceux enfin auxquels ils l’ont conféré par simples Lettres ou brevets , sans érection de terres.
Ainsi les Empereurs et les Itois sont Princes, en vertu de leur souveraineté ; leurs enfants sont dits Princes ou Princesses du sang , parce qu’ils sont enfants de Souverains. Les Grands-Ducs de Toscane, de Bade, de Hesse, de Saxe- Weimar, de Mecklembourg-Schwerin et Strelitz, d'Oldembourg, les Ducs de Parme, de Modène, d’Anlialt, do Brunswick, de Holstein, de Nassau, de Saxe-Meiningen et Altenbourg, sont, comme souverains, qualifiés Princes.
Les armoiries des Grands-Ducs et des Ducs souverains, qui ont aussi le titre d ’ Altesse royaie et d’i/to sérénissime, sont, par suite d’un usage peu ancien, timbrées de la couronne royale ou d’une couronne qui en diffère peu, en forme de bonnet ou de tiare, laquelle, on le sait, n’avait appartenu, dans le principe, qu'aux Empereurs, jusqu'au temps de Charles-Quint, et ne fut définitivement adoptée, par les Rois en France qu’à partir de François Premier (1515-1547) et d’Henri II (1547-1559).
Cet usage de timbrer les armoiries des Grands-Ducs et des Ducs souverains d'une couronne fermée, est nonseulement admis actuellement comme un droit inhérent et dérivant de l’importance, de la nature de leurs domaines et de leur souveraineté qui les mettent en effet en possession des droits régaliens dans toute leur plénitude; mais il est des érudits, des légistes et des diplomates qui entendent concéder également aux villeslibres, aux Cantons de la Suisse et même à la petite République do Saint-Marin, le droit de timbrer leurs armoiries d’une couronne fermée, qu’ils considèrent en ce cas spécial non comme un attribut particulier à la royauté, mais comme un signe afférent de droit à toute souveraineté, qu’elle soit républicaine ou monarchique. Ce serait alors au même titre que les Princes souverains de petits Etats en Allemagne seraient en droit de tim