‹ De la répression des usurpations de noms et titres de noblesseChapitre 8 sur 15 · COURONNE DE PRINCE · texte numérisé non relu

COURONNE DE PRINCE

TITKE DE DUC.

La dignité do Duc est une dignité romaine créée par les Empereurs; elle tire son nom des mots ducere , ducendo, dur, qui signifient conduire, commander. Les premiers Ducs étaient les Duclcrcs exercituum , c’est-àdire, les commandants d'armes. Sous les derniers Empereurs romains, les lieutenants des Césars furent appelés Ducs (Duces), ainsi que les gouverneurs des provinces.

On trouve treize Ducs pour l'empire d'Orient, et douze pour l’empire d’Occident.

Ceux de l’Empire d’Orient furent pour la Lybie, l’Arabie, la Thébaide, l’Arménie, la Phénicie, la Mœsie première, la Mœsie seconde, l'Euphrate et la Syrie, la Scythie, la Palestine, la Ducie, l'Oroshéne, et la Mésopotamie.

Ceux de l’Empire d’Occident furent pour la Mauritanie, la Séquanique, la Tripolitaine, l’Armorique, la Pannonique première, la Pannonique seconde, l’Aquitanique, la Valérie, la Belgique première, la Belgique seconde, la Ithétic, la Grande-Bretagne.

Cassiodore fait mention d'un Duc de la Marche Rhétique (pays des Grisons), et sous le règne de Constantin-le-Grand, on trouve un Duc de la province séquanaise, un Duc de la province germanique, un Duc de Mayence, un Duc de la seconde Belgique, etc., etc.

Les Francs, pour flatter le peuple gaulois, accoutumé depuis longtemps à cette forme de gouvernement, divisèrent toute la Gaule en Duchés et en Comtés, et donnèrent le nom tantôt de Ducs et tantôt de Comtes, aux gouverneurs des provinces. On retrouve encore de ces Ducs sous le règne de Chilpéric premier, en 572.

Il y avait des Ducs dont le pouvoir était bien plus

DES TITRES NOBILIAIRES

étendu que celui des autres, car quelques uns avaient sous leur gouvernement plusieurs provinces, quoiqu'ordinairement chaque Due ne dût en avoir qu'une Ils avaient avec eux des Comtes, appelés en latin Comités (compagnons), qui leur étaient donnés pour être comme leurs adjoints pour rendre la justice; mais, en l’absence des Ducs, ils avaient souvent l’autorité de commander les troupes et les provinces où ils étaient établis. Le Duc et le Comte étaient les deux premiers magistrats de chaque province; le Duc se mêlait plus spécialement des affaires militaires, et le Comte des affaires civiles. Dans la suite ce fut un Évêque qu’on donna au Duc pour le soulager dans l’administration du civil, et le Comte était chargé de le seconder dans les affaires militaires.

Il y avait aussi des Ducs des frontières, Duces limilnm, dont l’autorité était bornée au commandement de quelques troupes, et qui n’avaient pas le droit de s'immiscer dans l'administration des provinces.

Les Ducs avaient, non-seulement, 1 a conduite des armées et le gouvernement des provinces, mais ils avaient le droit d'asseoir, . de lever les impôts, et de percevoir les deniers royaux, comme étant les premiers officiers du Roi.

Les Ducs et les Comtes des provinces portaient l’épée comme simbole du droit de vie et de mort qu’ils exerçaient; ils condamnaient à la prison pour les crimes qui ne méritaient pas un châtiment plus rigoureux. Ils faisaient la chasse aux brigands, et prêtaient main forte aux juges subalternes lorsque ceux-ci n’étaient pas en état de contraindre les délinquans; la raison en était qu’ils avaient des troupes réglées à leurs ordres ; ils les commandaient pendant la guerre, et les régissaient pendant la paix. Ils étaient également les juges dos Romains et des Barbares, des soldats et des provinciaux ; mais ils ne jugeaient les provinciaux que par appel des juges ordinaires, surtout en matière civile.

Une province gouvernée par un Duc ne pouvait con-

Page 1