TITRE DE DUC
tenir moins de dix à douze villes ou cités, avec leurs châteaux ; et chaque Duc avait sous lui douze Comtes qui le secondaient dans le gouvernement et l’administration civile des villes, ainsi que dans ses autres fonctions; ces Ducs étaient qualifiés illustres.
La puissance de ces Ducs, la faiblesse des Rois Francs, les divisions et les guerres cruelles que fit naitre l’ambition des Maires du palais, mirent les premiers en état de perpétuer leur autorité, et ce fut par une convention solennelle, faite avec Floachat, Maire de Bourgogne, que les Ducs du royaume s'assurèrent pour toujours la jouissance de leurs honneurs, rangs et dignités.
Les Ducs d’Aquitaine possédaient déjà héréditairement tous les pays au delà de la Loire, en y comprenant le Bourbonnais et l’Auvergne. Les Ducs de Gascogne, avaient sous leur puissance les plus belles provinces du midi occidental de la France, et l’ Austrasie était de venue le patrimoine de la maison de Pépin d’Héristel qui, sous le titre de Maire, jouissait de l'autorité royale, qui le conduisit à prendre le titre de Prince des Francs. La guerre que Charles-Martel entreprit contre tous les Ducs de la monarchie, fit bien cesser leur tyrannie, mais elle n’abolit point leur droit héréditaire ; le vainqueur se borna à les remettre dans la dépendance de la couronne, dont il avait lui-Vnôme usurpé tous les droits , parce qu’il sentit le besoin de s’en faire des alliés et des appuis. Ce ne fut que sous Charlemagne que les choses changèrent de face ; ce Prince comprit que tant qu’il y aurait des Seigneurs aussi puissans dans la monarchie que l'étaient les Ducs héréditaire % son autorité serait mal affermie. Il y avait toujours entre ces Ducs une alliance tacite, dont un intérêt commun était la base et le lien. Un Duc de Bavière ne travaillait qu’à regret à l’abaissement d’un Duc d'Aquitaine, et quand il croyait pouvoir abandonner le Roi dans une pareille entreprise, il ne manquait pas de le faire. Charlemagne fut assez heureux pour n’ètre jamais vaincu, et il mit à profit la
PES TITRES NOBILIAIRES
rébellion des Due3 en abolissant successivement presque tous les Duchés, et en partageant son empire en Comtés, ou en faisant autant de Ducs particuliers, qu'il y avait de cantons dans chaque Duché, ce qui diminua la puissance de chaque Duc.
Mais ce qui était arrivé sur la fin de la première race des Rois Francs, se reproduisit encore sur la fin de la seconde, et les Ducs affaiblis sous Charlemagne, trouvèrent néanmoins sous ses faibles successeurs tous les moyens, non-seulement de se rétablir, mais encore de s'agrandir et do devenir si puissans par l’effet de l'usurpation des territoires dont on leur avait confié l'administration, qu'ils rivalisèrent non-seulement d'autorité avec les monarques, mais qu'jls se rendirent maîtres de leur élection au trône, ce qui arriva après la mort de Louis V, dit le Fainéant, qui ne fut point remplacé par Charles, Duc de la Basse Lorraine, son oncle et son héritier légitime et naturel, mais bien par Hugues Capet, qui était un de ces Ducs (il était Duc de France), et qui pour fortifier son avènement à la couronne en 987, fut forcé de maintenir dans leur usurpation les autres Ducs, dans lesquels il avait trouvé presque autant de compétiteurs, qu'il lui fallait nécessairement dédommager, afin qu'ils reconnussent son autorité II se réserva néanmoins, en qualité de Seigneur suzerain, qu'ils lui rendraient foi et hommage, pour les provinces dont ils s'étaient emparés. Mais dans la suite, ses successeurs firent rentrer ces vastes domaines sous leu. 1 autorité, et la qualité de Duc ne fit plus ombrage à la souveraineté des Rois de France, parce que les Seigneurs qui en lurent revêtus, soit qu'ils fussent Ducs et Pairs, soit qu'ils fussent simples Ducs, étaient soumis aux lois du royaume et n'avaient que l’honneur d’être les premiers sujets du roi. Le Roi Charles IX, voulant même diminuer l’influence que ce titre avait précédemment donné à ceux qui l’avaient porté, ordonna en 1562 et 1566, qu'à l'avenir aucune terre ne serait érigée en Duché, que sous