CHAPITRE IL liienx de répresAfon
Dans chaque comté, il doit y avoir au moi us une prison commune et une maison de correction.
Quand un comté est divisé en plusieurs districts qui ont des commissions de paix distinctes, une maison de correction doit être affectée à chacun d'yeux ; les vagabonds et les individus condamnés sommairement par les magistrats, aux quatre sessions, y sont renfermés ; ces magistrats en ont la surveillance spéciale.
(1) Depuis que ce rapport a été lu à FAcadémie^ la législation anglaise a été modifiée en cette partie. V<^r 3® rapport^ titre 5^ chap. 4.
La prison commune, qui est sous la garde du shériffy est destinée aux meurtriers et aux félons.
Les débiteurs sont renfermés dans la même prison, à moins qu'ails ne soient transférés^ par habeas corpus^ dans la prison de la cour d'où le procès est issu.
La maison de correction pour le comté de Middlesex est une prison légale, affectée à la garde des accusés de haute trahison. La Tour de Londres est aussi, de temps immémorial, une prison légale pour les prisonniers d'^État.
A chaque quarter session des juges de paix, un ou plusieurs d''entre eux sont désignés pour visiter les prisons situées dans leur juridiction, et chargés de faire un rapport sur Tétat où ils les trouvent. Ces rapports servent de base à un rapport général qui est transmis annuellement au principal secrétaire d'^État par le président des quatiei' sessions.
Tout juge de paix, dans la juridiction duquel se trouve une prison, a le droit d'^y entrer, de Texaminer, de constater les abus et d'^en faire rapport, bien qu'ail n'ait pas été commis spécialement pour la visiter.
En général, cependant, la tenue et Tadministration des prisons de bourgs et de comtés laissant beaucoup à désirer, leur situation appela Tattention du Parlement. L'^enquête qu'ail ordonna pour cet objet eut lieu en juillet 1850; elle porta principalement sur le choix et la moralité des directeurs de ces prisons, des^îisqn^de 0» Y voit quc, le plus souvcut, Ics directeurs,
ainsi que les autres employés, pris dans les classes obscures de la société, manquent d'^éducation et sont peu propres aux fonctions qu'ails remplissent; que le
comtés.
EN ANGLETBRHB. 29
faible traitement que les directeurs reçoivent, et qui varie de 100 livres sterling à 350, ne tente que les hommes qui, par leur ignorance et leur absence de capacité, ne seraient pas en état de se faire une position meilleure.
Les directeurs des maisons de correction du comté sont nommés par les juges de paix réunis en session trimestrielle ; ceux-ci ont le droit de les révoquer. Les directeurs des prisons communes sont au choix du shérif, qui cependant est tenu, avant de faire la nomination, de consulter les juges; mais le droit de révocation lui appartient dans tous les cas.
Ce sont ces magistrats qui fixent le salaire du directeur, même de ceux nommés par le shérif, ce qui leur donne le moyen d'exercer sur les choix que fait celuici une sorte de contrôle. Ainsi, l'enquête révéla qu'Hun shériff avait nommé directeur d'aune prison très-importante un homme qui avait été son domestique ; les magistrats réduisirent considérablement son salaire, comme seul moyen de le forcer à donner sa démission. Le conflit dura près d'aune année, après laquelle rintrus se retira.
La conclusion de Tenquête fut notamment , quant aux directeurs, qu'il fallait élever leurs émoluments, afin de pouvoir obtenir un choix d'hommes plus instruits , plus capables , et d'une moralité plus éprouvée.
Telles sont, en général, les prisons de bourgs et de comtés, dont le régime change selon la volonté ou la fantaisie des magistrats sous l'autorité desquels elles sont placées; le système de l'isolement est adopté
pour les unes, et celui de la vie en commuQ, avec ou sans obligation du silence pour les autres. Mais le premier de ces systèmes est le plus généralement suivi.
Après les prisons des comtés se trouvent cdles qui sont sous Tautorité immédiate du Gouvernement, telles que Milbanck et Pentonville. Celles-là sont exclusivement soumises au régime de Tisolement. Viennent ensuite les grands établissements pénitentisJres tels que Portiand, les Hues ou Pontons, etc... Nous en parlerons bientôt.
Mais, avant d'*en entretenir rAcadémie, nous devons exposer comment le Gouvernement anglais a été amené à modifier aussi profondément, et, nous dirons, aussi heureusement qu'ail Ta fait, le système précédent.