P". — ADMINISTRATION CENTRALE
Il existe, en Angleterre, une institution dont Tancienne Chambre des pairs française avait vivement réclamé la création, et sans laquelle il sera difficile, et peut-être même impossible chez nous d''entreprendre sérieusement et avec esprit de suite la réforme des prisons. Il y a une administration spéciale pour tous les lieux de répression du Royaume-Uni,
(i) Nous avons averti, dans une note précédente , que depuis la lecture de ce Rapport , le système de la déportation a encore .été profondément modifié. Voir le 2« Rapport, tit. V, chap. 4.
pour tous ceux du moins qui sont sous Tautorité immédiate du Gouvernement.
A la tête de cette administration est un surinten- ^"g^nlrii*"' dant général, sur la responsabilité de qui pèse tout ce qui est entrepris pour Tamélioration de cette partie si importante du service public.
Ce haut fonctionnaire prend le titre de Surinten- ' dant général^ Président des directeurs des prisons pour les condamnés^ et d^ Inspecteur général desprisons militaires à l'intérieur et dans les colonies.
Quoique placé sous Tautorité du secrétaire d'^État de rintérieur pour ce qui concerne les condamnés civils, et du secrétaire d'^État de la guerre pour les condamnés militaires, ses pouvoirs ne sont pas moins très-étendus : il a la haute direction du personnel et tout à la fois du matériel ; il nomme aux emplois ^ il prépare les règlements et les fait exécuter ; il désigne les condamnés qui doivent être conduits aux colonies ; il donne les ordres, passe les marchés pour leur transport. Cest à lui que sont déférées toutes les questions qui se rapportent aux constructions des prisons ; on est même tenu de lui soumettre les plans de celles qu''on veut construire dans les comtés, quoiqirelles ne soient pas sous Taction directe du Gouvernement. Celui-ci comprend d'^ailleurs très-bien que, pour que Tautorité du surintendant général soit efficace et ne rencontre d'^obstacle nulle part, il convient qu'acné soit entière. Aussi songe-t-il à affermir sa position et à la faire plus indépendante, en ne le rendant responsable des actes de son administration qu''envers la Couronne et le Parlement.
Tel est, le surintendant général des prisons du Royaume-Uni, qui reçoit du trésor, pour rémunération de ses services, 750 livres sterling comme surintendant général, 150 livres comme président des directeurs, et 200 comme chargé de la surveillance des prisons militaires; en tout, 1,100 livres sterling ou 27,000 francs.
L'homme remarquable qui est investi de ces importantes fonctions est le colonel Jebb, qui fait partie du corps des ingénieurs royaux. Cest dans ce corps distingué que le Gouvernement parait choisir de préférence les hommes auxquels il confie certains emplois civils, soit à Tintérieur, soit aux colonies.
Le colonel Jebb est dans la force de Tâge, doué d^m caractère ferme, d'aune volonté persévérante et d\me grande activité d'^esprit ; il a pour guides sa haute raison, son amour de Thumanité, et surtout la religion la plus éclairée. Doué aussi d''un talent particulier d'^observation, il a acquisune profonde connaissance des hommes. 11 lui faut peu de temps pour distinguer, parmi les condamnés, ceux qui sont dignes de son intérêt, et pour marquer dans la distribution des emplois la place qu'ail convient d'^assigner à chacun. Ces précieuses qualités sont relevées par le caractère le plus franc , le plus loyal et par les formes les plus polies ; nous devons ajouter qu''il a mis le plus gracieux empressement à nous seconder dans nos investigations, à nous communiquer tous les documents dont nous pouvions avoir besoin , même son dernier rapport avant qu'*il fût encore imprimé et publié ; à donner des ordres dans tous les lieux de répression
que nous nous proposions de visiter, soit à Londres, soit dans les provinces, pour que nous fussions reçus avec égards ; qu'on ne nous cachât rien, et qu'on nous donnât tous les renseignements que nous pourrions demander. Nous sommes heureux de pouvoir consi gner ici tout ce que, sous les auspices de FÀcadémie, nous avons trouvé en lui d'^obligeance et de désir de nous être agréable et utile.
Nous devons dire au surplus que nous avons rencontré les mêmes dispositions dans les divers membres du gouvernement anglais avec lesquels nous avons eu des rapports.
Cest en 1837 que le colonel Jebb a été appelé à faire partie de Fadministration du secrétaire d'^Ètat de rintérieur. Sous sa haute direction, comme surintendant général, un grand nombre d'^améliorations ont été introduites dans les constructions et la discipline des prisons.
Il a pour auxiliaires de nombreux agents.
Au premier rang sont deux directeurs de Tadministration générale, siégeant auprès de lui et qu'il préside; le traitement de ces fonctionnaires est de 700 livres pour Tun et de 600 pour Tautre. Il y a ensuite pour PAngleterre et le pays de Galles quatre inspecteurs, dont le premier reçoit 800 livres sterling d'^appointements et les trois autres chacun 700 livres. Parmi ceux-ci, il en est un qui est médecin, et auquel on alloue un supplément d'^appointements de 100 livres.
Pour TEcosse, il y a un secrétaire aux appointements de 700 livres, et pour l'Irlande, deux inspec-
Directeurs de
l'administration
centrale.
Inspecteur!.
leurs qui reçoivent chacun 535 livres, outre un autre inspecteur à 500 livres, pour la superintendance des prisons de convicts du même pays.
Tous ces fonctionnaires forment ce qu'ion peut considérer comme Tadministration générale des lieux de répression du Royaume-Uni.
Les inspecteurs sont les yeux du surintendant général ; c'^est par eux qu'ail exerce sur les diverses prisons la surveillance la plus active, qu'ail s''assure du zèle , du dévouement de tous les employés, et de la stricte observation de la discipline; ce qui ne Tempêche pas de faire lui-même des visites fréquentes, et d'^arriver souvent à Pimproviste dans les divers établissements où il croit sa présence utile.