‹ De la répression pénale, de ses formes et de ses effets: Rapports faits à l'Académie desChapitre 16 sur 62 · DE RÉPRESSION · texte numérisé non relu

DE RÉPRESSION

Gouverneurs.

Député du gouverneur.

Après cette organisation générale, vient Tadministration spéciale à chaque lieu de répression ; celle-ci a pour chef un fonctionnaire qui reçoit la qualification de Gouverneur. Ce fonctionnaire est ordinairement pris dans Tarmée , et a au moins le grade de capitaine. Tous les gouverneurs que nous avons vus nous ont paru des hommes distingués, instruits, unissant la fermeté à la douceur , de manières bienveillantes, et en général d'^un physique qui inspire tout à la fois le respect et la confiance.

Chaque gouverneur a un suppléant qui prend le titre de Député du Gouverneur ^ qui le remplace quand il est obligé de s'^absenter, et qui surveille sous sa di-

rectiou toutes les parties du service. Ce suppléant a ordinairement aussi un grade dans Tarméeé

Le chapelain occupe une grande place dans les prisons britanniques ; il a un assistant qui Taide dans ses pieuses fonctions; il est quelquefois aussi secondé par un lecteur des saintes Ecritures. Car la religion est le fondement obligé du système; c'^est par elle qu'ion espère ramener au bien les cœurs les plus endurcis ; aussi le chapelain a-t-il une grande autorité morale. Respecté de tous, du gouverneur, des employés, autant que des condamnés, il trouve tout le monde disposé, soit à lui servir d'^auxiliaire, soit à se soumettre à ses exhortations. Les maîtres d'école sont sous sa direction. 11 tient un registre sitr lequel, poumons servir de Texpression la plus propre à donner une juste idée de cette sorte de comptabilité morale, chaque prisonnier a son doit et avoir ; le gouverneur en tient un de son côté, et ce sont les notes consignées sur ces deux registres qui, comparées, servent à classer les condamnés, à les faire passer d'aune catégorie dans Tautre, et à déterminer les grâces qui leur sont accordées.

Ces chapelains sont choisis avec le plus grand soin parmi les membres les plus distingués du clergé anglican sur une liste de vingt candidats que le secrétaire d'^État de Tintérieur tient toujours à la disposition du surintendant général, auquel seul appartient la nomination.

Des officiers principaux, qui sont ce que dans nos prisons sont les gardiens chefs, ont sous leurs ordres de simples officiers ou gardiens; tous ont été militaires.

Chapelain.

Maître d'école.

Officiers principaux.

Commit, A côté d^eiix sont les économes , les commis , les

^ * ' écrivains et autres , chargés des détails de Tadministration intérieure. Le nombre des employés dans la prison , eu égard au nombre des condamnés , varie selon les lieux de répression : il est de quatorze pour cent prisonniers h Milbank; c'^est le chiffre le plus élevé, et de dix et un huitième pour cent à Pentonville : c'^est le chiffre le plus faible.

11 existe en France, parmi les employés des prisons, un certain ordre d'^avancement. Ainsi, l'instituteur, le greffier , deviennent inspecteurs , et ceux-ci , à leur tour , sont appelés d'^ordinaîre aux fonctions de directeur.

11 n'^en est pas de même en Angleterre : on n''y pense pas que Thomme qui s''est vu obligé de commencer sa carrière par des emplois infimes puisse avoir assez de portée dans Tesprit, assez d'^éducation, une position sociale assez élevée, pour être propre à autre chose qu''à des occupations de détail. On y croit que , pour commander avec autorité et efficacité, il faut avoir acquis dans le monde , et surtout dans le commerce des hommes qui jouissent de leur pleiue liberté , certaines connaissances d'^observation que la vie passée au milieu d^étres dégradés ne donne pas suffisamment.

Les gouverneurs de prison sont donc pris, comme nous le disions plus haut, parmi les officiers de Tarmée, qui sont sortis des classes élevées de la société, qui ont Thabitude du commandement, et qui réunissent les connaissances nécessaires pour travailler avec fruit à la régénération des condamnés.

Aussi le Gouvernement leur fait- il une belle posi- ^ Traitement

^ ^ Au gouverneur

lion ; il rémunère leurs services en proportion de la «t ^es valeur qu'ail y attache. Les gouverneurs de Milbank et de Portland ont chacun un traitement de 500 livres sterling; celui des gouverneurs de Penton ville et de Parkhurst est de 400 livres ; tous ont de confortables logements, des jardins productifs et une foule d'^au- Ires avantages qu'ail serait trop long d'^énumérer.

Les députés gouverneurs reçoivent 200 livres sterling.

Les chapelains , dont la responsabilité morale est très-grande , quoiqu'^elle ne soit pas effective , sont également bien rémunérés ; leur traitement est de 300 livres ; celui de leurs assistants est de 200.

Les émoluments des autres employés ont pour base rimportance relative de leurs fonctions.

]Vlais tous ces traitements sont susceptibles d'^augmentation^ à mesure que les titulaires ajoutent à leurs services un certain nombre d'^années ; c'^est un moyen de les intéresser et de les attacher à Tœuvre à laquelle ils se dévouent. Ainsi le traitement des gouverneurs de Milbank et de Portland s'^accroît chaque année de 15 livres sterling, et il peut s'^élever ainsi jusqu'^à 650 livres, ou au delà du chiffre de 16,000 francs, qui est le maximum. Celui des autres gouverneurs peut atteindre 500 livres , et celui des chapelains, 350. Il en est de même de tous les autres traitements; leur accroissement s?effectue pendant les dix premières années , après lesquelles ils ont atteint leur maximum et demeurent stationnaires.

Cest ainsi qu'yen assurant aux gouverneurs et aux

ministres du culte une position convenablement rétribuée, en honorant leurs fonctions, en les environnant de considération et de respect , on a Tespoir fondé de voir des hommes considérables , aussi distingués par leurs lumières que par leur moralité , envier ces emplois et y consacrer leur vie entière.

Tel est le personnel de Tadministration des prisons britanniques, 11 était utile de le faire connaître à TAcadémie avant de lui montrer comment, au moyen de ce personnel , le nouveau système de répression qu'ont adopté nos voisins est mis en action.

On n''a pas oublié que les lieux de répression du Royaume-Uni sont ; premièrement, les prisons communes et de correction des bourgs et des comtés ; deuxièmement , les prisons qui sont sous Tautorité immédiate du Gouvernement ; et troisièmement , les établissements où sont organisés de grands travaux publics.

On n'^a pas oublié non plus que certains crimes ou délits sont punis d'^un emprisonnement de trois ou quatre ans au plus, et que certains autres le sont de la peine de la transportation , qui ne peut pas être moindre de sept ans, et qui peut s'^étendre à toute la vie.

Nous avons dit que la plupart des condamnés à Temprisounement subissent leur peine dans des prisons de bourgs et de comtés, dont le régime n'^est pas uniforme, quoique celui de Fisolement tende à s'^établir de toutes parts.

Nous devons maintenant nous occuper plus spécialement des condamnés à la transportation, parce que

c'^est surtout à leur égard qu\uî système complet de répression et de régénération a été adopté.

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