M. «-i*^/ «Il X de la criminalité
sonnes, Q^est rarement par cupidité ; mais elles y sont entre poussées par de grandes passions, telles que Tamour, **ie8**f^ês!^* la jalousie, la haine. Leurs crimes dans ces cas n'^ont rien de viril , elles se cachent pour les commettre , elles prennent leur moment, elles épient leur victime ; c''est par empoisonnement, par incendie qu'acnés procèdent. Lorsque, par exemple, en France, 100 crimes étaient indistinctement commis en 1849 contre les personnes, il ne s'^en trouvait que 13 imputables à des femmes ; mais en spécialisant chaque nature de crimes, on constatait que, sur cent empoisonnements, 43 leur étaient attribués ; que, sur cent incendies, elles en avaient commis 26 ; qir'elles s'^étaient aussi rendues coupables d\m égal nombre de parricides ; et qii'^enfin, sur 100 faux témoignages, la haine, la jalousie, leur en avaient fait commettre 25; tout cda, l*^ Académie le voit, dans une proportion qui est sans
rapport avec celle qui existe entre les crimes généraux commis par les deux sexes , puisque cette proportion est, pour la femme, d\m crime sur environ 6 et demi commis par les hommes.
Il est d'^ailleurs trois espèces d'^actes coupables qui, par leur nature, présentent toujours un plus grand nombre d'^accusations contre les femmes que contre notre sexe : ce sont Tinfanticide, la suppression ou supposition de part, Tavortement. De ces femmes, les unes sont mues par le désir de cacher leur honte, en faisant disparaître la preuve de leur faiblesse; d'*autres prêtent leur concours par intérêt pour la personne ; d'^autres, enfin, en exerçant un infâme métier. Si Ton déduisait du nombre de femmes traduites en France aux assises celles qui ont été poursuivies pour ces trois sortes d'^attentats, il ne resterait plus que 12 femmes sur 100 accusées de diverses autres espèces de crimes.
Lé nombre des atteintes portées par elles à la propriété est, relativement aux hommes, à peu près dans la même proportion que celui des crimes contre les personnes.
11 en est de même de la généralité des délits : c'^est 1 sur 6 ou 6 et lj2. Mais cette proportion change relativement à certains délits d^rne nature spéciale; ainsi, en 1849, date de nos dernières statistiques, sur 1000 délits contre les mœurs, les femmes en avaient commis 296 ; sur un égal nombre de délits de diffamations et d'^injures publiques, elles comptaient pour 262.
Dans le Royaume-Uni , les proportions entre les
crimes commis par les deux sexes sont différentes. En Angleterre et dans le pays de Galles, les femmes commettent à peu près 1 crime sur 5, ou environ 21 pour 100; la proportion pour elles est de près de 19 pour 100 en Irlande; elle se rapproche de la France en Ecosse, où elle est de 15 pour 100.
Quant aux délits, en Angleterre et dans le pays de Galles, la proportion est la même que celle des crimes, c'*est-à-dire que les femmes en commettent un peu plus de 21 sur 100; mais elle est bien supérieure en Irlande et en Ecosse ; dans le premier de ces royaumes, elle excède 36, et dans le second elle est déplus de 35 sur 100.
Ce qui doit être remarqué, c'^est que le nombre des femmes condamnées en Angleterre et dans le pays de Galles pour assassinat, augmente sensiblement d'année en année, tandis que celui des hommes punis pour le même crime tend à diminuer. Ainsi, en prenant trois périodes de quatre ans chacune, depuis 1835 jusqu'^en 1849, on trouve que dans la première période, sur 315 assassinats, 92 ont été commis par des femmes ; que, sur 347 dans la seconde, les femmes comptaient pour 1 26, et que, sur 365 commis dans la troisième, les condamnations portaient sur 160 femmes.
. Pourquoi une différence à cet égard entre TÉcosse et les autres parties du Royaume-Uni ? Pourquoi une différence aussi entre ces dernières parties et la France ? Pourquoi la femme est-elle plus portée à commettre des crimes dans un pays que dans un autre? Cela tient-il, en ce qui la concerne, à une dif-
férençe d'éducation , d'où nait une virilité plus ou moins prononcée, une audace plus ou moins grande àsm un pays que dans Tautre? Cest un problème philosophique. qui ipériterait d'hêtre approfondi. La populiitîon générale des deux seies n'^est pas, à la vérité, numériquement la même dans les deux pays. Ainsi, en France, il y a 17 hommes pour 16 femmes; dans le Royaume-Uni, au contraire, la proportion est inverse, il y a à peu près 14 femmes pour 13 hommes. Pourquoi encore cette différence ? Nouveau problème. Mais on sent que cette proportion inverse n'^est pas assez forte pour expliquer la différence que nous avons signalée dans la criminalité relative de chaque sexe, en deçà et au delà du détroit.
Quoi qu'ail en soit, sur les 6,128 condamnés à la déportation qui existaient au 1**' janvier 1841 dans les lieux de répression du Royaume-Uni, il se trouvait à peu près un 5" et 1 /4 de femmes.
Toutes celles dont la sauté est assez robuste pour pouvoir être transportées sont conduites à la prison de Milbanck qui , en 1 850, en a renfermé 406 dans un quartier entièrement séparé de celui des hommes. Sur ce nombre, 22 n'^avaient pas dix-sept ans; UT avaient de dix-sept à vingt et nn ans; 153 avaient de vingt et un à trente ans; 114, âgées de plus de trente ans, étaient néanmoins fortement constituées. On voit par là que le plus grand nombre pouvaient rendre un jour d\itiles services à la colonie où elles seraient envoyées. La plupart sont mises en cdlule, où elles s'occupent de travaux à Taiguille ; d'autres sont employées à des détails d'^intérieur tels que la
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buanderie ; toutes ont une heure de promenade par jour. Le r^ime de séparation ne paraît pas être défa^ vpra)>le à leur sipinté. La femme, en effet, créée pour les soins de la famille, a plus que Thomme le goût des occupations domestiques ; comme elle n'^est pas pro* pre aux travaux qui exigent un grand développement de force, elle aime peu à se mouvoir, le séjour de la cellule ne change donc rien à son état normal. On a même remarqué que, dans les prisons cellulaires de France, où les femmes jouissent comme à Milbank d'aune heure de promenade, on a de la peine à obtenir qu'elles s''y donnent quelque exercice ; d'ordinaire, munies d\m ouvrage à raiguille, debout, appuyées contre un mur, elles travaillent sans changer de place, et il faut presque leur faire violence pour les arracher à cette immobilité.
Le régime de la cellule, au point de vue moral, est si salutaire, il contribue tellement à Tamélioration des femmes, que, dans une enquête faite dernièrement en Angleterre à ce sujet, il a été constaté quil y avait une différence très-marquée entre celles qui étpi/ent enU)arquées après avoir passé rapidement d^is h pri^n de Milbank, et celles qui y avaient fait un s^our prolongé : ces- dernières étaient obéissantés, rangées, avaient une tenue décente; tandis que h conduite des autres était, le plus souvent, d\m cynisme révoltait et d'aune indiscipline difficile à répriiiier.
Mais on se préoccupe avec juste raison des atteintes que la foi conjugale peut recevoir, lorsque des femmes qui ont des maris et des enfants sont séparées d'yeux
et transportées dans un lieu où, jouissant de la liberté de leurs actions, elles se trouvent exposées à toutes les séductions , au milieu d'aune population nouvelle , parmi laquelle leur sexe est en si grande minorité.