IX. — ÉTABLISSEMENT DU DIRECTOIRE
Le Gouvernement institué par la constitution de Fan III avait, pour accomplir la mission réparatrice qui lui était imposée, essayé d'^abord de s**appuyer sur les masses, qui aspiraient au repos. Les massacres du Midi cessèrent peu à peu ; la Vendée fut pacifiée par la modération et l'activité d'un jeune général. C'est un excellent système que celui qui consiste à se placer, en vue de les dominer, au milieu des partis;
mais lorsque le pouvoir est faible, ce système, en encourageant les uns, irrite les autres, et sa tendance à ménager chacun d'yeux a pour effet de les mécontenter tous. Cest ce qui devait arriver. Le parti royaliste conspirait à Clichy ; les anarchistes faisaient, au camp de Grenelle , la tentative de relever la Montagne. Les conspirations de Babeuf, de Brotier, et autres, ne purent être comprimées qu'^à Taide de mesures énergiques; et de nouvelles élections ayant amené dans les conseils une majorité de royalistes qui cachaient peu leur intention de détruire Tordre de choses établi, produisirent, sans en légitimer les moyens, le coup d'^Etat du 18 fructidor.
Mais un Gouvernement dont la constitution excluait Tunité n'hélait point assez fort pour résister aux tentatives faîtes pour le renverser. La France le sentait ; aussi appélaît-elle de tous ses vœux un pouvoir auquel il fût donné de comprimer toutes les factions à la fois, et qui rendît au corps social, avec toute la sécurité dont il avait besoin, la fixité, première condition de Tordre.