HAS
mœurs et les institutions sont elles-mêmes des obstacles. « Il serait peut-être plus sage de s’arrêter devant elles que de les méconnaitre ou de prétendre les franchir. » Il faut reconnaître que le duel est un délit spécial, mais il faut chercher à prévenir avant de réprimer ; c'est ce que bon nombre de législations ont fait. Jadis on assurait à l’offensé une réparation par le Tribunal des maréchaux. « Il fallait rendre pacifiquement à l'honneur blessé la justice qu'on lui interdisait de se faire violemment à lui-même, » c’est la première chose à faire dans une loi spéciale sur le duel. Il faut reconstituer les Tribunaux d'honneur. Mais le rapporteur reconnaissait qu’il « faudrait donner comme sanction à leur autorité morale l’action d’une persévérante et toute puissante volonté comme celle de Louis XIV et de Henri IV. »
Le Parlement d'Angleterre agit ainsi à l'égard de ses membres. Il ordonne la réparation quand l’injure a été faite el fait arrêter et placer sous la garde d'officiers publics, ceux qu’il croit disposés à se renconter en duel, exigeant ensuite leur engagement de ne pas se battre. Mais ici le rapporteur convient qué ceci ne pourrait avoir d’application chez nous, vu la différence des mœurs.
Après avoir émis celte idée peu pratique d’une réparation confiée à un tribunal d'honneur, et avoir reconnu la difficulté de faire une bonne loi sur le duel, le rapporteur se demande si les tribunaux ordinaires sont suffisants pour réprimer les provocations de toutes sortes. Devant eux les réparalions sont peu sérieuses «les répressions et les circonstances qui les environnent deviennent à vrai dire moins une réparation qu’une aggravation de l’offense, et comme un déplorable encouragement à la renouveler. » Un tribunal