‹ De la résection à froid de l'appendice vermiculaire du cœcum: dans les appendicites chroniques à répétitionChapitre 7 sur 17 · DÉFINITION DE L'APPENDICITE A RÉPÉTITION OU À RECHUTES · texte numérisé non relu

DÉFINITION DE L'APPENDICITE A RÉPÉTITION OU À RECHUTES

Nous ne nous arrêterons pas à l'anatomie et à la physiologie de l’appendice. Des travaux considérables ont été publiés sur ce sujet, qu’il nous suffise de citer les mémoires de Clado, de Trèves, de Tuffier, de Poncet et Jaboulay. Nous insisterons davantage sur la pathologie de cet organe pour bien montrer ce que nous entendons par appendicite à répétition, et dans quels cas nous conseillons la résection à froid de lappendice. Talamon a donné une bonne description clinique des différentes formes d’'appendicite. Tel malade raconte qu'il se portait bien, quand tout à coup, à la suite d'une fatigue, d’un excès de table, il a ressenti une violente douleur dans la fosse iliaque droite, il a des vomissements bilieux ou alimentaires,

bia

un peu de fièvre, et la palpation de la région iliaque est très douloureuse, parfois impossible. Le médecin consulté a donné un traitement convenable : opium à l'intérieur, un révulsif sur le point douloureux, du lait ou du café au lait comme aliment, et les symptomes s’'amendent progressivement jusqu’à complète guérison. C’est la solution la plus favorable. Mais parfois la marche de l'affection est autrement alarmante. Le traitement médical est impuissant. La douleur iliaque augmente d'intensité, les vomissements deviennent porracés ou même fécaloïdes, la température monte et tout d’un coup surviennent les symptomes d’une péritonite généralisée, le facies se grippe, les extrémités se refroidissent et le malade meurt avec une rapidité souvent surprenante ; ou bien la péritonite, au lieu de se généraliser, se circonscrit par la formation de néo-membranes, ou par l'existence antérieure d’adhérences entre l’appendice et les organes voisins. La palpation révèle [a présence d'une tumeur fluctuante dans la fosse iliaque droite ; un abcès péritonéal enkysté se trouve constitué, laissant toujours planer sur le malade la menace d’une ouverture possible de l’abcès dans la grande cavité péritonéale, infailliblement suivie d’une péritonite diffuse aiguë, en quelque sorte secondaire.

D'autres fois, et la variété que nous allons décrire est importante à cause de sa confusion possible avec l’appendicite à répétition, laffection présente une marche subaiguë, presque chronique. Le malade se plaint d'une douleur vague au niveau de son appendice, douleur réveillée par la pression; il y a

tue

parfois une contracture des muscles de la paroi abdominale gênant la palpation profonde; on peut constater un empâtement de la région péricæcale, quelques troubles dans les fonctions intestinales, de la constipation ou de la diarrhée, et de temps en temps des poussées inflammatoires pouvant faire songer à une appendicite aiguë ou à une rechute d’appendicite à répétition. Mais ce qui distingue les deux affections, c'est que dans l’appendicite à forme subaiguë, les symptômes, quoique atténués, subsistent néanmoins; la douleur peut toujours être réveillée par la pression ou la palpation profonde de la fosse iliaque droite; le malade se sait malade ; tandis que dans l’appendicite à rechutes proprement dite, le malade se croit complètement guéri dans l'intervalle des crises ; il ne l’est pas au point de vue anatomique, et si l’on pratique à ce moment la résection de son appendice, on constate des lésions d’appendicite chronique : épaississement interstitiel des parois, dilatation ampullaire de la cavité, inflammation chronique de la muqueuse, tantôt provoquée par la présence d'un calcul stercoral ou d’un corps étranger, tantôt sans cause connue ; mais les symptômes sont amendés, la douleur n'existe plus même à la pression, tout au plus peut-on quelquefois noter à la palpation profonde de la fosse iliaque droite l'existence d’un petit cordon dur, au niveau de l’appendice. Très souvent, d’ailleurs, ces appendicites subaiguës de Talamon devraient être séparées etdifférenciées par un examen minutieux des lésions appendiculaires. C’est, en effet, dans ce cas surtout,que l’on peut confondre dès ulcérations, voire

même une infiltration tuberculeuse du cœcum et de con appendice, avec l'affection inflammatoire banale de cet organe. On serait tenté alors de proposer au malade une intervention chirurgicale qui aurait bien peu de chances de succès, car il est rare que les lésions tuberculeuses de l'intestin soit exactement limitées au cœcum et à son appendice. Lä récidive serait pour ainsi dire fatale, l'opération inutile, et un bon traitement médical seul indiqué. Il en est tout autrement dans l’appendicite à répétition. Ici, le malade raconte qu'il a déjà présenté plusieurs fois les symptômes de l'’appendicite aiguë : douleur iliaque, vomissements, fièvre, constipation opiniâtre. Les crises ont duré chaque fois un temps variable, de quelques heures à plus d’un mois. Sous l'influence d’un traitement médical, sans aucun traitement parfois, la guérison est survenue, tantôt progressive, très lente, le plus souvent complète en quelques jours. Puis, au bout d'un mois, ou de quelques mois, ou de quelques années, nouvelle crise, identique à la première, n’en différant guère que par l'intensité des symptômes, quelquefois atténués, le plus souvent ageravés. Et le malade a eu ainsi deux, trois, dix, vingt, parfois un nombre très considérable de crises, et il vient nous consulter, soit parce que le grand nombre des crises est pour lui une cause d'inquiétude perpétuelle, soit parce que ces crises devenant de plus en plus violentes, il redoute une terminaison fatale.

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