‹ De la résection à froid de l'appendice vermiculaire du cœcum: dans les appendicites chroniques à répétitionChapitre 8 sur 17 · PATHOGÉNIE. — MÉCANISME DES ACCIDENTS · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE. — MÉCANISME DES ACCIDENTS

Quelle est donc la pathogénie et le mécanisme de ces accidents ? Quelles sont les lésions de l’appendicite à rechutes? Est-elle une affection nettement déterminée, toujours identique à elle-même, ou peutelle être le résultat de causes diverses ? Nous allons voir que c’est à cette dernière interprétation que nous devons nous arrêter. |

Et d'abord, faut-il, avec Talamon, distinguer l’appendicite à rechutes vraie des formes récidivantes de l’appendicite aiguë? Nous ne le croyons pas. De ce qu'une rechute nese produit qu'au bout de plusieurs années, s’ensuit-il que la cause des deux crises ne soit pas la même? S'ensuit-il que les lésions d’appendicite chronique, que l’on trouve dans toutes les appendicites à répétition, n'existent pas ici? Bien au contraire, parmi les observations que nous allons

citer tout à l'heure, il en est dans lesquelles l’intervalle entre deux attaques à été d’un an, de deux ans, et où l'opération, pratiquée à froid, a montré une inflammation interstitielle chronique des parois appendiculaires, avec ou sans calcul stercoral dans la cavité. Sans doute, il pourrait se faire que deux attaques d'appendicite aiguë chez le même sujet n’eussent aucune relation entre elles, mais c’est une pure hypothèse, et l'on ne peut pas en conclure que, pour qu'il y ait appendicite à répétition, il faut que les crises se succèdent à de très courts intervalles de temps.

Si nous examinons un appendice réséqué dans une période d’accalmie, nous constatons toujours des lésions inflammatoires dans l'épaisseur des parois. Tantôt c'est une desquamation partielle de la couche épithéliale de la muqueuse, un commencement d'ulcération, pouvant aboutir quelque jour à une perforation. Tantôt, et même quand la muqueuse: est intacte, on trouve la sous-muqueuse, et parfois la musculeuse, infiltrées de petites cellules rondes, qui ne sont autres que des leucocythes. Tantôt c’est la couche musculaire qui est atteinte, la fibre musculaire est dégénérée et remplacée par un tissu de sclérose, une tunique fibreuse tendant à se substituer à une tunique musculaire. C'est ici, du reste, un procédé de guérison naturelle de l'appendicile, la paroi sclérosée offrant une résistance beaucoup plus grande aux agents de destruction. Nous avons pu en voir un très bel exemple dans le laboratoire de clinique chirurgicale de M. Poncet, dirigé par M. Dor.

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La cavité de l’appendice est quelquefois normale, il peut exister alors une coudure donnant lieu à des phénomènes de compression auxquels sont probablement liés les phénomènes inflammatoires. Mais, le plus souvent, la cavité est agrandie, dilatée en un ou plusieurs points, l'appendice est en forme de battant de cloche, ou en forme de fuseau, ou en forme de sablier. Dans la portion dilatée, on peut trouver un calcul stercoral ou un corps étranger, un noyau de cerise par exemple, et c’est évidemment là la cause première des accidents, mais il existe aussi des cas où l’on ne trouve rien, où la cause de l’inflammation parait être purement infectieuse. On a même vu se développer, à la suite de cas de ce genre, des péritonites aiguës généralisées, sans perforation de lappendice. C’est ce que M. le professeur Poncet a appelé l'appendicite infectieuse aiguë. Il semble qu'il existe aussi une appendicite infectieuse à répétition. Stimson, sur dix appendices excisés par lui, en a trouvé huit sans corps étranger ni concrétion fécale ; il en était de même dans plusieurs de nos observations.

Quant au mécanisme des accidents, deux cas sont à considérer. Ou bien il y a eu perforation de l'appendice au cours d'une attaque, formation d'un foyer de péritonite qui, bien limité par des adhérences, a évolué vers la guérison. On peut alors, avec Kümmel, comparer l’appendice à la trompe de Fallope dans les salpingites à répétition. La cavité appendiculairé se distend peu à peu et se vide de temps en temps dans le péritoine, provoquant une petite poussée

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