‹ De la résection du poignetChapitre 8 sur 11 · ACCIDENTS ET COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

ACCIDENTS ET COMPLICATIONS

Les a ciclents et complications que nous trouvons mentionnés dans nos observations n'ont rien qui appartienne spécialement à la résection radio-carpienne ; ils se sont produits par le fait même de l'opération et ont quelquefois amené la mort, mais ils sont aussi bien le propre des amputations que des résections.

Hémorrhagie. L'écoulement sanguin pendant l'opération est ordinairement peu abondant et ne réclame que la ligature de deux ou trois petits vaisseaux. La seule artère importante que l'on soit exposé à léser est la radiale, mais elle peut habituellement être écartée en dehors au milieu du paquet des tendons. Dans une seule observation, due à l'un des plus habiles chirurgiens anglais, M. Fergusson, la section de ce vaisseau en exigea la ligature. Quant aux hémorrhagies secondaires,, nous n'en connaissons pas d'exemple.

Erysypèle. Deux fois seulement sont survenus des érysipèles bénins, l'un peu de jours, l'autre deux mois après la résection (obs. 1 et 43).

Phlegmons, abcès. Dans quatre cas, de petits abcès se sont formés sur le dos de la main et de l'avantbras (obs. 21, 35, 42, 45). Dans le fait de Saint-Hilaire,^ l'apophyse styloïde du cubitus s'élimina par un de ces abcès; les 4 malades ont guéri. Aucune observation ne mentionne de phlegmon diffus grave, ni de fusées pu-

rulentes dans les gaines musculaires qui cependant se trouvent ouvertes pendant l'opération.

Elimination de séquestres ou de fragments d'os cariés. — C'est là un phénomène fréquent à la suite des résections. Nous l'avons noté dans un grand nombre de cas qui ont abouti à un succès local très-satisfaisant.

Gangrène, pourriture d'hôpital. — Aucun tait de gangrène n'a été signalé à la suite de l'opération* La persistance d'une vitalité active dans la main n'a rien qui doive surprendre. Cet organe, immédiatement après l'opération, paraît ne plus tenir à l'avant-bras que par un manchon cutané et quelques tendons, mais il n'en reçoit pas moins ses deux artères que l'opérateur cherche toujours à respecter. — Quant à la pourriture d'hôpital nous en trouvons trois exemples, tous trois dus à M. Lister ; deux opérés furent pris en août 1864, l'autre en mars 1865. Le chirurgien de Glascow ne dit pas si, à ces époques, d'autres plaies présentèrent dans son service la même complication, mais il nous semble évident qu'il y a eu là une influence contagieuse. Deux de ces malades ont gnéri. Chez le troisième il y a eu récidive.

Suppuration prolongée. — Par suite d'une suppuration longue et abondante, on voit quelquefois les malades s'affaiblir, la nutrition se faire mal et la mort survenir par épuisement. Cette terminaison, qui n'a rien de spécial à la résection, se montre surtout chez des sujets âgés et déjà débilités. Nous en avons cité un cas dû à Moreau père et observé chez un vieillard de 71 ans.

Infection purulente. — Nous avons donné plus haut 4

observations dans lesquelles la mort est survenue par le fait de cette redoutable complication. Ce sont les faits de Heyfelder, Textor, Langenbeck et Lister.

Accidents nerveux. — L'emploi du chloroforme a aujourd'hui fait disparaître beaucoup d'accidents que provoquaient souvent autrefois les opérations longues. Nous n'avons rencontré aucun cas de tétanos. Une malade de Butcher succomba à des symptômes cérébraux causés par un épanche nient ventriculaire. Un des opérés de Lister, mort de pyhémie, présenta aussi des symptômes encéphaliques.

Maladies des tissus de nouvelle formation. — Après la guérison locale complète de certaines résections, on a vu les tissus qui entrent dans la constitution de l'articulation nouvelle devenir le siège de lésions. C'est ainsi, par exemple, que M. Cock observa une hydarthrose du coude chez un opéré guéri depuis plusieurs années d'une résection huméro-cubitale (1). Nous n'avons trouvé aucun fait analogue eri ce qui concerne la résection du poignet. — Quant aux récidives de la tumeur blanche, dans la jointure nouvelle, nous ne reviendrons pas sur ce qae nous avons dit plus haut.

En résumé, cette liste d'accidents est extrêmement restreinte. Elle n'a rien à envier, sous le rapport de la rareté des complications graves et de la bénignité des complications moins sérieuses, à une statistique quelconque d'amputation de l'avant-bras ou de résection huméro-cubitale. Les plaies de résection sont plus éten-N dues, moins régulières que les plaies d'amputation,

(1) The Lancet, 1854.

niais elles n'entraînent pas plus d'accidents et guérissent sans plus de difficulté. — C'est que, malgré leur aspect enrayant, les désordres qu'ont subis les parties molles y sont en réalité relativement peu considérables ; les nerfs, les artères, les veines, sont respectés. Les excisions doivent par conséquent donner moins souvent lieu aux divers complications dont ces organes lésés peuvent devenir le siège ou le point de départ.

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