De cette proposition nous tirerons ce eorollaire
1) De la Démission de biens^ p. 44 et 73.
^•^ Op. eH., t. V, n» 684.
que les parts doivent être composées, autant que possible, de corps héréditaires«Nous savons, en effet/|ue la réserve est une part de la succession. Ainsi, il ne serait pas possible théoriquement de ne donner à un enfant qu'une créance sur ses cohéritiers. Mais il faut décider aussi que, si le cohéritier ainsi apporlionné demande la rescision de l'opération, il n'aura droit qu'à la réserve dans le nouveau partage, même lorsque, dans le règlement du premier, il ne serait pas intervenu de clause de préciput^ puisque, par hypothèse; ce n*est pas comme copartagé qu'il a le droit de se plaindre, mais comme réservataire.
132. Pour mesurer toute l'étendue du pouvoir laissé au père de famille dans la distribution de ses biens entre ses enfants, il faut prêter attention à l'article 1079, qui estainsi conçu : « Le partage fait par l'ascendant pourra être attaqué pour cause de lésion de plus du quart; il pourra l'être aussi dans le cas où il résulterait du partage et des dispositions faites par préciput, que l'un des copartagés aurait un avantage plus grand que la loi ne le permet. » Ainsi^ un des copartagés ne peut pas, à la fois, recevoir le préciput et profiter delà lésion soufferte par un de ses cohéritiers, même lorsque cette lésion ne dépasse pas le quart. D*où il résulte que, s'il n'y a que deux enfants, et que l'un d'eux soit légataire ou donataire du disponible, aucune erreur au détriment de l'autre n'est tolérée. S'ilya ti ois enfants, et par exemple, 40,000 fr.de biens, le partage sera valable s'il répartit les parts de lama, nière suivante : à Primus 20,000 fr. ; à Secundus 1 2,500 ; à Tertius 7,500. On voit, par l'énorme différence qui peut exister entre les parts de* deux enfants dans la distribution des biens paternels, que la loi n'a pas laissé
père de famille sans ressources pour la récompense
ni sans moyens pour le châtiment. Et cette différence, permise par la loi, augmente toujours à mesure que le nombre des enfants va grandissant.
SECTION III