‹ De la Résistance à l'Asphyxie dans la SubmersionChapitre 9 sur 21 · Ï. — PRESSION ARTÉRIELLE CHEZ LE CANARD SUBMERGÉ · texte numérisé non relu

Ï. — PRESSION ARTÉRIELLE CHEZ LE CANARD SUBMERGÉ

Chez un canard du poids de 2000 grammes. On prépare la carotide à la base du cou en ayant soin de ne pas déchirer les sacs aériens, et on y introduit une canule à pression artérielle de Fr. Franck. La pression sanguine et son tracé sont recueillis à l’aide du manomètre métallique de Marey. Nous commençons d’abord par prendre un tracé normal du pouls. En jetant les yeux sur la fig. 3, nous pouvons voir que le cœur se contracte environ 250 fois par minute ; la pression normale oscille entre 17 et 18 cm. de mercure.

Maintenant, immergeons l'animal, ou mieux, pour la commodité de l'expérience, plongeons seulement la tête sous l’eau, puisque nous savons que dans ce cas la résistance est la même que si tout l'animal était immergé.

Dès que les naseaux affleurent l’eau, le cœur se ralentit. Ce ralentissement est immédiat et ne se fait pas attendre. De plus, il est progressif et, vers la fin de la première minute, devient assez considérable.

Le cœur, qui tout à l'heure se contractait 250 fois par minute, ne se contracte plus que 36 fois dans cette première minute, 12 fois dans la seconde, 14 fois dans la troisième. Le cœur parait alors arrivé à une période où il ne peut plus guère ralentir son rythme. Si nous considérons comme définitif ce ralentissement des deux dernières minutes, nous voyons que, le cœur se contractant 26 fois dans ces deux minutes,cela nous donne une moyenne de une pulsation toutes les quatre secon-

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des et demie environ. Remarquons, cependant, que certaines contractions cardiaques, celle que j'ai indiquée par la lettre À,

par exemple, demandent bien six secondes pour s'accomplir.

Qu'est devenue la pression pendant cet énorme ralentissement? Eh bien, contrairement à ce que l’on pourrait croire, elle n'a pas baissé considérablement. De 17 à 18 cm. qu'elle était, au début de l’expérience, elle a oscillé entre 14 et 15 sans Jamais descendre au dessous. Ces contractions prolongées, ces coups de pompe à énergie soutenue du cœur sont suffisants pour maintenir la pression moyenne à un niveau très peu inférieur à la normale.

Au bout de 3° 30°” nous avons sorti l'animal de l’eau. Aussitôt la pression revient à sa valeur primitive et le cœur repart avec une étonnante rapidité de 800 pulsations par minute.

C'est la première fois, à notre connaissance, que l’on signale ou, du moins, que l’on montre par un tracé ce ralentissement considérable du cœur chez le canard submergé.

Comparons maintenant ce tracé avec un tracé obtenu en asphyxiant un lapin sous l’eau.

Aussitôtquel'animal estimmergé etque la trachéeestobturée, le ralentissement du cœur devient évident ; mais il n’a ni l’ampleur, ni la régularité de celui obtenu chez le canard. De 240 pulsations que nous présentait le tracé avant l’asphyxie, le chiffre tombe à 42 pendant la première minute, 60 pendant la deuxième minute ; au delà le cœur repart avec rapidité, la mort est proche.

La moyenne du ralentissement chez le lapin est donc d’une pulsation par seconde environ, tandis que chez le canard nous avons trouvé une moyenne d’une pulsation toutes les quatre secondes et demie et souvent nous avons observé des pulsations qui mettaient six secondes à s'accomplir.

CSS De l'examen de ces deux tracés, il résulte donc que le canard a le pouvoir de ralentir son cœur cinq fois plus que le lapin. Ceci posé, passons à l’étude de chacune des trois questions que nous nous sommes posées au début de ce chapitre.

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