‹ De la résolution des équations numériques de tous les degrés;Chapitre 2 sur 40 · DES · texte numérisé non relu

DES

ViiîTE est le premier qui se soit occupé de la résolution des équations numériques d'un degré quelconque. 11 fait voir dans le Traité de numcrosa potestatum adfectarum resolutionc , comment on peut résoudre plusieurs équations de ce genre par des opérations analogues à celles qui serrent à extraire les racines des nombres.

Harriot, Ouglred , Pell , &c. ont cherché à faciliter la pratique de celte méthode , en donnant des règles particulières pour diminuer les tâtonnemens , suivant les difTérens cas q\ii ont lieu dans les équations relativement aux signes de leurs termes. Mais la multitude des opérations qu'elle demande , et l'incertitude du succès dans un grand nombre de cas , l'ont fait abandonner entièrement avant la fin du siècle dernier.

En effet, il est aisé de se convaincre qu'elle ne peut réussir d'une manière certaine , que pour les équations dont tous les termes ont le même signe , à l'exception du dernier tout connu j car alors ce terme devant être égal à la somme de tous les autres } on peut , par des tâtonnemens limités et réglés , trouver successivement tous les chiffres de la valeur de l'inconnue , jusqu'au degré de précision qu'on aura fixé. Dans tous les autres cas , les tâtonnemens deviendront plus ou moins incertains , à cause des termes soustractifs.

a DE LA RÉSOLUTION

Il faudroit donc , pour l'emploi de cette méthode, qu'on put par une préparation préliminaire réduire toutes les équations à cellefortne : or on le peut toujours, pourvu qu'on ait deux limites d'une racine, l'une en plus, l'autre en moins > et qui soient telles que toutes les autres racines , ainsi que les parties réelles des racines imaginaires s'il y en a, tombent hors de ces limites} car on peut alors , par une substitution , transformer l'équation de manière que cette racine soit positive en même temps que toutes les autres racines réelles , ainsi que les parties réelles des racines imaginaires seront négatives j et il n'est pas difficile de s'assurer que, dans cet état , l'équation transformée aura la forme demandée , ou l'acquerra nécessairement en diminuant peu à-peu toutes ses racines d'une même quantité qu'on trouvera par quelques essais. Mais la difficulté de trouver ces limites est elle-même aussi grande , et peut être quelquefois plus grande que celle de résoudre l'équation. «*-

A la méthode de Vièle a succédé celle de Newton , qui n'est proprt-ment qu'une méthode d'approximation, puisqu'elle suppose que l'on ait déjà la valeur de la racine qu'on cherche , à «une quantité près moindre que sa dixième partie j alors on substitue cette valeur plus une nouvelle inconnue à l'inconnue de l'équation proposée , et l'on a une seconde équation dont la racine est ce qui reste à ajouter à la première valeur pour avoir la valeur exacte de la racine cherchée j mais à cause de la petitesse supposée de ce reste , on néglige dans la nouvelle équation le carré et les puissances plus hautes de l'inconnue j et l'équation étant ainsi rabaissée au premier degré , on a surle-champ la valeur de l'inconnue. Cette valeur ne sera encore qu'approchée $ mais on pourra s'en servir pour en trouver une autre plus exacte , en faisant sur la seconde équation la même opération que sur la première , et ainsi de suite. De cette manière , on trouve à chaque opération une nouvelle quantité à ajouter ou à retrancher de la valeur déjà trouvée , et oû

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a la racine d'autant plus exacte , qu'on pousse le calcul plus loin. s,

Telle est la méthode que l'on emploie communément pour résoudre les équations numériques ; mais elle ne sert, comme l'on voit , que pour celles qui sont déjà ù-pcu-près résolues. De plus, elle n'est pas toujours sûre j car en négligeant à chaque opération des termes dont on ne connoît pas la valeur, il est impossible de juger du degré d'exactitude de chaque nouvelle correction} et il peut arriver, dans les équations qui ont des racines presque égales , que la série soit très-peu convergente , ou qu'elle devienne même divergente après avoir été convergente. Enfin elle a encore l'inconvénient de ne donner que des valeurs approchées des racines mêmes qui peuvent être exprimées exactement en nombres , et de laisser par conséquent en doute si elles sont commensurables ou non.

Le problème qu'on doit se proposer dans cette partie de l'Analyse, est celui-ci: Etant donnée une équation numérique sans aucune notion de la grandeur ni de la nature de ses racines , en trouver les valeurs numériques , exactes s'il est possible , ou aussi approchées qu J on voudra. Ce problême n'a pas encore été résolu; et c'est l'objet des recherches suivantes.

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