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fier, à augmenter la puissance des muscles, deproportionner toujours la résistance à la force musculaire actuelle. La surveillance des séances de gymnastique doit donc être établie de près : le choix des mouvements ne doit pas être laissé au hasard ; il faut agir progressivement et faire un entraînement régulier. Chaque mouvement en particulier ne doit pas être une secousse, une contraction courte, brusque et irrégulière ; il doit se faire régulièrement, lentement et complètement.
Le moment de la journée où ces mouvementss’exécutent a son importance : sous aucun prétexte ils ne doivent s’accomplir pendant la digestion. L’heure la plus favorable est celle du réveil ; les séances pourront être établies à diverses heures de la journée entre les repas. La contraction des muscles fait subir aux gaz de l'intestin des variations de pression et à la masse intestinale un pétrissage qui favorisent ou mettent en action le péristaltisme normal.
Les hernies ne sont pas une contre-indication à ces exercices si elles sont bien maintenues par un bandäge ; il en est de même de l’éventration ; le port d’une ceinture comprimant l’abdomen ou d’un caleçon en tissu élastique s’impose alors. Ces appareils, véritables appareils de prothèse abdominale, sont aussi nécessaires dans les cas de grande faiblesse de la paroi abdominale ; grâce à eux, la force de compression résultant de la contraction des muscles abdominaux et du diaphragme devient effective.
Après avoir décrit les différents mouvements iso-
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lés, en les groupant d’après leur action physiologique particulière ou principale, nous passerons en revue les mouvements synergiques ou d'ensemble.
‘Une fois pour toutes, les mouvements dont la description va suivre seront passifs, actifs ou s’accompagneront d’une résistance à vaincre, suivant l'énergie musculaire du sujet. Ils s'effectuent suivant les besoins etles convenances, couché, assis, à cheval ou debout.
° Mouvements produits par la contraction du diaphragme. |
Ce mouvement est effectué par l'expiration active.
Pour les hommes, ce mouvement est facile à obtenir en les faisant respirer longuement et profondément. On peut, du reste, augmenter l’énergie de la contraction diaphragmatique en faisant porter les épaules en avant et croiser avec force les avant-bras sur le haut du thorax : on supprime ainsi en partie l’action élévatrice sur les côtes, du petit pectoral et du grand dentelé, tout en empêchant l'expansion du thorax supérieur ; le diaphragme fait à peu près à lui seul tous les frais de l'expiration.
° Mouvements produits par la contraction des droits de l’abdomen.
a) Le malade étant couché. — Le malade est étendu, dans l'extension complète, en décubitus dorsal, les jamhes réunies, les bras croisés sur la poitrine, il doit alors s'asseoir sur son séant sans que les pieds quittent le plan du lit. On peut diminuer la force nécessaire à ce mouvement : 1° en mainte-
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nant d’une main les membres inférieurs ; 2°en soulevant plus ou moins les épaules et le tronc, soit avec des oreillers, soit avec un plan incliné; 3 en glissant une main sous les épaules et en aidant aussi le malade en lui soutenant légèrement le corps.
7 On peut au contraire augmenler la force à déployer : SALE
1° En faisant replier et croiser les bras sous la tête.
2° En faisant étendre sur le plan du lit de chaque côté de la tête et en les maintenant dans cette position pendant l’exéculion du mouvement.
30 En faisant coucher le patient en travers du lit, de façon que les muscles inférieurs et le siège reposent seuls sur le matelas, le tronc restant dehors. On maintient solidement les pieds pendant que le tronc est rejeté en arrière. Le corps ainsi placé en hypertension est ramené lentement d’abord dans la rectitude, ensuite dans la flexion. Pendant toute la durée de ce mouvement les bras restent croisés sur la poitrine.
b) Le malade étant debout. — Les muscles inférieurs Sont rapprochés et maintenus étendus, les bras sont élevés à la hauteur des épaules et amenés les poings fermés. On exécute alors plusieurs fois de suite des mouvements de flexion du tronc en avant. On peut ainsi faire ramasser avec les deux mains un objet posé à terre devant les pieds.
3 Mouvements produits par la contraction des masses musculaires sacro-lombaires.
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a) Le malade étant couché, Le malade, les jambes réunies, est étendu er décubitus abdominal, les bras croisés derrière le dos. Il est alors invité à étendre le tronc sur le bassin, c’est-à-dire à soulever son thorax au-dessus du plan du lit. On peut faire également coucher le malade en décubitus abdominal en travers du lit, de façon que le thorax et la partie supérieure de l'abdomen restent sans soutien, Une main de l'assistant est appliquée sur les mollets, l’autre sur le sacrum de façon que les mouvements de flexion et d'extension que l’on fait exécuter par le tronc se passent bien dans les articulations de la colonne lombaire et non dans celles des hanches.
b) Le malade étant debout. — Mêmes mouvements que ceux décrits au paragraphe des exercices exécutés avec les muscles droits de l'abdomen.
& Mouvements produits par la contraction des muscles latéraux. ï
a) Mouvements de latéralité. — Le malade est debout, les jambes étendues et réunies, les mains posées sur les hanches. Il se penche alors latéralement à droite et à gauche, le corps restant toujours dans le plan vertical,
b) Mouvements de rotation :
1° Du tronc sur le bassin : le malade est dans la situation que nous venons de décrire ; l'assistant maintient de ses deux mains le bassin, de façon à l’immobiliser. On porte alors alternativement à droite et à gauche la face antérieure de la poitrine.
> Du bassin sur le tronc. Le malade est assis sur un tabouret tournant, assez élevé pour que ses pieds ne reposent pas à terre. L'aide se place derrière, croise ses bras sur la poitrine du patient, de façon à maintenir en arrière son thorax contre sa propre poitrine. Il s’agit alors d'exécuter des mouvements de rotation de droite à gauche avec le bassin.
5° Mouvements produits par la contraction du psoas iliaque.
a) Mouvements de flexion de la cuisse sur l'abdomen. — Le malade étant debout, on lui fait lever alternativement chaque cuisse jusqu'à ce qu’elle arrive à angle droit.
b) Mouvements de rolation de la cuisse en dehors. … Le malade étant couché en décubitus dorsal, les jambes rapprochées et étendues, on l'invite à faire tourner en dehors sa cuisse.
6° Mouvements produits par la contraction synérgique de plusieurs muscles.
a) Mouvements de rotation latérale et de flexion du tronc sur le bassin. --- Le malade étant debout, les jambes réunies et dans la rectitude, on lui fait ramasser une épingle à terre et cela d’une seule main.
b) Mouvements de rotation, de flexion antérieure et latérale (mouvements de circumduction du tronc sur le bassin).
Le malade étant debout, les jambes étendues et raides, exécute sur son tronc un mouvement de circumduction tel qu’il décrit avec le haut du corpsun cône dont le sommet répond au bassin.
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Ce mouvement doit être bien étendu et exécuté très lentement, de façon que chaque muscle se contracte séparément, l’un après l’autre.
c) Mouvements de rétraction et de relâchement alternatifs de l'abdomen. — Le malade étendu en décubitus dorsal ou debout, contracte fortement la paroi antérieure de l’abdomen, de façon à effacer son ventre, puis la projette vigoureusement en avant.
d) Mouvements du rameur. — Ons’asseoit sur un siège très bas, et l’on fait manœuvrer de chaque
main simultanément des rames montées sur pivot de chaque côté et un peu en avant du siège.
Un système élastique forme résistance aussi bien à l’aller qu’au retour de la rame. Le tronc exécute alors des mouvements de flexion et d'extension dans le plan sagittal.
e) Mouvements de l'effort. — Le malade fléchit à angle droit les cuisses sur les jambes et le tronc sur les cuisses ; il fait alors une inspiration forcée, ferme la glotte et contracte fortement sa paroïiabdominale.
Applications.— De ce qui précède, il résulte que de nombreuses applications intéressantes, seront-à envisager comme traitement de quelques cas pathologiques tels que l’aérophagie, la varicocèle et l’obésité.
TRAITEMENT DE L'AÉROPHAGIE
L'aérophagie est un syndrome à l’étiologie duquel concourent deux éléments très importants : R
1° L'état général toujours névropathique ;
2° L'état local souvent gastropathique et dont l’importanee d’ailleurs s’efface devant le précédent.
1° Quand on compare entre elles les observations des aérophages, on voit tout d’abord que, conjointement à leur aérophagie, ces malades présentent des tics ou des obsessions, l’aérophagie n’étant elle-même qu'un tic. D’autres tics ondoyants et divers peuvent en effet se terouver;chezeux : mouvements choréiques ou myocloniques, petites idées fixes, etc.
Cet état est celui des psychosténiques et des obsédés plus ou moins latent ou manifeste. À son examen, deux constitutions psychopathiques s'avèrent : la cyclothymie et l’hyperémotivité. Il est à remarquer en effet que c’est {oujours au cours d’une phase de dépression que l’aérophagie se constate. Mais seule la dépression ne suffirait pas, une autre constitution intervient : l'hyperémotivité. En association avec la précédente, elle réalise les préoccupations hypochondriaques, les spasmes viscéraux et les algies diverses qui forment le cortège habituel de l'affection qui
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nous occupe. C'est à l’'hyperémotivité qu’il faut en grande partie rattacher les constrictions de la gorge dont se plaignent les malades, leurs bouffées de chaleur, leur angoisse précordiale, leurs crises de palpitations, leurs malaises viscéralgiques, le tremblement des mains et l’hypersécrétion glandulaire, surdorsale ou gastrique dont ils présentent les manifestations, Le tableau clinique de l’hyperémotivité fut brossé de main de maître par le professeur Dupré et ses élèves Devaux et Logre sur l'anxiété.
Cet ensemble: obsessions, tics, dépressions, hyperémotivité, peut donner lieu à des localisations multiples, l'estomac principalement : le malade se plaindra de points douloureux de l'estomac, aux angles du côlon et sur tout le pouriour de la cage thoracique ; il accusera des émétations répétées qui soulageront sa pesanteur habituelle de la région épigastrique et s’étendra avec prolixité souvent sur toutes les circonstances qui accompagnèrentle, développement de son affection.
On observera alors le malade sous le contrôle de l'écran radioscopique : on verra l'air distendre comme une vessie la pache stomacale, celle.ci refouler la moitié gauche du diaphragme, dont le niveau, à linverse de ce qu'on observe normalement, dépasse sur l’horizontale le plan de la moitié droite. Le muscle limite ses mouvements physiologiques à 2 centimètres alors qu’à l’état normal son élévationabaissement se trouve être de 7 centimètres. Le diaphragme est donc en état de contracture.
De plus il y a spasme du cardia : si l’on fait ingérer une bouillie bismuthée, elle s’accumule dans la portion inférieure de l’œsophage qu’elle distend à l'excès avant de traverser le cardia.
A l'examen objectif on notera simplement une diminution de l’ampliation thoracique pendant la respiration et au palper une sensation de rémittence plus grande des muscles au repos.
A la lumière de ces données de l’observation radiologique, il nous est plus facile d'interpréter les symptômes à l’affection.
L'air qui arrive dans leur estomac ne peut trouver son issue naturelle, il se trouve bloqué par la contraction du cardia et le spasme concomittant du diaphragme. L’aérogastrie est donc due tout d’abord à un tic de déglutition de l’air, puis à uu spasme diaphragmatique réalisant le bloquage purement mécanique de cet air dans la cavité gastrique. Le tic de déglutition est d’origine névropathique, mais le spasme du diaphragme est aussi un phénomène névropathique conditionné par l’état général du sujet ; il est en tout semblable aux contractions et aux spasmes des muscles lisses qui s’observent cher les hyperémotifs ; son état de contracture donne lieu à une douleur surtout marquée à ses points d'insertion sur le pourtour de la cage thoracique et notamment à l'insertion de ses piliers antérieurs et postérieurs. Cette douleur est, en tous points, comparable à celle du lumbago provoqué par la contraction des masses sacro-lombaires.
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Le diaphragme, muscle respirateursoumis à la fois à la mobilité volontaire et à l’activité automatique, sera l’intermédiaire idéal pour agir sur l’estomac, exprimer l’air qu’il détient, et si l’on nous permet cette périphrase imagée « assurer la liberté des détroits », c’est-à-dire la suppression des spasmes, ouvrir le passage du cardia et du pylore.
Diversmoyens peuvent êtreemployées pourobtenir un résultat favorable :
1° Tout d’abord larééducation fonctionnelle qui restituera l’automatisme normal du diaphragme ; cette rééducation n’est autre qu’une gymnastique respiratoire du type abdominal. On commencera par placer le malade en position horizontale, les vêtements seront amples et larges. Les bras seront allongés le long du corps. Dans cette position faire exécuter d’abord trois ou quatre respirations sur le mode thoracique, s'assurer de la capacité respiratoire du sujet et prendre ses mensurations en respiration et en expiration. On lui indique alors ce quil doit faire :
Inspirer lentement aveé le nez et en gonflant
l'abdomen.
ÆExpirer avec la bouche en creusant l'abdomen.
Faire 12 respirations complètes.
Ce modus faciendi, tout à fait inhabituel, le contraire du type normal ne s'obtient pas toujours du premier coup. Pour s’assurer de sa correction, il peut être utile d’immobiliser le thorax avec une ceinture ou un corset. Entre chaque “exercice on fera des pauses de 10 à 20 secondes environ.
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Puis les exercices respiratoires seront combinés
avecles mouvements de bras : flexions, extensions, abductions et adductions que nous avons déjà indiqués. |
Ces exercices réalisent une véritable gymnastique :
viscérale, l'estomac est exprimé de l’air qu'il contient par la pression de haut en bas du diaphragme rééduqué ; en même temps ce muscle réintégré dans la plénitude de ses fonctions, voit disparaître sa con-
tracture à la boutonnière du cardia, celui-ci s’ouvre
au passage des aliments ou de l’air et le débloquage de l'estomac se fait tout naturellement; des émétatations répétées accompagnent d’ailleurs la première séance.
Cette rééduction fonctionnelle du diaphragme qui reste à la base du traitement peut être aidée par le massage de la base thoracique par des manœuvres d’effleurage et des vibrations doucement appuyées ; l’hydrothérapie est également toujours recommandable : douches en pluie à la température de 37 degrés, de durée de deux à trois minutes sur la région thoraco-abdominale; après les repas applications chaudes sur le creux épigastrique.
Ce traitement de la cause de l’aérophagie est certainement plus efficace que celui qui s'adresse à la sonde œsophagienne, qui n’est que symptomatique : aussi, bien dirigé quotidiennement pendant quinze jours au moins, il donne de bons résultats.
Telles sont les données exposées et décrites par le D: Livet de l’Institut de Beni-Barda dans un article paru dans le Journal médical de Paris.
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