‹ De la Responsabilité Atténuée Étude Médico-LégaleChapitre 14 sur 52 · LE DIR DEN · texte numérisé non relu

LE DIR DEN

trois cents ; et chemin faisant il a pêché avec ses compagnons de grandes quantités de truites et d'escorbeilles, ils ont: crpleyé trois barriques de bière à les fricasser, etc., etc...

Jamais chez l'aliéné, où idées délirantes ne . A aussi. discolree Ps elles et ne revétent un caractère d’extravagance aussi exagéré. Chez le véritable aliéné, elles ressortent presque, toujours de la même sphère de ses conceptions habituelles. Mais ici rien de naturel, rien qui puisse les relier à un côté quelconque des habitudes, des occupations, de la situation de l'inculpé. En outre, il conçoit et énonce ex: abrupto, sans transition d'aucune sorte,.ces.idées à caractère si étrange etsi exceptionnel.

Lorsqu'il s’agit de folie, avant de surgir ainsi de pied en cap, elles se

sont montrées sous de simples apparences, sous des formes timides, accu-.

sant ainsi un commencement de défaillance de l'intelligence ou faisant présager une catastrophe à plus ou moins bref délai.

Ces idées disparates de X... à contours si excentriques et à couleurs si

bizarres, ne sont donc pas de nature délirante, et partant, elles ne sauraient être invoquées pour établir l'existence de la folie. Et, en effet, nous le

voyons saisir rapidement l'occasion de déclarer qu'il est interdit de la tête,

qu'ilexiste des aliénés dans sa famille, et qu'il est fou lui-même. C’est là un caractère pour ainsi dire pathognomonique de la simulation

de l’aliénation. mentale. L'aliéné ne se déclare pas fou ;il est au contraire à

ses yeux l’ homme le pluslucide etle plus clairvoyant du monde. S'il avouait

qu'il est fou, ne serait-ce pas une preuve qu'il aurait conscience de lui-.

même et du caractère délirant de ses attitudes et de ses conceptions, et par conséquent qu'il ne.le serait pas ? Il est. vrai qu'il existe une forme d’aliénation mentale, où l’aliéné peut posséder ün, certain -degré de conscience de ses aberrations, c'est dans le cas de folie impulsive ou- folie des actes. Le malade ici surprend parfois la vérité de ses déterminations ; mais en les subissant, il obéit à une force aveugle à laquelle il est impuissant à se soustraire. C’est là souvent un caractère de la folie hystérique, qui. confine à la folie des actes, mais dont il ne peut être fait pas Dre dans l'appréciation du cas présent. :

.Ajoutons à ce qui précède que l’inculpé sans transition: aucune et d' un jour à l’autre quitte le sol apparent de l’aliénation mentale, pour regagner celui de la raison, et qu'il semblerait en quelque sorte qu'il se complait à chevaucher tour à tour de l’un sur l’autre. La ligne de démarcation de ces deux terrains, lorsqu'il s’agit de la réalité, n'est pas si. facile à franchir que cela ; il y a toujours de l'hésitation et des FA pas à parvenir d’un côté à l'autre. à

Il ressort donc de V'onnodd et. de l'examen tiens Fe principales. manifestations que X... à-présentées à notre observation, qu'aucune d'elles ne peut se rapporter à un état de folie véritable. S'il en est ainsi, il. faut en. conclure en toute rigueur, qu’ila simulé l’aliénation mentale, Et, en eflet, à partir du 10 août, il a compris que ce moyen ne pouvait lui être d’ aucune

s SC "à , : Dre . ; 7 SALE utilité, et il y a renoncé pour se maintenir dès lorsdans la sphère mentale que la nature lui a dévolue. Ila même espéré ainsi pouvoir se soustraire à … l’accusation qui pèse sur lui, sans toutefois nous avoir jamais avoué qu'il , fût l’auteur de l'incendie du 27 juin. :

Bien qu'il reste établi, que l’inculpé à réellement voulu simuler l’aliéna- 1 tion mentale, doit-on considérer la mesure de son intelligence comme hors : FTP de toute critique ? Nous ne le pensons pas. D'après certains renseigne- > ment recueillis sur son compte, il est constant qu'il existé dans sa arte l Mae Vo RCE DE parmi la descendance collatérale du côté maternel, plusieurs aliénés, et qu'on le considèreen général comme assez peu intelligent. Si l’on rappro- NET one: de. cet antécédent originel qu'on doit ici mettre en ligne de compte, PAST care de, Cette opinion, divers faits qui se rattachent à ut d'incendie, et surtoutla manière dont il aentendu simuler la folie, il sera facile de se É convaincre qu'il est en effet médiocrement doué au point de vue de l'intelligence et qu'il touche à la demi-imbécillité.

=, Concuusions. — De tout ce qui précède, je conclurai: ; DU 1" Que.X.* n'est. pas aliéné, mais qu'il a voulu simuler l'aliénation DS tan mentale; PE SRE 2e Qu'il doit être donsdére comme HÉRSRTES x 4 3 Qu'il est néanmoins d’une intelligence restreinte, dont il doit être ; très sérieusement tenu compte dans l'appréciation de son degré de res- < + ponsabilité. Se

Qu

OnservarioN VIII. — Faux, — Acquittement. — Responsabilité atténuée. (Rapport dû à l'obligeance de M. le Dr Vinerr.)

Je soussigné, Charles Vibert, docteur en médecine, commis à l'effet d’examiner le sieur X... au point de vue de l’état mental et de dire s’il « jouit ou non de l'intégrité de ses facultés mentales ». - Cet homme, âgé de 52 ans, est bien constitué et paraît vigoureux. Il É déclare n’avoir jamais eu de maladie grave et jouir actuellement d’une | ÿS bonne santé.- D'après les renseignements qu'il donne sur ses parents, il n'y aurait pas eu d’aliénés ou de névropathes dans sa famille. Il aurait eu ; une existence assez aventureuse, et marquée, s'il faut l'en croire, par des é #5 alternatives de succès et de revers de fortune. Il a été soldat, blessé pen- 7 FOR AE dant les campagnes de l'empire ; il a repris du service, comme officier, He ___ dans la guerre de 1870-1871 et a reçu plusieurs blessures dont il porte les Vs

LE ES marques, mais qui n’exercent pas actuellement d'influence sur sa santé. LE TRE Depuis la guerre, ils’est livré à diverses entreprises, qui se rapportaient Mn toutes, paraît-il, à la production et au commerce du beurre, des œufs et de re la volaille ; dans cet ordre d'idées, pense-t-il, il a fait des inventions im-

de portantes.

Mar Ce qui frappe d’abord dans son état mental, c'est l'activité véritablement : exagérée de son intelligence. Pendant les divers entretiens que nous avons

: Ep 7

eus: avec lui, il parlait sans interruption ni astbts revenant constamment

sur ses inventions et ses projets avec une volubilité intarissable, Dans sa

cellule, il passe toutes ses journées et unie partie de ses nuits à écrire des

mémoires, et surtout à confectionner des dessins à la plume, dont quelques-uns constituent des tableaux de dimensions considérables, et ont cer- {ainement nécessité une grande somme de travail. Mais si l'intelligence est très active, il estincontestable qu’elle est bièn amoindrie sur certains points.

-Les conversations de l'inculpé, comme d’ailleurs ses écrits, se composent de-phrases correctes en elles-mêmes, mais dont l’enchaînement est le. pie

souvent dépourvu d'un sens logique.

Presque jamais, dans ses explications verbales ou écrites, Pieds ne

suit régulièrement une même idée, ne cherche à bien établir un fait, à

réunir des arguments pour sa défense, sans des digressions perpétuelles,

des formules creuses et prétentieuses ie n ‘aboutissent à rien de net et de |

précis.

Une idée s'est implantée dans l'esprit de l'inculpé; y domine en maitresse, etaen quelque sorte étouffé toutes les autres. Le sieur X..

croit un inventeur, est pénétré de l'importance de ses recherches, Lee en tirer profit et gloire. Il'est intarisable sur ce sujet, et y revient constam-

“ment, quelque soin que l’on prenne pour à arrêter son attention sur d'autres ‘sujets. Outre ses inventions dont quelques-unes ont reçu, paraît-il, un

commencement d'exécution, et de la valeur desquelles nous ne pouvons juger, il attache une grande importance à ses dessins qu'il qualifie de chefs-d'œuvre. Il va, dit-il, les faire photographier ou en tirer de nombreux exemplaires et il aura ainsi un gain de 25 à 50 francs par jour. Or, pour

comprendre combien sont ridicules et maladives les illusions qu'il se fait sur ce point, il suflit de jeter un coup d'œil sur ceux de ses dessins qui

sont au dossier et dont l'exécution est absolument enfantine. Presque tous,

et notamment l’un d'eux, destiné au Ministre du commerce, sont des allé— gories où figurent la Science, la Justice, l'Agriculture, et toujours l'inculpé

lui-même et ses inventions.

Tel le sieur X.. s’est montré à nous, telil est dépeint par les diverses personnes auprès desquelles nous avons pris des renseignements. Son avocat nous a remis des lettres, des mémoires, des dessins, semblables à ceux que nous avons vus. La femme avec laquelle il vit depuis plusieurs années, l’a toujours vu absorbé uniquement par ses affaires etses inventions, ne parlant que de ces choses, et en parlant constamment, n'accordant aucune attention aux détails de la vie d'intérieur. Pas une seule fois il n’a consenti à faire une promenade avec sa femme ouson enfant, alléguant que son temps étaittrop précieux pour en perdre quelques instants.

Son fils mêmeauquelil témoignait de l'affection, ne l’occupait jamais que peu de temps. Il était autoritaire, très violent quand on combattait ses idées, brutal même lorsqu'il avait bu de J'absinthe, qu'il supportait très

mal, même en petite quantité, Sa femme assure d’ailleurs qu'il buvait assez

ÉQX ee

rarement et cette assertion semble confirmée par notre examen qui ne

nous a pas révélé de signes d'alcoolisme chronique. Il ny à pas lieu, croyons- nous, de soupçonner l'inculpé de simulation. Il nous paraît impossible de soutenir aussi longtemps et aussi fidèlement le rôle que comporte un état d'esprit aussi spécial. D'ailleurs, la Rue serait d'autant plus difficile que les troubles que présente le sieur X.. correspondent pas à l’un des types les plus répandus de l’aliénation-mentale. Il n'a pas, par exemple, le délire ambitieux de la paralysie générale

{maladie dont il n'offre aucun signe), délire universel, ses idées de grandeur sont au contraire relativement modérées, elles sont limitées exclu-

sivement aux résultats de soninvention, et elles Vi un point de départ qui n'est pas absurde.

C'est la tension constante de l'intelligence par la pensée des inventions, l'aspiration ardente vers tout ce qui pourra consacrer la supériorité qu'il se reconnaît : argent, considération, honneurs ; qui a en quelqu sorte envahi bhtelhgente. et l'a amoiïindrie dans ses autres parties. =

Lorsqu'on demande à l’inculpé de s'expliquer sur les escroquer'es it lui sont reprochées, il répond qu'il aurait été parfaitement en mesure de payer ses créanciers, si on lui avait laissé quelque délai ; que le succès était absolument certain, et fort de cette certitude, il paraît n'avoir nullement conscience de la gravité de ses actes. BE

Nous crayons, en effet, que son jugement, Ti démon troublé sur cer- tains points, l’est notablement sous le rapport de la juste appréciation des actes qui lui sont reprochés par l'inculpation. Nous pensons done que l'on doit considérer sa responsabilité, sinon comme nulle, du moins comme diminuée dans une large. mesure.

OBSERVATION IX. — Tentative de meurtre. — Acquittement, — Responsabilité atténuée. (Rapport dû à l’obligeance de M, le professeur BRoOUARDEL..) WE

Je soussigné, Paul Brouardel, professeur de médecine légale à la Faculté de médecine de Paris... vu la a suivie contre la fille.

Ke: pre a tiré des coups de revolver sur son amant... ete.

« La fille X... est âgée de vingt ans. Elle est d’une taille moyenne, ‘un peu maigre, elle paraît assez vigoureuse.

Elle témoigne avant que nous ayons dit un mot, de son émotion à paraître devant le médecin, « elle est toute tremblante ». Nous faisons un geste pour la rassurer; elle l’est, devient souriante, essuie ses larmes. Puis avec une volubilité excessive et en des termes assez bien Choisis, elle nous expose les diverses phases de sa vie. Enfant abandonnée, elle a été élevée dans une famille de paysans, ceux-ci lui auraient témoigné peu d'affection, l’auraient battue. Venue à Troyes, où elle aurait travaillé dans une filature, à seize ans, elle rencontre un monsieur qui lui propose

en

Sn | HP Dr

de l'emmener à Paris. Elle accepte de suite, le jour même, sans hésitation ; elle en parle à une de ses amies, cela est vrai, mais son parti était pris

auparavant. Après un an, la vie commune lui est désagréable, elle as ;

son amant, se place comme fille dans une brasserie. pe

Quelque temps après elle rencontre P.., il lui montre des brillants. se n'hésite pas plus que la première fois, et de suite. devient sa maî-

tresse. +24 FA Mens si

La vie commune aurait passé par diverses phases; assez calme au début, elle aurait été bientôt troublée par des orages dont elle rapporte. naturellement toutes les origines à des fautes de son amant,

Elle insiste avec complaisance sur le dévouement dont elle aurait fait preuve pendant que celui-ci aurait été malade, bien que l'affection dont il était atteint eût dû au contraire éveiller des répugnances; elle insiste également sur sa fidélité du « chien couchant », pour un homme qui dépensait son argent dehors et qui la laissait sans ressources.

Quand elle arrive à la scène qui a eu pour conséquence SSarrettétion elle la raconte avec le même entrain, et déclare qu’elle a blessé son amant involontairement avec le pistolet dont elle voulait se servir pour se tuer. . Quant à son amant, malgré ses torts, elle l’aime et l’aimera toujours. Dans ce récit dont nous ne reproduisons qu'un résumé très succinct, elle répète plusieurs fois qu’elle a voulu se tuer, qu’elle se tuera, mais elle

garde toujours l’entrain plein d'enjouement avec e elle raconte lests

différents actes gais, ou tragiques de sa vie.

À notre dernière visite, SjOHEA hui 28 octobre, ses idées sont Aëà modifiées pour son amant, elle n’y pense plus guère, les incidents de sa vie de prison tiennent le premier rang, elle a pris en :grippe certaines sœurs, elle ne tarit pas en éloges sur d’autres.

MNIéFrOgRE sur ce qu'elle fera à sa sortie de prison, elle s’écrie : « Oh! M. P... jé n'irai pas le chércher! » Elle à pris la résolution de travailler.

résolution qui probablement durera ce que les autres ont duré; elle n'a

qu'une préoccupation. Elle ne veut pas que l’on sache qu'elle est allée à St-Lazare, on la prendrait pour une voleuse, à

Depuis son entrée à St-Lazare, X... a été souffrante, élle aurait eu une. attaque de nerfs, mais personne de compétent n’a été témoin de cet accès et on ne peut nous en rapporter les caractères.

Elle se plaint d’une sensation d’étouffements, de contractions de la gorge qui reviendraient plus fréquemment vers le soir. Elle accuse également une douleur du sommet de la tête avec sensations de chaleur.

La sensibilité cutanée est conservée au contact, et à la température elle semble notablement diminuée à la douleur, surtout du côté gauche.

Les diverses fonctions sont normales. L'appétit seul serait actuellement diminué.

Elle a été réglés à 17 ans, depuis lors les règles sont revenues assez régulièrement, il n'y aur: ait jamais eu de grossesses s

ss

__ trait de leur caractère donne à

En résumé, X.…. est une hystérique. Les symptômes qu'elle accuse TA de boule, ascendant du creux épigastrique au larynx, la douleu” de tête dont elle donne les caractères connus sous le nom de clou hysté” rique, la diminution de sensibilité à Ja douleur, ne laissent aucun doute sur ce point. Elle n'appartient pas à la classe des grandes hystériques convulsives, Elle a peut-être eu une où deux attaques, mais celles-ci n'ont

| été ni fréquentes ni graves.

Dans quelle mesure cette maladie a-t-elle atteint ses facultés intellectuelles et affectives ?

Ce qui domine chez X..…., c'est la spontanéité, la vivacité des impressions; elle n’a pas le temps dans l'entraînement de son récit, de laisser - disparaître l'expression de la douleur, ou de la joie, qu'avait fait naître la phrase précédente. Les deux i impressions sé superposent en quelque sorte sur son visage.

Elle rit et elle pleure en même ps Mais l’inflexion de sa voix concorde avec les impressions de la Per oneies Elle est toujours égale, ne possède pas d’intonations tristes, et n’accuse pas la diversité des émotions que trahirait le visage pour quelqu'un qui la verrait sans l’entendre.

. Ilesttrès probable que les lignes principales de son récit reproduisent les

hais qui se sont réellement passés, mais il est très probable également, que comme toutes les hystériques, elle a réussi à les grouper d’une façon avan tageuse à sa thèse, faisant un tableau artistement arrangé et de son dévouement et de l’égoïsme de son amant.

Dans quelle mesure la vérité s’allie-t-elle au mensonge ? C' Œu ce qu'il est

souvent très difficile de déterminer.

Un second point bien connu du caractère des. hystériques paraît prédominant chez elle. Le moment qui sépare la conception d'une idée de son exécution n'existe pas. Il n'y a pas place pour la réflexion. H en est sous ce rapport des hystériques comme des alcooliques.

En rencontrant un fossé, ils sautent sans se préoccuper de sa largeur et de la force de leurs jarrets. Lorsque l'hystérie n’est pas très prononcée, ce la conversation de ces femmes, un charme - piquant par la vivacité des conceptions et la rapidité des décisions, mais souvent elle entraîne les Ps dans la ut imprévue des aventures.

X... rencontre un monsieur à Troyes, il lui propose de l'emmener à Paris, elle accepte et part de suite. Le temps de la séduction est supprimé, Même rapidité dans la décision, lorsque dans la brasserie M. P... lui parle de - brillants. Et cependant cette fille est capable de rester fidèle pendant des années, de soigner son amant avec dévouement, de supporter des humi- Jiations ou des privations. Elle l'a été ou elle était capable de l'être.

. Mais si le temps de la réflexion manque entre l'impulsion et l'exécution, # ne faudrait pas rapprocher les actes commis par les hystériques, de ceux que commettent les épileptiques en état de mal. Chez ces derniers, la

: pas.

volonté est complètement absente et le souvenir de l'acte commis n'existe

EC

Rien de she chez l'hystérique, elle sait quel est l'acte qu’ ‘elle fait, son ‘intelligence existe pendant qu’elle l'accomplit, elle conserve lé. souvenir de ses divers Se mais elle se soucie per ou PAS de ses

conséquences. $ Comme presque toutes les hy stériques, qui sont dans des dispositions

intellectuelles analogues à célles de X..., celle-ci parle de se tuer ; ellé a

voulu sé tuer, elle se tuera. Ici il faut séparer nettement cette tendance de celle qui est si fréquente dans certaines formes d’ aliénation. Chez ces malades, lorsque la volonté de se tuer existe, la plus stricte surveillance ne parvient pas toujours à empécher exécution de leurs projets, et ils s y préparent ordinairement dans le silence, clandestinement, sans phrase. 1 Pour les hystériques, au contraire, dans He HAE des cas, "4e suicide reste toujours à Fétat de. menace. :

” Elles en parlent sans cesse, font même parfois des tentatives destinées à échouer, et dans tous les cas elles entourent la mise à exécution de prépa” ratifs, d'une certaine mise en scène.

* On ne pourrait certainement pas dire que parfois les hystériques ne se suicident pas, et qu'en particulier d sôit incapable de faire une tentative

Plus ou moins Sérieuse. Il est probable également qu'elle ait voulu se

tirer un coup de pistolet aux pieds de son amant, cherchant ainsi à éntourer sa tentative d'un éclat théâtral. Sur ce point, le récit des témoins pourrait seul fournir des renseignements.

Une femme dont les décisions sont aussi instantanées peut encore maintenant prendre une résolution soudaine et sous ce rapport la surveillance dont elle est l'objet à St-Lazure nous paraît très justifiée, mais déjà le temps semble avoir émoussé les premières impressions et d’autres scènes de la vie de la prison s’y sont partiellement substituées.

Il semble très probable que pour X..., comme pour les bystériques et en général, le suicide restera à l’état de menace,

En résumé, X... est hystérique: Elle à des troubles, des nes ef de la sensibilité cutanée qui ne laissent aucun doute à cet égard. © Son état mental présente les modifications que l’on observe. chez quelques-unes des malades atteintes de cette affection. Se : L'acte n'est pas précédé de la réflexion, de la délibération ds où moins prolongée qui l'accompagne chez les individus en puissance de leur intégrité morale et physique complète. }

X... n'est pas irresponsable, comme une épileptique, car elle en son intelligence libre au moment où elle a accompli l’acte qui lui est reproché.

Mais comme certaines femmes atteintes d’hystérie, elle a une force de résistance moindre contre l'impulsion qu'a fait surgir sa passion, et’il ÿ a, lieu de tenir compte dans une certaine mesure de cette faiblesse de résis<'

fance dans l'appréciation de l’acte qui lui est reproché. | QE ie

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