‹ De la Responsabilité Atténuée Étude Médico-LégaleChapitre 17 sur 52 · SEA ERA · texte numérisé non relu

SEA ERA

fut guillotiné en 1825. Aujourd'hui on connaît bien les actes de cette nature et il suffit de lire les débats, aux grandes affaires criminelles, pour être certain que cet homme avait obéi à une impulsion épileptique. Les juges trouvaient alors son crime d'autant plus grand qu'il avait tué sans motif !

Nous voyons qu'à cette époque la responsabilité et l'irresponsabilité étaient mal connues. Ces deux termes sont restés absolus pour les médecins eux-mêmes, pendant un certain temps, quand un nouveau doute a envahi les hommes commis à la tâche de peser la conscience humaine. Si les criminels atteints de paralysie générale, ou tout autre délire classique, n'offrent pas de difficulté, il en est autrement des délirants d'occasion, de ces êtres suffisants en apparence, chez lesquels une secousse morale ou physique, une intoxication, un léger appoint d'alcool, suffisent à provoquer le délire, et souvent du délire de pensée passer au délire d'acte. L'individu rentre ensuite dans une période de calme, et le magistrat instructeur pose la question classique : « Était-il responsable au moment où il a commis l'acte ? » Pour résoudre le problème, le médecin va examiner le criminel, comme il examinerait un malade, rechercher les antécédents héréditaires et dresser un curriculum vitæ. « L'acte en lui-même, dit M. Brouardel, entre pour peu dans notre opinion, tandis que pour le juge l'acte est tout avec les antécédents judiciaires dont il tient compte aussi. Pour nous, au contraire, il n'importe pas tant de savoir quel acte a été commis, mais qui a commis cet acte. » L'expert fait une sorte de bilan, pèse la valeur de chaque chose, et détermine la part des mobiles ordinaires de la vie ou des mobiles pathologiques, qui ont mené l'inculpé au crime qu'on lui reproche,

Le médecin peut toujours dire si il y a où non aliénation mentale, mais on ne lui demande pas : un tel est-il aliéné ? le juge a dit : est-il responsable ? Or, la responsabilité n’est pas pour le médecin uncentité, un bloc unique, comme pour le philosophe. Elle se transforme à l'infini, suivant l’âge, le milieu et les accidents pathologiques. La notion du bien et du mal est elle-même essentiellement variable et une sorte de dissociation du moi, fréquente chez un même individu. Ne voit-on pas des gens qui vivent de vol et de rapine, mener en famille une existence exemplaire et d’une moralité indiscutable ; d’autres hommes, corrects daus leurs relations commerciales, intègres en affaires, avoir une

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