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favorisant son éclosion chez un sujet prédisposé et M. Guinon vient de mettre en relief ses derniers « agents provocateurs », dont la liste n’est pas close. | fe
Mais une meilleure connaissance de lhystérique, en même temps qu'elle jetait bas son auréole, « enlevant ses droits au bûcher et à la canonisation », sert à la réhabiliter. |
Deux chefs d'aceusation planent encore sur sa tête, l'un dans le monde; l'autre chez les médecins, qui s'en dégagent peu à peu sous, l'impulsion de l’école de la Salpêtrière.
Le premier vient des temps anciens, son origine même l'indique (usrnpa, matrice), on y plaçait le siège du mal et Platon disait : « L'utérus est un animal qui veut concevoir, quand il ne peut concevoir, il entre en fureur. »
Si les gens du monde seuls se voilaient la face : au mot hystérie qu ‘ils confondent avec la nymphomanie, point ne serait la peine d’insister,: mais les magistrats eux-mêmes ne sont pas complètement au-dessus de tels préjugés. Ce mot évoque nécessairement dans leur esprit celui de salace et de lubrique. Certes, la nymphomanie et l'hystérie sont deux syndrômes qui peuvent s'associer, rien cependant n'est moins fatal.
Quelques hystériques prêtent à lé FAN ASS le plus souvent faute d'examen suffisant, on ne distingue pas entre la FApee de paroles et l'appétit sexuel exagéré.
L'hystérique par un éternel besoin de situations scabreuses compromet sa dignité, la dépravation est dans la tête plus qu’elle n’est dans les sens, S
En second lieu, Legrand du Saulle, Huchard, ont fait de la névrose une description doctrinale poussée jusqu'à la folie hystérique, sans démêler le complexus pathologique et les troubles psychiques de la dégénérescence mentale jointe à la maladie elle-même. Ils ont décrit l'hystérie comme si elle était une et toujours semblable, ou lui ont reconnu des symptômes qui ne lui appartiennent pas en propre, car elle s'associe fréquemment, sans se combiner jamais.
Or, chacun réagit à sa façon. Les classes pauvres ne sont pas plus ménagées que les riches, épuisées de raffinements. L'homme est mélancolique et comme « désemparé », dit M. Charcot, l’alliage fréquent avec la neurasthénie l'explique. La femme a le brio, la manie de pa raître, le besoin de mise en scène.
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Mais ce schéma si connu est souvent incorrect, incomplet ou absent, et l'état particulier qu'on leur prête « elles ne savent pas, elles ne peu-
vent pas, elles ne veulent pas vouloir » est loin d'être la règle. -
Débarrassé des points qui ont prêté à confusion, nous pouvons revenir plus librement aux types classiques dont le médecin légiste ne doit; jamais perdre la vue.
La femme, irrésistiblement poussée vers les rôles en vue est
capable des actes les plus nobles et les plus opposés. En 1871, Le- ; grand du Saulle a retrouvé dans les brigades de pétroleuses d’an-
ciennes ambulancières, pleines de dévouement, au début du siège.
Intelligente et vive, elle ment comme elle respire, mais suggestible à l'excès, il lui arrive souvent de prendre son histoire pour la réalité et de croire à ses propres inventions.
Les conséquences sont singulières et parfois désastreuses. On connaît l’histoire de cette femme qui s’accusait elle-même, par désir d'aller en cour d'assises. a
Üne autre, fille du général x. . commandant l'École de cavalerie de Saumur, en 1834, accusa faussement de l'avoir violée, un jeune oflicier élève de l'École, La Roncière Le Noury. On la trouva une. nuit, râlant sur le carreau, un mouchoir serré autour du cou, la chémise tâchée de sang, etc... L'avocat, M° Chaix-d’Est-Ange, avec une sagacité remarquable souleva le doute et plaida l'hallucination chez l’accusatrice.
Le lieutenant La Roncière Le Noury condamné à 10 ans de se sion les subit à Clairvaux, et fut enfin réhabilité en 1849. Cet exemple est le plus connu, on pourrait en citer d’autres. I] est probable qu’à l'hystérie se joignait ici la dégénérescence mentale. / :
Extrêémement mobile, de tête et de cœur, l'hystérique a la conversation charmante et la passion vive, mais d’esprit primesautier, la disgrâce est aussi prompte. Les louanges exagérées font place aux plus noires inventions. La lettre anonyme devient son arme favorite.
L'hystérique dans le mariage, dit M. Brouardel, suit à peu près la même évolution. À peine mariée, son ravissement s'évanouit, elle se plaint d'être incomprise, et la vie se passe vis-à-vis du mari et des
- enfants en antipathies sans cause, avec de soudains retours d'affec-
tion, peu faits pour la tranquillité d’une famille. L'hystérique, en effet, cela a son importance médico-légale, agit
sans réfléchir, sous l'impulsion du moment. Nulle délibération 1 ne sépare la conception de l'exécution, se souciant fort peu des consé-
quences de ses actes, dont elle garde du reste le parfait souvenir.
Aussi, l'hystérique dont le propre est l’inconséquence, se compromet sans cesse par des actes et des propos bizarres, sans pour ( cela dépasser les dernières limites. — Comme l'enfant, elle ne voit que le.
moment. :
Le probléme de sa responsabilité doit se Fésoudre done manière
concrète, et ne le peut autrement. Tandis que la responsabilité d’une simple hystérique et l'irresponsabilité d’une hystérique aliénée, ne fait pas l’objet d'un doute, il n’en est pas de même dés mille états intermédiaires entre ces deux extrêmes. FE | Pendant la période convulsive, la connaissance ne disparaît pas complètement, et dans la pisse passionnelle, dans le délire qui peut précéder, suivre l'attaque, ou s’y subsistuer, si les idées violentes et
criminelles Re ct elles ne vont pas jusqu’ au délire d'acte. ,
M. Brouardel n’en connaît pas un seul exemple médico-légal.
La névrose simple, avec la dépression, les caprices, l'envie, les troubles psychiques élémentaires, ne compromet pas suffisamment la liberté morale pour en tenir compte. Car alors, l'hystérie serait un vrai passeport pour commettre tous les délits. Comme, d'autre part, elle exagère les passions, les émotions ; qu’une sorte d’hyperesthésie des centres psychiques, décuple et centuple ces phénomènes jusqu’à l'apparence de la simulation, qu'ils revêtent en tous cas une allure pathologique; il y a une question d'appréciation et de mesure à résoudre dans chaque cas particulier.
Le médecin légiste doit juger non sur une doctrine, qui serait fausse, puisqu'elle serait absolue, mais sur l'analyse de l'individu.
Dans la réalité, il est des distinctions importantes à établir entre hystérie simple et l'hystérie compliquée d’un état demi-pathologique quelconque. | |
La névrose seule, nous a semblé, à un point de vue très énbial, laisser suffisamment de conscience pour conclure à la responsabilité, — le mélange au contraire d'un état de puerpuéralité, de convalescence, etc., venant abaisser d’un degré encore une résistance déjà faible, est un crétérium d'atténuation.
La première observation que nous publions, à l'appui, est due à
(he
M. Brouardel, elle : se rapporte à une hystérique accusée de vol aux
‘étalages, où la névrose eut une exacerbation due à la lactation pro-
- longée, et qui conclut à l’atténuation de responsabilité.
Dans la seconde, nous avons choisi un cas complexe ; M. le D" Garnier a diagnostiqué une paralysie hystérique chez un débile
a intellectuel. Cette double tare entraîne une responsabilité Dre
FFE — « Cette femme, âgée de 24 ans, est. mt assez. È grosse, paraît intelligente, répond avec vivacité et précision aux ques-
tions qu’on lui pose, elle a l'aspect d’une enfant de 16 à 18 ans, elle en
à également la mobilité, passe au gré de son interlocuteur du rire aux
pleurs, subitement, sans phrase intermédiaire. Les documents contenus dans le dossier concordent avec ce qu’elle
nous apprend de sa vie.
Son père serait mort pthisique apres avoir fait des excès alcooliques, une tante maternelle serait morte à Ste-Anne après un séjour de 2 mois, sa mère vit encore et se porterait bien. |
Née à Paris, elle n'aurait pas fait de maladie grave avant son mariage, mais elle aurait été fort mal réglée. Les règles n'auraient paru que
deux fois dans sa vie, une fois avant son mAERge une seconde fois à
St-Lazare depuis son arrestation.
Mariée à 19 ans 1/2, la femme B... aurait eu Fe grossesses. La pre- -
mière grossesse se serait passée sans trouble notable de la santé. Le travail de l'accouchement aurait duré deux jours et se serait terminé
le 29 janvier par la naissance d’un enfant mort-né. De suite, après
l'accouchement, elle aurait eu des accidents utérins assez graves sur
= lesquels elle ne donne que des renseignements insuffisants ; ce qu'elle
affirme c’est qu'il y avait des douleurs, des pertes de sang abondantes
et continues qui l'obligèrent à garder le Jusqueu 17 mars, c’est-à dire pendant près de deux mois.
Après s'être relevée, elle était très faible et aurait eu quelques troubles intellectuels, pendant la seconde quinzaine de mars et le mois
. d'avril.
. Elle dit ele se croyait riché, elle ne semble pourtant pas avoir fait de dépenses exagérées ; elle aurait écrit à son beau-père deslettres absurdes, mais elle ne peut dire ce qu’elles contenaient, « puisqu'elle ne se souvient pas ». Enfin elle aurait été prise d’un besoin de marcher qui se serait traduit par des courses journalières mais identiques dans leur parcours : elle se rendait chaque jour au bord de la Seine, suivait l’eau toujours du même côté de la berge depuis le pont d’Austerlitz jusqu’au Point du jour. Quand on lui demande le but de ses promenades, elle hésite, n’affirme pas qu'elle ait eu ou n’ait pas eu l'intention de se
jeter dans la rivière, elle se débarrasse de la question en disant qu elle
«n’a pas trouvé un point où l’eau fût assez propre ». Dans la journée elle allait ensuite faire des stations assez prolongées à Notre-Dame-des Victoires, elle ne paraît pas pourtant avoir actuellement, ou avoir eu à ce moment des préoccupations religieuses très développées.
La femme B... déclare que vers la fin d'avril, elle serait complètement revenue à la santé, elle aurait repris ses occupations de travail chez M.G. son patron, chez qui elle aurait été ouvrière pendant 7 ans.
‘Elle affirme que celui-ci était content d’elle, qu'elle était ainfe dans la maison à cause de son caractère gai et doux. à
Vers le milieu de mars, deux ans après, elle devient de nouveau enceinte, la grossesse n’est troublée par aucun accident, son intelligence reste nette. Le 23 mai, enceinte de deux mois environ, elle perd son mari de la variole noire. Elle a ce même jour, sa première attaque de nerfs. Elle accouche de 14 décembre, et elle allaite son enfant, jusqu? au 28 mai 1881, pendant 17 mois 1/2.
Elle affirme que pendant tout ce temps, sa santé é été en son intelligence sans aucun trouble. Elle entre à la Pitié (salle Cruveilhier) parce que son lait la gênait, elle y reste 3 jours. L
C'est alors que commence d’après elle une période de temps pendant laquelle elle aurait été inconsciente de ses actes et pendant elle aurait fait un « tas de boulettes ».
Ce que nous savons par les renseignements contenus au dossier, c'est - que sans S inquiéter de son enfant, au lieu de rentrer au domicile convenu avec Sa mère, elle va demeurer à l'hôtel de l’ RASE rue de Chalons.
Les dépositions contenues au dossier la montrent d’une activité infatigable. Elle va dans un grand nombre de magasins, munie d'une lettre fausse qu’elle reconnaît avoir fabriquée, elle se fait remettre diverses marchandises, combine avec grandsoin un roman assez enfantin, réussit ‘à emporter les objets qu’elle commande, plus souvent elle voit ses combinaisons déjouées par les habitudes des marchands et renoncçant à la totalité des objets convoités qui doivent être livrés au domicile de la per- ‘sonne dont elle emprunte le nom, elle se contente de se faire remettre, sans les payer, des objets de peu de valeur, dont le prix sera soldé en même temps que la totalité de la facture.
Dans l’hôtel même, elle pénètre dans une chambre voisine, force une malle, enlève des obligations, les confie au restaurateur chez qui elle prend ses repas, est arrêtée au moment où elle va les réclamer. D'un caractère généreux, dit-elle, incapable de garder pour elle seule l’argent qu’elle possède ou qu’elle acquiert par des procédés si périlleux, clle propose à un jeune homme qu'elle a pris pour amant de lui donner une somme d'argent dont elle ne lui indique pas l'origine.
Elle engage d’autres objets également volés au Mont-de-Piété, solde avec le produit une partie des dettes qu’elle a contractées,
- En un mot, elle cherche à tirer profit de ses vols, elle n’agit pas comme les femmes désignées sous le nom de « voleuses de magasins »
qui, incapables de résister à la tentation de l'objet placé à l’étalage le prennent, l’emportent et parfois le déposent dans leur armoire sans même le développer ou songer à l'utiliser, |
La phase pendant laquelle la femme B... a volé ne semble pas d’ail-
leurs aussi limitée qu’elle l’affirme. Si l'or s'en rapporte aux pièces contenues dans le dossier, elle se serait, à une époque plus éloignée, déjà.
rendue coupable d’actes semblables. « J’ai eu comme ouvrière et demoiselle de magasin (dit le sieur G... déposition), il y a deux ans, la nommée B.. -
Depuis cette époque, cette employée va dans plusieurs magasins avec qui je suis en relations d’affaires et se fait délivrer en mon nom des marchandises qu’elle conserve.
Je n'avais pas cru devoir porter plainte, mais comme depuis un mois elle recommence de plus belle, je n’hésite pas à venir vous trouver. »
D’après la déposition du sieur G..… et de quelques marchands, le
29 août, elle aurait obtenu de la viande d’un boucher en empruntant le
nom de son patron. Le 6 novembre elle a fait une commande chez M. M...
de 200 francs de jouets d'enfants, et part en emportant sans les payer.
3 ou 4 francs de ces jouets, le 27 novembre même tentative, et elle emporte pour dix francs de ces jouets, le 3 décembre elle détourne des
objets de literie. Enfin, en janvier, elle se fait remettre encore par des. procédés analogues une valeur de 10 francs de jouets d'enfants.
Si ces dépositions sont exactes, il serait établi que bien avant la crise
de juin, la femme B... par des procédés analogues à ceux employés
plus tard, cherchait à détourner chez divers marchands des objets divers, le fait serait très important, non à cause de la valeur de ces vols qui sont d’une très mince importance, mais parce qu'il faudrait pour. la
‘ déclarer irresponsable, découvrir que dès cette époque cette femme
était malade. Or, ce point n’est établi par aucune déposition, Pendant cette période, de l’aveu de la femme B..., sa santé physique aurait été excellente, elle n’aurait eu sa seconde attaque qu’en juin, sur le boulevard Sébastopol, et cette attaque convulsive aurait été provoquée par la vue d’une femme qui venait de tomber elle-même dans des convulsions. Enfin, elle aurait eu une troisième attaque au théâtre, Au moment de son arrestation, la femme B... dit qu'elle aurait essayé de se pendre, puis qu’elle aurait eu une nouvelle attaque .de nerfs. ÉTAT ACTUEL.
tête est peu développée, mais régulière, les yeux sont vifs, les pupilles
égales, la mobilité est intacte, les muscles des lèvres, des joues, des.
narines ne sont pas atteints de tremblement fibrillaire. $ La sensibilité est profondément troublée, toute la peau du côté droit du corps est absolument insensible au touchér et à la douleur... Il en
Et
La femme B.. cst petite, mais bien conformée, la
du voile, et des nausées.
La surface cutanée du côté gauche semble peu sensible à la oies
est de même des muqueuses nasales, et conjonctivales droites. En tou- re chant avec un pinceau le côté droit du voile du palais, celui-ci reste: +2 FRERE DsRoue le AUEACAEUR e
insensible. La même expérience faite à
mais elle est sensible au toucher.
- Depuis son arrestation, la femme B... a eu presque hate jour des”
attaques d’hystérie convulsive, les unes ont été vues par nous-même, d'autres par les médecins etinternes de la maison St-Lazare... Ces attaques s'arrêtent par compression des régions ovariennes.
I1 suffit de clore les paupières avec les doigts pour qu'en.moins. d'u un.
instant la femme B... s’endorme d'un sommeil hypnotique, mais tout
se borne au sommeil, et ne provoque ni catalepsie, ni somnambulisme. Le sommeil naturel serait agité, la femme B..… déclare qu’elle dort
peu, il en aurait été de même d’ailleurs, à peu dis de tout temps. Elle parlerait en dormant, pousserait dès cris, aurait des cauchemars, ces affirmations sont confirmées par sa mère. ia
La mémoire sur les choses qui ne se rapportent pas aux actes ah:
tueux eux-mêmes est très nette, sur les choses et sur les intentions. Aussi bien alors qu'elle allaitait que pendant la crise qu’elle aurait subie,
— Elle avoue un certain nombre de vols, et s'accorde avec les témoins,. sur les détails. Elle déclare seulement qu’elle n'avait pas conscience de. ce qu’elle faisait. Cette assertion semble difficile à accepter lorsqu'on voit le soin avec lequel elle changeait de nom, empruntait pour faire ur dépôt au Mont-ce-piété le nom du propriétaire gravé sur la tabatière |
volée, etc.
Les tone affectifs paraissaient peu développés, ou au moins affaiblis, peut-être momentanément par les préoccupations de sa situa-
tion. On fait facilement pleurer la fille B..., mais ce n’est pas en lui pat r+ ant de son enfant. \ En résumé, la femme B...esthystérique. Cette maladie est caractérisée
parles attaques, par l’insensibilité de la moitié du corps, De la faenité
avec laquelle elle subit le sommeil hypnotique. Quelle influence cette maladie a-t-elle eue sur son état mental ? Les troubles notés après le premier accouchement ne paraissent être
survenus que deux mois plus tard, les troubles qui seraient survenus
après le second, n'auraient paru que dix-huit mois après, au moment du
sevrage, les troubles ne présentent pas le caractère de la folie puer-
pérale. | Is ne présentent pas non plus l’ensemble des trobies décrits sous le nom de manie hystérique.
IS auraient porté exclusivement sur les actes reprochés à la femme
Elle les aurait accomplis avec des moyens qui excluent la spontanéité impulsive, en combinant, assez misérablement d’ailleurs les procédés qui pouvaient lui assurer l'impunité.
Il n’est pas contestable qu'elle ait eu, au moment où elle se rendait - coupable de ces actes, notion que ces actes eux-mêmes étaient délictueux. è
Toutefois, il est juste de reconnaître que dans les ascendants de cette femme, on trouve un alcoolique, son père, et une aliénée, sa tante mater-. nelle. Nous avons pu constater dans sa conversation, aussi bien que dans ces interrogations, qu’elle prend sa résolution avec une instantanéité singulière, le moment de réflexion qui précède l'acte ne semble pas exister pour elle. L'idée est à peine conçue que l'acte est accompli ou l’aveu effectué.
Ce fait que l’on observe chez les individus restés enfantins par l'esprit, chez ceux qui sont dégradés par l'alcoolisme se retrouvent également chez les hystériques, dontchacun connait les résolutions bizarres et irréfléchies.
Or la femme B... est profondément hStériues il est FRE que la faiblesse causée par une lactation extrêmement prolongée a provoqué chez elle l’explosion d'accidents de cette maladie, peu prononcée jusque-là (convulsions, paralysie de la sensibilité). 1 semble qu'après la première couche, des troubles ayant te analogie se seraient déjà produits.
Il est logique d'admettre que ce défaut, cette absence de ré nion sur les conséquences de ses actes ont, chez cette femme faible et malade, singulièrement atténué l'importance qu’elle était capable d’attribuer à ses actions, et pour cette raison, il nous semble juste d'accorder dans une large mesure une atténuation à la peine que devraient entraîner les
actes commis pendant la période qui a séparé le sevrage et aise de la femme B..
HAT ER 10 La femme B... est actuellement atteinte d’une affection hystérique, caractérisée par des accidents convulsifs et une paralysie de la sensibilité d’une moitié du corps.
1° Cette malade a subi, à la suite d’une lactation prolongée, une exacerbation passagère et intense.
30 Cette maladie s'accompagne de troubles cérébraux, variables suis ‘vant les différents sujets. Ceux qui sont appréciables aujourd’hui par l’examen direct, et par l'étude du dossier, sebornent à une irréflexion, à
une soudaineté des décisions, qui excluent la notion précise des conséquences ultérieures de l’acte accompli, mais qui n’exclut pas, en fait, l'application plus ou moins complète de la valeur de l'acte lui-même.
1° Il est juste de considérer cet état de maladie comme atténuant dans une très large mesure la responsabilité des actes accomplis du 28 mai
au 25 juin 1881.
Mais ce serait, suivant nous, aller au delà des choses démontrables que de considérer la femme B... comme complètement irresponsable.
OBSERVATION II. — G.., âgé de 27 ans, valet de chambre, est un
homme de haute faille, d’un développement physique normal. Ila de fâcheux antécédents ; il a encouru trois condamnations pour escroqueries, il a aussi d’ailleurs des antécédents PAROBDEAUES SÉIASNAeRS nous devons nous étendre.
G... semble avoir toujours eu un esprit assez faible : sur les banes de
l’école de-son village, il acquit quelques notions élémentaires. À l’âge
de dix-sept ans il aurait été assez gravement malade à ce qu'il raconte ;
très nerveux, très impressionnable il eut comme des crises d’affolement; il voyait des animaux la nuit dans sa chambre, se croyait poursuivi par un loup. Il reçut à cette époque, les soins du Dr V.. qui le traitait pour «des fièvres de peur». À 19 ans, il est condamné à 18 mois de prison, pour vol de marchandises. A la prison de Fontevrault, il se
montra le plus indiscipliné des détenus. Les mesures les plus sévères
n'avaient aucune prise sur lui. La peine expirée, il dut se rendre aussitôt au régiment, pour y faire ses quatre années de service militaire. Il.
y était à peine depuis quelques mois qu’il était évacué sur l'hôpital militaire de Châlons où il fut traité pendant plusieurs mois. Quelle fut au juste, la nature de sa maladie ? par quels symptômes se manifestat-elle ? c’est ce qu'il nous est impossible de dire. Quoi qu'il en soit,elle aboutit à la mise à la réforme de G... Nous avons trouvé au nombre des pièces du dossier la mention officielle du fait, nous devons même ajouter que la note qui l’établit indique que G... a été réformé le 29 avril 1882 pour «idiotisme», terme sur lequel nous aurons à revenir tout à l'heure, L'état maladif qui lui avait fait obtenir son congé de’ réforme était susceptible d'amélioration plus ou moins rapide ; G..., en effet, affranchi du service militaire ne tardait pas à se placer comme valet de chambre
- il est à supposer que son aspect le recommandait assez, car il fut agréé
chez des personnages titrés; il restait néanmoins peu de temps en place, Il est malaisé de le suivre dans ses nombreux changements. En 1885, nouvelle condamnation à six mois de prison pour escroqueries. Il était, à ce moment, employé dans une maison de santé, à Blois ; il west pas ati de mentionner qu'il a été là en contact avec des aliénés.
En dernier lieu, G... était valet de chambre chez Mme Ja Csse de X... lorsqu'il commit un vol de couverts d'argent, au préjudice de sa maîtresse. C’est en essayant de vendre ou d'échanger ces pièces d'argenteterie, chez un bijoutier, qu’il éveilla les bn Erde de ce marchand qui prévint la police.
Dans les diverses dise qui figurent au dossier, Pétat mental de G.. n'est l'objet d'aucune observation: on ne parait pas avoir suspecté l'intégrité de ses facultés intellectuelles.
Au moment de son incarcération à Mazas, Vinculpé n'avait donc aucunement les apparences d’un en Mais presque aussitôt son arrivée, il fut pris d'accidents qu'il déctara être les mêmes que ceux
dont il avait déjà été atteint au régiment. « Ça ma pris, dit-il, par un’
froid, un frissonnement et un engourdissement; d’ailleurs, depuis plus de trente jours, je me sentais mal; je voyais tauJours des choses qui me faisaient peur; j'avais toujours la crainte qu’on me fasse du mal. Maintenant je suis tel que j'étais au régiment où les deux médecins
aliénistes m'ont réformé pour ramollissement aigu du cerveau : es
comme en ce moment, tout le côté gauche paralysé.»
: Lors de notre première visite, nous avons trouvé G... au lit; il lui est impossible de bouger, nous dit-il; il se lamente au sujet de son Côté paralysé dont il ne peut aucunement se servir; il répond sur un ton larmoyant à nos quéstions, se déclare bien malheureux, manifesté la
crainte de rester infirme toute sa vie et implore la pitié des médecins.
Son langage est quelque peu enfantin ; son attitude humble et suppliante est empreinte d’exagération et fait naître des doutes sur sa sincérité dés le premier abord.
Cette hémiplégie ainsi développée, l'absence de symptômes g généraux concomitants, — il n’y avait ni fièvre, ni accélération de la respiration, ni altération de la physionomie, — tout nous prescrivait une prudente réserve, une recherche minutieuse, un contrôle attentif avant d'accepter comme réels les phénomènes paralytiques que nous avions sous les yeux
-En explorant les membres sigualés comme privés de mouvement,
‘nous constatâmes, tout d’abord, qu'ils n'étaient le siège d'aucune » [e]
contracture ; linertie musculaire, est à leur niveau, complète, absolue :
l'impuissance motrice est aussi accusée que possible ; lorsqu'on soulève
la jambe ou le bras, ils retombent RIRE c'est une paralysie s
flaccide.
La sensibilité est nulle: on peut traverser non Lsifiomient la peau, mais les masses musculaires dés membres du côté gauche, sans provoquer la moindre réaction douloureuse. Il est à noter que ni l’hémiplégie, ni l’hémianesthésie ne s'étendent è la face, la motilité et la sensibilité sont intactes à gauche comme à droite.
- En consultant l’acuité des sens spéciaux, il est facile de s’assurer que
ceux-ci participent à la paralysie ; il y a hémianesthésie sensitivo-senso-
rielle gauche,
La percussion des tendons rotuliens montre une exagération des
réflexes tendineux : celle-ci est un peu moins accentuée à gauche qu’à droite. Les pupilles sont égales. On ne constate rien d'anormal à l'auscultation du cœur et des poumons.
Le sommeil est bon et l'alimentation se fait bien; il y a conservation de l’ embonpoint, :
Si de l’état physique nous passons à l'é ‘tude de la situation intellectuelle de G... nous voyons un homme dont l'esprit est évidemment faible, mais qui ne manque cependant pas autant d'intelligence qu'il voudrait le faire croire : il se rend compte de l'inculpation qui pèse sur