FM PA
lui et il n’est pas dépourvu de mémoire et de discernement. Il est certain que pour l'instant présent, il ne saurait être considéré comme atteint d'idiotisme, diagnostic qui lui a été appliqué au régiment.
L’idiotie est un état congénital ; elle est à ranger parmi les infirmités originelles de l'esprit; c’est dire quelle est incurable; comme on la dit, l’idiot est un pauvre qui n’a jamais rien pe par opposition au dément, riche devenu pauvre!
Il semble bien que G... a eu, étant au service militaire, des accidents nerveux analogues à ceux dan nous avons été témoin ; mais nous ne saurions admettre qu'il en soit résulté un état d’idiotie. Outre que ce terme est quelque peu imprepre pour qualifier un affaiblissement mental, il est certain que ce n’est pas un idiot qui aurait trouvé à se placer comme valet de chambre, dans les maisons où il s'est fait accepter. Pour nous, G.. est un débile de l'intelligence, sujet à des accidents nerveux d'interprétation assez difficile. Son hémiplégie, que, d’après un contrôle attentif, nous avons reconnue comme réelle, n’est pas la conséquence d’une lésion organique cérébrale; nous pensons qu’elle est à ranger parmi les paralysies nerveuses, liées à des troubles névropathiques complexes; elle présente la plupart des caractères attribués par M. le professeur Charcot aux hémiplégies d’origine
hystérique. Elle peut disparaître comme elle est apparue. La clinique
a depuis longtemps démontré que tout est surprise dans ces sortes de phénomènes, dont la réalité n’est cependant pas contestable. 3
CONCLUSIONS. — 1° G... est atteint de débilité mentale. Il a été atteint d'accidents nerveux, il y a six ans, dont la conséquence a été de le faire réformer du service militaire.
2° Depuis son arrestatio, il a été frappé d’une attaque d’hémiplégie gauche compliquée d’hémianesthésie sensitivo-sensorielle. Cette hémiplégie revêt les caractères des paralysies hystériques, Re dispa. raissent souvent d’une manière instantanée.
30 En raison de ses antécédents pathologiques et de son faible niveau intellectuel, il y a lieu de considérer sa responsabilité pénale comme fort restreinte, mais nous ne sommes pas en droit de déclarer qu'il était au temps de l’action incapable de discerner la portée de ses actes.»
Neurasthénie. — La neurasthénie n’a pas encore été invoquée comme excuse, au banc de la défense, ou du moins, il nous a été impossible de découvrir un vestige médico-légal. Mais nous ne sommes pas éloignés de croire que la question soit un jour soulevée au point de vue criminel. |
Le neurasthénique se caractérise par la fatigue avant d' avoir fourni un travail, et il s'agit moins de faiblesse que d’une exagération mor= bide de la senselion de fatigue.
‘ Les mouvements ne sont pas seuls atteints, les phénomènes
- intellectuels dans tous leurs modes, peuvent en ressentir l'influence amoindrissante. PA
Cette faiblesse, ou plutôt, cette hyperesthésie désagréable vient peut-être d'un épuisement précoce, mais à coup sûr elle n’équivaut
pas à l'épuisement proprement dit.
__ Congénitale ou acquise, elle a pour causes principales l'hérédité, Je surmenage, les traumatismes, etc. Notre intention n'est pas de discuter ici, ni d'en rapporter tous les symptômes avec les travaux de M. Bouchut sur le nervosisme, de Beard, Benedikt, Charcot, dont récemment, le D" Levillain a propagé la vulgarisation et continué l'étude (1).
Il importe de ne pas considérer à la neurasthénie un tout complet,
unensemble desymptômes identiques, car souventelle change d’aspect, ou se spécialise à certains centres. La valeur intellectuelle, morale, subit une altération continue ou passagère, dont le degré est variable, Benedikt a insisté sur ces formes momentanées qui réapparaissent de temps en temps, sa psychologie des rechutes a pour base la neurasthénie épileptoïde, dans le sens de Trousseau, c'est-à-dire passagère. |
Par une apparence contradictoire, le neurasthénique qui est un aboulique, sans plus de réaction aux sensations du dehors qu'aux impressions innées du dedans, est toujours influencé par le milieu, les causes climatologiques et physiologiques; d'autre part, il présente une irritabilité, qu'on peut appeler comme Krishaber faiblesse exci-
table. Il semble que depuis l'enfance, sa volonté ait subi une multitude d'échecs répétés, qui l'ont dégoûté, perverti, annihilé et l’absence
de tout combat moral, dont il a conscience, résulte d'une sorte de philosophie pratique basée sur le sentiment pénible de la lutte et du contrôle moral.
Cette impuissance est-elle l'élément qui développe instinctivement l’état de vagabondage, la question serait intéressante et le professeur Charcot l’a posée : Est-ce le vagabondage qui conduit à la neurasthénie, ou inversement celle-ci qui conduit au vagabondage ? Benedikt penche pour le dernier terme du problème, qui n’est pas résolu. Le
{1) D: LeviLLaIn. La neurasthénie. Librairie Maloine. Paris.
DESERT at ee CCE ET en LUN TN OS FA STOMIES ï PR AS
thème est neuf, et la clinique seule fondera la médecine légale de cette manière d'être. to ar
Le neurasthénique est, avant tout, un passif, il nous semble donc que les actes dont le code peut lui itandes raison, seront plutôt des délits ou des contraventions. Le crime est en quelque sorte au-dessus de lui. Pour être un assassin, un voleur avec les complications pré= vues par la loi, — il faut agir. Dans une bande, le neurasthénique sera dé préférence complice pendant que les autres frapperont, et s'il est seul à répondre d’un fait qualifié crime, ce sera moins, si je puis rendre ainsi ma pensée, pour un acte par a ee poir un Ge par omission. 5
Il est doit d'échafauder une théorie dans le vide, quand le terrain des faits manque, car le médecin légiste doit mesurer par Findi-
vidualisation, sans formule préconçue, ni théorie abstraite.
Cependant, il est permis d’écarter de suite l’irresponsabilité abso=
lue. La torpeur morale, ou l'irritabilité maladive du neurasthénique,, s'il est intelligent, ne suflisent pas à aliéner la connaissance de ses actions — au surplus, si il y a faiblesse des facteurs de résistance, ily a aussi faiblesse des impulsions. Certains cas seulement, entraîneront peut-être une atténuation de responsabilité, surtout par l'association, sans pour cela former un hybride, d’un accident physiologique, d'une
diathèse ou d'une des nombreuses variétés nerveuses dont la neuras-
thénie est, en quelque sorte, le moindre degré, l'embryon et le centre.
. SÉNILITÉ. — L’involution sénile est un phénomène physiologique. En dehors d'une diathèse et de la maladie, le vieillard se modifie et revient sur lui-même, l’encéphale diminue de volume et de poids, les circonvolutions s’atrophient, « Senectus ipsa morbus ». Mais tout arrive par degrés, par une infinité de changements, et la solidarité physique et mentale est étroite. ÿ
Parfois, la décadence générale de l'individu n’est pas suivie d'une décadence parallèle de l'intelligence, l'esprit reste insenescible, suivant le mot de Lortat qui fut Li de aux derniers jours, la preuve vivante de cette exception.
- Les ans ne donnent pas toujours la mesure de la vieillesse, « on à l'âge de ses artères », disait justement Cazalis, on à l’âge de ses organes, pouvons-nous ajouter, car l'amoindrissement de l'organisme peut être partiel et inégal.
RE Et