‹ De la Responsabilité Atténuée Étude Médico-LégaleChapitre 43 sur 52 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Î Considérations juridiques.

À. — Droit de punir et Enfants moralement abandonnés. B. — Droits de défense sociale et Code pénal actuel.

A. Drorr DE punir. — Sans disserter sur ses origines et ses conséquences, nous demandons seulement jusqu'à quel point la société peut y prétendre ? N'a-t-elle rien à se reprocher ? Si la question paraît en dehors de notre cadre, elle nous semble au contraire y rentrer pleinement. Notre œuvre avant tout médicale, est un chapitre de pathologie sociale, relevant donc des procédés ordinaires d’étiologie et susceptible d'une thérapeutique appropriée.

En face d’un sujet, porteur d'une diathèse originelle, que fait le

médecin ? Un jour, l’évolution lente de cette prédisposition naturelle amènera telle ou telle maladie, comme en nosologie, Point de baptême pour purifier l'organisme souillé, rien ne peut agir contre cette tare qui vient des parents et remonte souvent à plusieurs généra-

tions.

{Le malade serait victime, si certaines conditions n'étaient en général nécessaires à la maturité du germe caché. Dès lors, la médecine n’est plus inerte, elle va combattre utilement, fixant les lois d'hygiène, déterminant l'influence des climats, du régime et du traitement. En un mot, luttant pour la vie contre le milieu.

Maintenant, jetons un coup d'œil sur l'ensemble, des demi-responsables. Parmi eux, une catégorie de dégénérés ne nous paraït-elle point relever des mêmes influences ? Nous voulons parler des jeunes criminels amoraux, dont le nombre et la précocité augmentent chaque jour. [ls passionnent le psychologue, déroutent les moralistes et font hésiter le législateur. Leur souche et celle.des enfants assistés

futurs responsables atténués, quand la maladie, les accidents viennent

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ne diffèrent pas sensiblement. Ils sortent, en général, les uns et les autres de la population malheureuse des grandes villes — — la misère, trop souvent est une porte ouverte aux vices PIS re RD L'hérédité morale s'accouple à l’hérédité physique. Les générateurs SECTE gravitant sur le dre Dee Pare ; Are, syphilis, nee Du lisme. LE È RENE NRA ARLES Un certain nombre d’entre eux, est encore édito plus c compromise. Le milieu d’où sortent alors ceux-ci, et où ils vivent, fournit‘ à profusion toutes les conditions nécessaires au rapide épanouissement des promesses héréditaires. Où prendraient-ils donc les notions de Es bien, du mal, si différentes de peuple à peuple, parfois d'homme à homme ? L'éducation qui tempère la nature humaine dans ses mami-

festations originelles, leur est plus nécessaire qu'à tout autre, CIRE ARS

sont seuls à en manquer totalement. N'est-ce pas une pépinière 2 OT

se greffer à ces éléments impurs.- DAS 2 E L'extension de la loi sur les enfants D abandonnés, LÉ dont la récente initiative est due à l'honorable M. Roussel, au Sénat, par une application large et bien entendue ne serait-elle pas un remêde, un moyen de prophylaxie s’attaquant à la cause? La société y gagne- SES 58 4 rait au point de vue économique des forces inutilisées jusqu'alors, la ES médecine ne resterait plus impuissante devant les effets auparavant irrémédiables. À | FA Pourquoi laisser des droits de famille à des Daronts qui n'encom- Que prennent pas plus les devoirs qu'ils ne les appliquent. Depuis long- | temps, l’Assistance publique fait élever à la campagne, dans les familles de paysans ses enfants trouvés, délaissés ou orphelins. |: CURE C BTP trouvent jusqu'à 21 ans, au rude labeur des champs, la pâture morale ns comme la pâture physique. Filles et garçons se régénèrent et rarement un écho lointain de leur mystérieuse origine vient troubler l’excellence des résultats obtenus. x Nous ne croyons pas insister trop longuement, car te moment psy- LC OR RTESS chologique est de courte durée. Plus tard, il est trop tard. L’amélioration, la réhabilitation sont pour eux, un vain mot. Au congrès des criminalistes de St-Pétersbourg, en 1890, une voix s'élevait en faveur des malfaiteurs invétérés : « Il n’y a pas d'incorrigibles, il n'y a que des incorrigés! » Cri sentimental et impuissant, à moins de

l'entendre en notre sens.

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