Commentaires aux coutumes du Bourbonnais, page
contre, il est responsable de sa faute ». Quoiqu'il soit vrai, dit Domat (1), qu'on ne doive pas imputer aux médecins la mort de leurs malades, ils doivent répondre des maux qu'ils causent par leur ignorance, et le prétexte de faiblesse humaine ne doit pas empêcher qu’on ne punisse ceux qui trompent les hommes dans un tel péril qu'est celui de la vie ». La plupart des jurisconsultes des derniers siècles ont adopté cette manière de voir. Quelquesuns, pourtant, distinguent entre les chirurgiens et les médecins. Ainsi Ferrière : « On condamne en justice un chirurgien à des dommages et intérêts envers celui qu'il aura estropié par impéritie. Mais pourquoi donc les fautes que commettent les médecins en ce qui regarde la médecine qu'ils professent, demeurent-elles impunies ? C'est que suivant l'opinion de bien des gens, la médecine est un art conjectural » (2). Et Serres : « Les chirurgiens sont responsables de leur ignorance quand ils viennent à blesser ou à estropier quelqu'un, quoiqu'il n’en soit pas de même des médecins, parce qu’il est difficile de juger s'ils ont failli par ignorance, à moins qu'il ne parut y avoir du dol ou malice, ou
4. Lois civiles, tome IT, titre XVII, section Il, paragraphe 40. 2. Dictionnaire de droit : mot : Impéritie, tome II, page 6.