AGREE
Le secret médical est obligatoire, quel que soit l'intérêt particulier attaché à sa divulgation. Telle est la règle. Aucun intérêt spécial ne saurait dépasser l'avantage que la société retire de l’application de cette règle bienfaisante. Et puis la loi est la loi « Nul n’est assez sûr de lui-même, a dit M. Bruno Lacombe, pour mettre sa conscience à la place de la loi » (1). Supposez que le père d’une jeune fille sur le point d’épouser un jeune homme atteintd’uneinfection héréditaire, vienne interroger le médecin de son futur gendre, etlui demande conseil sur le mariage projeté. Malgré les désastreuses conséquences à venir, l'homme de l’art ne doit pas exprimer son opinion. Il ne doit même pas empèêcher ce mariage, par un moyen détourné. Ce serait trahir la confiance de son client. Nous ne pouvons souscrire à la théorie de M. Brouardel (2), qui recommande au docteur d'émettre dans ce cas des suggestions d’ordre général, de montrer au père les points noirs de cette union, et de chercher à arrêter les démarches, sans livrer cependant le secret de son malade. Ne le livre-t-1l pas
1. Discours prononcé à l’audience de rentrée de la cour de Bordeaux le 16 octobre 1885.