LES ÉPILEPTIQUES
importantes, ou bien de lésions non accessibles à nos moyens actuels de constatation, constitue ou produit un ensemble psychologique, si non perpétuellement défectueux, du moins pouvant à chaque instant être profondément troublé. Dans ces conditions-là, qui peut affirmer la liberté morale chez l'inculpé reconnu épileptique? A coup sûr personne ne conclurait ainsi maintenant. Les notions que nous possédons sur les diverses opérations cérébrales qui constituent la psychologie nous forcent à dire que Tensemble des fonctions intellectuelles est toujours altéré chez les épileptiques, quelque longs que soient les laps de temps qui séparent deux accès Tun de Tautre, et quelque légers que soient ceux-ci.
De deux choses Tune en effet : ou bien Tépileptique est constamment conduit par un cerveau défectueux, et dans ce cas, son caractère et ses habitudes sont absolument étranges , par conséquent les actes délictueux commis par les malades de cette catégorie reconnaissent uniquement pour cause leur défectuosité cérébrale ; ou bien Tépileptique, sauf au moment de ses accès, est semblable à la généralité des hommes , raison-
56 RESPONSABILITÉ CRIMIIIELLE.
nant juste et même pouvant avoir des conceptions géniales, il semblerait que chez ceux-ci le cerveau n'est réellement malade qu'au moment des accès. Quand les malades de cette catégorie commettent un acte criminel, ils Teffectuent d'ordinaire dans des circonstances telles qu'il est facile de voir que le coupable a obéi à une impulsion irrésistible, que par conséquent il est irresponsable, ayant agi comme une espèce d'automate mû par un mécanisme implacable, seule et unique raison de son mouvement. Par conséquent dans les deux cas l'épileptique doit bénéficier du dispositif de l'article 64 du Code pénal : « Il n'y a ni crime ni délit, lorsque le prévenu était a en état de démence au temps de l'action, ou a lorsqu'il a été contraint par une force à laquelle « il n'a pu résister. »
Je me suis longuement étendu sur la responsabilité des épileptiques, et sur les diverses phases par lesquelles la conception de leur état mental a successivement passé. Nous aurons, dans le courant de ce travail, l'occasion de nous expliquer sur l'analogie étroite qui existe entre les épileptiques et les criminels, sur les ressemblances qu'ils présentent, et nous verrons que