‹ De la responsabilité criminelleChapitre 31 sur 46 · CE QUE DEVIENNENT LES CRIMINELS · texte numérisé non relu

CE QUE DEVIENNENT LES CRIMINELS

Il semble au premier abord que ce chapitre tel qu'il est intitulé n'a rien à faire dans l'étude de la responsabilité criminelle. Cependant il est facile de comprendre qu'il complète l'étude de la physiologie du criminel. En le suivant après sa condamnation, on peut voir si la maladie mentale, que l'on a soupçonnée être en lui, s'accentue et se donne carrière, s'il ne continue pas à se conduire comme un homme qui ne jouit pas de la plénitude de ses facultés, enfin si l'acte pour lequel il a été condamné a laissé dans son esprit des traces bien profondes. Il est bien positif que l'état sain ou morbide du cerveau ne peut se révéler que par l'observation du fonctionnement de cet organe. Il faut donc étudier avec soin comment cet organe a fonctionné pendant la vie antérieure du criminel et comment il se comportera après

toi RESPONSABILITÉ CRIMINELLE.

la condamnation. A tous ces titres ce chapitre complétant l'étude physiologique du délinquant, nous parait être nécessaire, car il fournira ^]uelques notions qui permettront d'établir, après coup si Ton veut, si la responsabilité existait réellement, ou si elle n'existait pas.

Qu'ils appartiennent à l'une ou à l'autre des catégories que nous avons indiquées, les faux criminels font partie d'un groupe nettement pathologique, car leur état morbide est déterminé ou bien par une lésion anatomique, matérielle de l'encéphale, ou bien il consiste en un état Cérébral absolument perturbé, sans que nos moyens actuels d'investigations nous permettent d'en reconnaître la cause. L'épileptique ou le fou dans le cerveau desquels on ne peut relever aucune lésion apparente, n'en sont pas moins des malades, tout aussi bien que ceux chez lesquels une compression de la substance cérébrale ou une encéphalite diffuse déterminent des accidents analogues.

La comparaison de faux criminels avec les épileptiques est plus juste, quand on y réfléchit, qu'il ne le semble au premier abord. Entre ces deux malades il existe d'abord une première similitude tirée de l'état anatomique du cerveau,

ÉPILEPTIQOES ET CRIMINELS. 295

Tune et Taulre maladie relevant quelquefois d'une modification spéciale, mais invisible, transmise par riiérédité aux cellules nerveuses. En second lieu, l'épileptique comme le faux criminel peuvent pendant un temps plus ou moins long conserver leur maladie à l'état latent, celle-ci se révélant par des symptômes non douteux, dont les apparitions peuvent être séparées par des intervalles plus ou moins longs, quelquefois même se prolongeant pendant des mois et des années. Tous les médecins et nous en particulier avons été assez souvent témoins de véritables crises d'épilepsie évidente, se produisant sous nos yeux avec une netteté, un tableau complet de tous les symptômes qui précèdent ou qui suivent Tatlaque, aphasie, tendance à fuir, hébétude, morsure de la langue, état vertigineux ou subvertigineux, etc., etc. Et cependant les malades restent parfois de longues années sans avoir rien de semblable, sans avoir rien qui les constitue à Tétat de petit mal. Nous avons vu des malades qui, surveillés exactement par des mères, ou des épouses intelligentes et dévouées, mises au courant de nos appréhensions, n'ont plus jamais présenté rien qui rappelle la première crise dont

rapparition nous avait si fort et si justement alarmés. D'autres, après une première atteinte, restent des cinq ans, huit ans, dix ans sans rien présenter d'anormal. Ce sont là des faits encore assez fréquents, et pour notre part nous en pourrions citer plusieurs exemples. Troisièmement, le caractère et les sentiments sont dans l'immense majorité des cas modifiés, aussi bien chez Tépileptique que chez les faux criminels. Quatrièmement, chez les uns et chez les autres, dans les intervalles qui séparent deux crises, deux manifestations typiques de leur maladie, on peut observer, et on observe en effet, des modifications cérébrales encore assez sensibles, constituant l'épileplique en état de petite épilepsie avec son cortège habituel, se révélant chez le faux criminel par Taccomplissement de certains actes soit simplement délictueux, soit indélicats, soit étranges, qui sont au crime, ce que le petit mal est à Tépilepsie. Cinquièmement, on remarque chez Tun et chez l'autre, le même automatisme, la même impulsion, contre laquelle la volonté déjà malade du fait de la névrose ou du fait de la psychopathie, est absolument et radicalement impuissante. Sixièmement, la découverte d'Otlolenghi dé-

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