ÉPILEPTIQUES ET CRIMINELS
montre que chez Tun et chez Taulre Taire visuelle est altérée cTune façon absolument identique.
Si nous voulions pousser plus loin Tanalogie, nous dirions que les uns et les autres reconnaissent la même origine et aboutissent souvent à la même terminaison. L'origine est la même, et cette assertion ne comprend pas seulement le grand fait de Thérédité, mais elle signifie que dans le processus héréditaire, les mêmes causes produisent également, presque indifféremment Tépilepsie ou le crime. L'alcool par exemple se traduit en hérédité soit par des criminels, soit par des épileptiqucs. Le rachitisme et la scrofule, par les déformations osseuses qu'elles produisent sur les os du crâne, peuvent aboutir soit à Tépilepsie soit au crime. L'hérédité inverse se montre aussi souvent; c'est ainsi qu'un épileptique peut avoir dans sa descendance des criminels, comme un criminel peut engendrer un épileptique, et que tous les deux peuvent avoir des enfants qui seront ou des fous ou des dipsomanes, des alcooliques, des déséquilibrés, jusqu'à ce que la stérilité, qui est l'aboutissant fatal de toutes les dégénérescences, vienne anéantir de pareilles familles qui sont le fléau de la société. Ces faits de l'al-
ternance dans une même lignée de Tépilepsie, du erime et de la folie, ont été mis hors de doute par les travaux de Moeli (1) et par ceux de Sichart(2). Enfin la terminaison et Taboutissant mllime est également le même pour les deux cas ; Tépileptique finit généralement par la folie, et, comme nous le verrons, il en est très souvent de même pour le criminel.
Ainsi donc il existe entre ces deux états des analogies très grandes, quelle que soit Tépoque de ces deux maladies où on les compare entre elles. Ce sont en effet deux manifestations difféïentes d'une maladie cérébrale qui peut être semblable, deux modalités d'une lésion qui peut être identique ; et Ton peut hardiment affirmer que si Tépileptique est toujours à la veille de devenir un faux criminel, certains faux criminels ne sont autre chose que des épileptiques du sen-
iiment.
D'après ce que nous avons dit précédemment, ee n'est que dans les prisons que nous pouvons aller chercher des renseignements sur ce que
(1) Moeli, Arch, de psychiat.y XII, 4.
(2) Sichart, Sur les facteurs individuels des délinquants. Arc/t, de Lislz^ isîlO. Marbourg. *