FOLIE
deviennent les criminels, puisque les habitants de ces établissements, sont les seuls auxquels on puisse légalement donner le litre de criminels. Nous avons déjà formulé à ce sujet toutes nos réserves, nous n'avons pas à y revenir. Aussi bien les constatations faites en ces endroits sontelles encore assez curieuses.
Il n'est pas rare de voir dans les prisons survenir des cas de paralysie générale. C'est le début de la maladie qui a conduit et poussé au crime le malheureux qui plus tard est envahi par la terrible encéphalopathie. La maladie qui après la condamnation se montre avec son cortège habituel de symptômes, vient clairement indiquer à quoi est dû le crime et proclamer la complète irresponsabilité de celui qui Ta commis.
Il faut aussi noèer que dans les prisons, les cas d'aliénation mentale sont de beaucoup plus fréquents qu'ils ne le sont dans la masse des gens qui vivent en dehors. La proportion est toujours beaucoup plus considérable parmi les détenus. Vainement on a voulu faire intervenir comme facteur déterminant, les émotions morales, ou bien encore le système pénitentiaire mis en usage. Ce serait la vie d'atelier et la promiscuité, qui pro-
duîraîent la folie, d'après les partisans de T emprisonnement cellulaire, et ce serait précisément ce système cellulaire qui en serait le facteur, d'après ceux qui tiennent pour la vie en commun des détenus. La question nous paraît tranchée par l'opinion du D' Jacquemin, qui repose sur cinquante années d'exercice comme médecin des prisons : « La folie n'est pas déterminée par tel système plutôt que par tel autre, mais par des circonstances inhérenles au prisonnier lui-même. » Et cette conclusion est également celle du D' de Beauvais, son successeur. Il n'y a donc pas à en douter, si le détenu devient fou, cela est dû uniquement aux conditions qu'il présente lui-même, et sachant ce que nous savons de son anatomie et de sa physiologie cérébrale, nous sommes en droit de dire, que là est uniquement le grand facteur des cas si fréquents de folie éclatant dans les prisons, ainsi que le démontre la statistique. Si l'on ajoute à cela que les suicides et les tentatives de suicide sont infiniment plus fréquents dans les prisons que dans la vie ordinaire, et cela malgré la surveillance, malgré le peu de choix que l'on a dans les moyens de mettre fin à ses jours, ce qui impose en quelque sorte la pendaison à tous ceux