‹ De la responsabilité criminelleChapitre 36 sur 46 · RÉCIDIVES · texte numérisé non relu

RÉCIDIVES

actes délictueux, c'est que ces cerveaux sont de telle nature, de telle composition physico-chimique, de telle modalité en un mot, qu'il leur est impossible de ne pas perpétrer des actes de ce genre, ces actes étant une conséquence de leur constitution. Tout le monde sait que Tes hystériques sont menteuses, théâtrales, vaines et dissimulées, que les épileptiques sont violents, emportés, querelleurs et versatiles, personne ne 8*étonne qu'il en soit ainsi, et on comprend que c'est bien leur état cérébral, qui détermine chez eux de pareils sentiments. Pourquoi ne pas convenir également, que c'est à cause d'une modalité encéphalique spéciale, que les criminels sont ce qu'ils sont?

Tout ce pénible malentendu repose uniquement sur une idée fausse. Pour envisager la plupart des criminels comme irresponsables, il faut les considérer comme des individus dont le cerveau est malade ; et comme le langage des gens du monde a une tendance invincible à donner un qualificatif à tous les états, quelque peu défînis qu'ils soient, il faut les considérer comme des fous. Or, pourlesgcnsdumonde, quelles que soient du reste leur éducation et leur culture intellec-

luclle, ridée de folie éveille immédiatement le tableau dramatique de la manie aiguë, cris, vociférations, actes extravagants, fureur violente et incohérente, et agissements qui semblent n'être réglés par aucune idée raisonnable.

Par conséquent, tout ce qui indique chez le criminel une préméditation, un plan plus ou moins bien conçu, et surtout un système de défense plus ou moins habile, est pour les gens du monde, un indice certain de Tabsence de toute maladie cébrale, de toute folie. C'est là une idée fixe, enracinée, héréditaire, de la grande majorité, et il faudra certainement de longues, de très longues années avant que la vérité puisse se faire jour.

Morel cité par J. Cotard (1) raconte l'exemple d'un professeur dont le premier soin en se levant élait d'observer ses urines et d'examiner au microscope ses déjections. Après ces premières investigations, il procédait à l'analyse des aliments qu'on lui apportait, pour voir s'ils ne contenaient aucune substance délétère. Avant de se rendre à la chaire qu'il occupait dans le haut en-

(I) J. Cotard, Did. encyclop. des se, méd,y 4" série, t. III, p. 291.

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