‹ De la responsabilité criminelleChapitre 42 sur 46 · JURY DE RESPONSABILITÉ · texte numérisé non relu

JURY DE RESPONSABILITÉ

son acquittement, malgré ses aveux complets, malgré les charges lesplus accablantes et les plus précises. C'est qu'en effet il est dur pour un homme consciencieux, d'envoyer au bagne uu individu qui peut-être est un malade. La justice serait incontestablement mieux rendue, si le jury était assuré qu'après son verdict, un autre jugement devrait intervenir, qui fixerait d'une façon définitive la part de responsabilité qui devrait être attribuée à l'accusé. Dans ces conditions-lù, le premier jury n'aurait pas à sortir de ses attributions, et n'aurait à s'occuper que de la constatation matérielle, de la participation de l'accusé à Tacte qui lui est reproché.

Le verdict du jury de responsabilité, aurait pour conséquence non pas la mise en liberté du condamné reconnu irresponsable, mais sa séquestration dans un établissement spécial, où il serait soigné comme un malade, et non plus jeté dans l'horrible promiscuité de la prison. La société continuerait à maintenir séparés du reste des citoyens, ces malheureux qu'une force irrésistible a poussés au crime. Ainsi tout serait remis en sa véritable place, et les malades no seraient plus astreints à la vie de prison avec toutes ses consé-

quences pour le condamné et pour sa famille.

Ou frémit à la pensée de ceque doit être la vie de prison pour un homme qui n'est qu'un malade et non pas un véritable criminel! Ce n'est certes pas là qu'il peut trouver les soins que réclame la maladie mentale dont il souffre. En France^ nous avons depuis peu de temps aboli les châtiments corporels pour les prisonniers, mais nous avons conservé comme vestige de cette barbarie, le cachot de pénitence, endroit horrible dans lequel le condamné peut être laissé trois mois, et la chambre de discipline, qui consiste à réunir les prisonniers punis sous la surveillance de plusieurs gardiens dans un local où ils sont tenus de marcher à la file, depuis le lever jusqu'au coucher du soleil, la marche étant interrompue toutes les demi-heures par un repos d'un quart d'heure durant lequel les condamnés sont assis, mais doivent conserver l'immobilité la plus complète. Cette punition tire son efficacité de l'exercice ou plutôt du harassement moral causé par la monotonie des exercices (Merry Delabost). L'Angleterre et la douce Allemagne ont conservé la bastonnade à l'usage des prisonniers, et la dernière de ces deux nations, condamne ses détenus soit à la

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