CHATIMENTS CORPORELS
torture de la chaise de force, soit à la chambre lattée, dans laquelle le détenu en bas de coton marche sur un plancher composé de lattes à trois coins, sans pouvoir jamais s'asseoir, se reposer ou s'appuyer. On s'imagine facilement ce que doit souffrir un malheureux, qu'un désordre menlal quelconque a fait condamner.
Une autre conséquence du fonctionnement sérieux du jury de responsabilité, serait la création* de maisons de santé spéciales, dans lesquelles on soignerait dans la mesure du possible, les faux criminels, et danslaquelle on conserverait ceux qu'une malformation cérébrale congénitale ou acquise condamne pour le restant de leurs jours, à ne posséder jamais qu'uncerveau inférieur, avec tendance aux actes criminels ou délictueux. Ces malheureux devant être absolument et pour toujours séquestrés. Dès le moment qu'une certaine conformation cérébrale, ou une manière d'être particulière du crâne absolument irrémédiable, s'est traduite chez un individu par l'accomplissement de plusieurs crimes ou par plusieurs tentatives criminelles, la cause peut être considérée comme entendue et définitivement jugée, et l'individu qui présente une telle conformation, s'étantdéjà tra-
duile en actes, doit être impitoyablement exclu de la société, sans espoir de retour. Il est positif qu'il sera toujours, et qu'il ne peut être autre chose qu'un criminel, par conséquent un être toujours nuisible à la société ; dès lors celle-ci a le droit de se mettre à Tabri de ses tentations criminelles ultérieures.
La loi de 1886 sur les récidivistes, et la faculté que Ton a, de les déporter dans une colonie pénitentiaire, est certainement un progrès dans ce sens, un acheminement vers une solution pratique. Mais comme toutes les demi-mesures, elle est incomplète, dangereuse, et peu équitable. Certainement, c'est quelque chose que de se baser sur le nombre des récidives, mais si c'est là un sérieux appoint dans la somme des renseignements à recueillir sur un criminel, il ne suffit pas à lui tout seul et n'est pas un critérium infaillible. Il doit être corroboré par un examen anthropologique sérieux, fait par des personnes compétentes qui auront rassemblé tous les éléments nécessaires pour asseoir leur jugement. En un mot, la mesure de rélégation ne saurait être laissée aux magistrats, mais au jury de responsabilité dont nous avons déjà parlé. En agissant autrement, on