HARRISSON MOORE
cipale force consiste dans ce fait qu'ils sont maîtres de la situation dans le Parlement et leurs votes suffiraient probablement, le cas échéant, à faire chang^er Taction du gouvernement. Dans ces conditions, ils se tiennent à égale distance des ministériels et des opposants, et, avec une franchise vraiment cynique, ils déclarent que leur intention est de soutenir la politique générale du ministère aussi longtemps que les réclamations des travailleurs obtiendront Tattention qui leur est due. Dans ces deux colonies, le gouvernement accepte la situation et sa politique a été, en tout, conforme au plan du parti ouvrier, question qui a été le sujet de fréquentes discussions de ses adversaires qui, n'étant pas en fonctions, n'ont rien à ofiFrir. La bonne entente entre les ministres et les représentants du parti ouvrier n'a pas toujours été invariable ; les ministres ont dû,plusieur8 fois,se soumettre à la censure de leurs partisans. Il en est résulté, sans aucun doute, un affaiblissement du sentiment de la responsabilité gouvernementale au regard du Parlement. Les ministres ont été forcés d'accepter des amendements qu'ils désapprouvaient personnellement. C'est là une situation qui, très vraisemblablement, s'étendra bientôt aux autres colonies. Les ministères, dans le passé, ont eu, en Australie, une courte durée ; maintenant il semblerait qu'ils sont destinés à vivre plus longtemps en abandonnant quelque chose de leur contrôle et de leur direction sur le Parlement. Un tel changement était peut-être inévitable. Les changements perpétuels de ministères étaient pleins d'inconvénients et n'avaient qu'un avantage, celui de faire naître à la vie publique un plus grand nombre d'hommes d'expérience, rompus à la pratique et à l'intelligence des affaires. Le changement sera complet et dans des proportions qu'on ne soupçonne pas jusqu'ici, lorsque des ministères électifs auront pris la place des ministères composés par le chef du cabinet. On ne pourra pas plus concevoir de tels ministres comme aspirant à être des leaders de la Chambre qu'on ne peut imaginer un membre quelconque du Parlement comme aspirant à être autre chose que le mandataire de ses électeurs.
Dans le Queensland, la très «jurande force du parti ouvrier a été cause de sa destruction au moins passagère. Sa force même le contraignait de s'identifier avec l'opposition et il a perdu, par suite, son pouvoir de se tourner du côté de tel ou tel parti. La conséquence a été que les dernières élections dans cette colonie ont amené aux affaires un gouvernement dont le principal caractère est son opposition au programme ouvrier.
5. Les principaux faits politiques et législatifs. — Il nous reste maintenant à considérer les événements particuliers k chaque colonie et qui n'ont point trouvé place dans les considérations générales que nous venons d'exposer.
Nouvelle-Galles du Sud, — Il y a peu de chose à ajouter en ce qui concerne cette colonie. Le gouvernement s'est employé pour la cause de la fédération et les attaques contre la Chambre Haute ont cessé depuis le rejet du bill sur le référendum. Peut-être, le plus grand événement de l'année a-t-il été la mort du vétéran Sir Henry Parker, qui était certainement de tous les hommes politiques australiens celui qui était le plus connu à rétranger. Dans ces derniers temps il n'avait été qu'un élément de trouble
^iF
CHRONIQUE POLITIQUE (aUSTRAUR^ 16§
dans la politique et il avait perdu toute son influence ni uiiD i^rjndi' purlir de sa réputation. Malgré le mauvais service qu'il a rendu à Jn cause de la fédération, sa mort a eu véritablement une importance nationale, car certainement aux yeux du monde et pour les Australiens eux-mêmes il était considéré comme le représentant d'une nation et non pas seulement comme l'homme politique d'une colonie. Au point de vue législatif, révènemcnl le plus intéressant a été le bill proposé par le gouvernement pour Taggravation des règlements prohibitifs de l'admission des races de çouleur^question sur laquelle les colonies sont toutes entièrement d'accord. Kntin, au point de vue administratif, les services civils ont été réorganisés, el 11 faut espérer que cette mesure produira d'excellents effets en même temps qu'elle entraînera une économie considérable.
Victoria. — Au moment où nous écrivons, la session parlementa îre n'est point encore terminée et il est très difficile de résumer le mouvement législatif de Tannée. La loi la plus importante qui ait trouvé place dans le « Statute Book «, est le « Factory Act », mesure dirigée contre le « sweating-system » et qui contient une foule de dispo^ilions d'une portée très étendue. Elle autorise le gouvernement à fixer un mmimum de salaire dans certaines industries et à déterminer les heures de travail des femmes et des enfants employés dans les fabriques, les ateliers et les magasins. Klle décide que tout employé de magasin devra jouir d'une demijournée de liberté par semaine, et que tous les magasins^ à quelques exceptions près, devront être fermés pendant l'après-midi du jourde congé, qui sera choisi par les autorités locales.
Chaque fabrique ou atelier devra être enregistré et il sera tenu un état des personnes travaillantadomicile.il sera tenu également, dans tous les cas, un tableau des noms, des travaux et des salaires de toutes; les personnes emplqyées dans les fabriques et les ateliers, et on placera.^ dans un endroit apparent un avis indiquant les noms et les adresses des inspecteurs de fabriques du district, ceux du médecin chargé d'examiner les condition» sanitaires exigées par la loi, les jours de repos et les heures de travail dans l'établissement. Le tableau qui doit déterminer le taux des salaires doî^ également fixer le nombre des apprentis qui peuvent être employés.
Le bill sur les sociétés a pour but d'empêcher la fraude dans U formation, et la mauvaise gestion dans l'administration des sociétés par actions. Ce bill a été proposé à la Chambre Basse et voté par elle ; il contient de nombreuses dispositions qui ont été déclarées inapplîcalïles à la soeiélê commerciale. A la Chambre Haute, qui, telle qu'elle est aetueUemeiit constituée, représente les intérêts du commerce plut<il que ceux de Tagriculture, le bill fut soumisà de nombreuses critiques et rencontra beaucoup d'hostilité; il fut éventuellement renvoyé aune commission, il n'a pas encore été voté, et il peut, par suite, être retardé par des considéralions diverses.
Parmi les projets avortés de la session, on peut citer le bîll sur la Banque d'Etat et le bill sur la limitation du taux de l'intérêt. Ces deux propositions furent déposées par le gouvernement et leur but est de fournir de l'argent à bon marché « Cheap mnney », l'un par l'èlablissemenl d'une
166 CHRONIQUE POUTigUE (ACSTftALlE)
BfiDque flfciuvcrneniejiUle, l'autre par la diminuiion de lUntérét perçu par les prêteurs particuliers. Ces projets font partie du pros^ramme ouvrier dans toutns ïes enlonies, re qui n'esl paysan» importance pour monlrer <]U(^llc est, en somme, la prospérité, et quelles ^o al les espértinceH des ci fisses ouvrières. Lorsque le iravjilNeur euvi.s^i(çe 1rs moyrtis de devenir lui même CHpi la liste, nous n*»yons pns besoin de redouler de dan i^e reuses et de folles altHques tonlrc la propriété et Tor^^a ni sa lion sociale. Le travailleur australien oVst pas en état de révolte contre Tordre social actuel ; il s'en coïitcntera parfaitement s'il lui ouvre seuïemcnt quelques voies vera le proiçrc» matérioL II suffit que l'accès de la propriété foncière lui soit facililéf el qu'il soit pourvu çle capitaux: sunisaJils pour livolr le lésçitime espoir d*jr vivre couvenabletneiU. Ccst là la nîaripie caracièrislique du social iêiuic austraUen, et il n'y a pas bcsoia ifune intelliiçencc spéciale pourvoircombien il est éloi(rné des opinions el des doctrines désifçnées habituellement par ces mois dont on abuste beauciKip.
Lebill sur la Banque iri'^tat peut être auatysé en quelques mots, de la manière suivante : La Banque jniuiTa émeltre de-n billets de ïO à ao liv. st* ; elle acceptera leseffelî* de commerce ordinaires, fera dés avancesel ouvrira des comptes de dépôts aux banques particulières, etc. Les billets seront toujours remboursables au sièj<-e de la Banque, mais ils ont aussi cours torcè{lrf/al /e«</er) ; (cette mesure est la même qviecelb^ qui réiçil les billets de la Bauf[ue d'Auiçleicrre). Le compte du ifouveirnemenl, actuell(*meal réparti entre les différentes banques, sera tenu désormais par la Banque d'Ktal^ L^autre partie du projet avait pour but de fournir des avances aux fermiers^ a concurrence des trois buiticiues de la valeur deleurs biens* Le Bill fut discuté très loniçuemcut à la (ihambre basse, les principales Httaques portant sur la possibilité d^uno intluence politique et ^ur Ttasufli- Sancc du fonds de réserve. Cette dernière objection fut peut-être plus vivement formulée au debors qu^â ta Chambra inénie.^ Kntiu, le premier ministre retira certaines clauses, et tel qu'il est actuellement, le projet a'est autre chose dans la forme qu'un plan d'union des deux branches de Banques d^épar^ue.
QuKi^SLJiifD. — Dans le yueeiislond, le j^ouvernemenl conservateur de MiNelso, Â sa i^rande surprise et probablement a regret, a été forcé d'uccepler le rôle de défenseur de la Banque ualioualc, ^Trailiiil par M, Lcpellptîrr)^
TUrrison Moore, Professeur à ri'aîversïit de Melboarnr,
£1 delincuente espanol. ESI lenguaje (estudio filogico, pstcologico y so* cioLOGico). CoN DOS YocABULARios JERGALES. {Le délinquant espagnol. Le tangage étude phylologiauey psychologique et sociologique) avtc aeuœ vocabulaires du jargon, par Rafaël Sâlil las. Madrid, Victoriano Siiarez, i8gf5, in-8», VII-343 p. 5 pesetas.
M. Salillas est bien connu de ceux qui cultivent Tanthropoloie^ie criminellei par son livre La vida pénal en Espana, ses brochures : La antropologia en el derecho pénal et Doua Concepcion Arenal en la ciencia penitenciaria et ses nombreux articles sur les mêmes questions publiés dans maints journaux et revues. M. Salillas connaît mieux que personne la vie des criminels et le régime des prisons en Espaj^ne» ayant fait de ces deux sujets une étude à la fois administrative et personnelle, grâce à ses fonctions officielles au ministère de justice et par ses visites fréquentes aux différentes prisons de la péninsule et de l'Afrique. Il n'est donc pas un théoricien : c'est plutôt un observateur fin et consciencieux, qui profite, pour ses observations et ses expériences, d'une connaissance profonde de la bibliographie de son sujet. Il faut noter encore à son actif ce fait qu'il n'est à la remorque d'aucune école italienne ou allemande, ayant maintenu son originalité, l'équilibre de son jugement, tout en dirigeant ses études vers la tradition espagnole, dont il s'efforce de mettre en lumière les sources anciennes presqu'oubliées aujourd'hui, et le sens tout-à-fait spécial et digne d'être rappelé, qui les distinguent.
Son dernier ouvrage est une nouvelle démonstration de ces qualités, car c'est un livre d'observation, de matière exclusivement espagnole, puisé à des sources et conçu dans un sens qui rectifie parfois les théories de M. Lombroso et d'autres criminalistes modernes. Ce n'est d'ailleurs que la première partie d'une série qui doit comprendre cinq volumes au moins, où l'auteur passera en revue les différents aspects de son sujet en étudiant la Poésie des délinquants^ la Hampa ou société picarescUf la Criminalité associée et les Régicides espagnols. Les différents volumes de cette série étant intiment reliés les uns avec les autres et devant développer le sujet successivement, il devient impossible de signaler pour le moment les conclusions sociologiques de l'auteur et la portée de celles-ci.
On peut tout de même noter que le livre qui nous occupe, dédié au Langage, est moins un étude de philologie qu'un aperçu de psychologie sociologique. M. Salillas n'est pas spécialement préoccupé de l'ôtymologie des mots, ni de la question strictement linguistique. Il considère le langage des délinquants (jerga) comme un phénomène sociologique, dérivant des représentations usuelles dans la vie et les mœurs de ceux qui en fout usage. Le sens et l'application des mots s'expliquent donc par des représentations particulières qui sont parfois très loin du sens qu'ils ont dans la vie ordinaire. En l'étudiant, on y trouve bien moins un ca« linguistique que l'expression de la psychologie d'une société spéciale, pas du tout primitive ou sauvage, comme on l'a prétendu.
C'est pour cela que l'auteur commence par expliquer la théorie et les caractères de la jerga, puis il passe à l'examen de la germania ou association de délinquants et finit par tracer le tableau de la psychologie et de la sociologie de la jerga. On doit remarquer spécialement les paragraphes qui concernent Vorigine de la jerga (p. 66-71}, la jerga dans la littérature (71-78) el la jerga et la sociologie (8i-8.3), surtout ce dernier où se trouvent les affirmations théoriques concrètes de l'auteur. Le livre se termine par une étude sur le calù ou langage des gitanos
H^^^^" ^ I ■■-«^■pi^^ii
dans ses roppori» nvec Pancienne yVrya, Deux appendices sont cûnsacréi aa tocabulaîrf de U jerp^a (d'aprfrs celui de Juan Hidalgo, bîenconnu| et à ceïui du caiù (inédit).
Il n'eKt donc pas besoin de démontrer ]'iitilité quft prêseole le Hvre de M, Salillas pour Jes crïmiiinJisleii et It^s sociolnçiies. Vraiment, on tje pourra pas fonder Kur des basesi «îdideii l'orna ni nation de Ja justice tTiuunelk en ce qui concerne la cûti naissance des délinquants ri la répressiûiit tant que l'étude psycholoa;!qiie et socioloiiriq«* de ceux-ci ne tîrra pa« arrivée A tiii rerlain poinl de nvAturilé. L'ouvrflt;;e de M* Sa H lia s a pris pour rr but la meilleure arienlalfon poi^sible. El laisse de cùU loti i^ènèraltsa lions trop ambîlieiiârs et bâtivea et se borne à Étudier In sûcièlé délinquante daui^ uu milieu ualioual concret et dans un de £e» caractères les plus si^niHcatifs,
Btudes d' économie sociale fTHÉome ua la ïiÉPAnTiTioif de la nicusasi sociàut), 1 vol, io-8, par LéonWalras, VIII. 4**4 P- Paris, t%6, Pichon, 7 fr.iio.
Le nouveau volume dcM, Walra^ contient une série d'études écrites àdeîi dates tr*K diverset;. L'auteur exprime ainsi ï'ïdée È^énérnle qui les inspire: <i j'ai toujours pris le fait de ïa volonté libre de rbouime comme un fait d^expérieoce, sans lui accorder ni plus de valeur métaphysique, ni moins de valeur scientifique qu'aux faits de la véiçélRlion et lie ta vie, qu*à ceux de l'étendue ou du mouvement... DÈS qu'on admet comme un fait sut ^enerix,.., la volonté libre de l'homme, on se trouve en présence de la personnalité morale et du droit, et la science sociale apparatl comme étant en partie du moin^ la mécanique des forces morales, c'est-à-dire une science abstraite et déduclive, autant et plus que la mécanique des forces matérielîes. ■
Sous ce ijtpe : /iecherchf de Cidëni MOcmU M. W s Ira s a trroupè des articles et des leçons se ratlacbanl à la question des rapports de la collectivité et de Tindividu ; il conclut : d Le droit de L'individu cVst d*a^ir en liberté et d'obtenir des positions inéf^ales \ Le droit de l'Etal, c'est d^aE;^ird*auton lé et d'établir des conditions éf^ales, )»
A Taidede courbes et de sit^nes aïsçébriques, l'auteur expose ensuite une théorie de [a propriété qui tient le milieu entre l'individualisme et le collectivisme, à Laquelle il donne le nom de gynthéthme* Les marnes procédés lui servent à mon* Irer la réalisation de l'idéal social dans le rachat de terres par rÉlat.
La dernière partie du livre est consacrée k Timptll. M. Walras préfère L^impot sur le capital h L'impôt sur le revenu, snulienl que l'impét foncier n'est pas un véritable impdt^ que riuipill, en çénéraZ^ est lui-même un fait anormal et transitoire el que l'^^e d'or ré«^nera sur la terre quand « Téconomie politique et ta science sociale seront arrachées A la condition ahjecte el misérable de serrantea à tout faire du conservatisme bourgeois et de la féodalité Hnancîère, »
Ce n'est pas le lieu de discuter ces questions, Nous avons le plus profond respect pour le caractère et la science de M. Walras* Mais que ses procédés mathématiques, ses formules al (^ébrlq vies rendent un mauvais service à ses doctrines économiques et asociales 1
Outscliabiilk naouki politseîtk&go pra^a {3famtft rtr la sciencç du droit polici*'r), fn*r I, T. Tarosoff, professeur ù l'Université de Moscou. Quatre volumes taraud in-8*^ formant un ouvraire de 13^4 passes. Moscou» J, P. Eakowleff^ iSgi-iS^.
En 1894 nous avons rendu compte, dans celte Kevue U), des deux premiers volumes de l'ouvrage de M, Tarasoff* Aujourd'hui lious nous occuperons des deux autres parus en iB<}5 et 1896. Ces deux derniers volumes traitent de la police ad mi*
(i) \QiT Heuue du droit ptttlic^ n» û, Nov,-Déc** 1894*
TARASOPP. — OUTSCHEBNIK NAOUKI POLITSEÎSKAGO PHAVA !69
nistrative. Le terme de police administrative, disons-le toql de sut te, esi employé par M. Tarasoff dans un sens on ne peut plus large. L'auteur y comprend ['instruction publique, les moyens de communication, le trafic commerriBl, Ih production agricole et industrielle, enfin la consommation.
II va sans dire que nous ne pouvons même pas songer à rendre compte de toutes les questions dont fourmille l'ouvrage. La méthode est pluiùt objective que subjective. M. Tarasoff, dans chaque question, expose le contre et le pour, souvent sans se prononcer dans tel ou tel sens. Tout en ayant principale jnenl en vue la Russie, l'auteur ne manque jamais de nous dire ce qui se passe à rétrinii^er.
A propos des Universités russes, M. TarasoflF nous apprend que la première, celle de Moscou, existe depuis 1755. Peu à peu on en a créé d'autres et actuetlemeni la Russie possède neuf Universités. A la suite de la réforme de 1884* les Universités, qualifiées d'impériales, se trouvent sous la protection particulière de l'Empereur, sont administrées par le ministre de l'Instruction publique et leur surveillance est confiée à des inspecteurs locaux. Chaque Université es^t composée de plusieurs Facultés qui forment un tout. Les Universités ont une presse à elles, les ouvrages qu'elles publient ne sont pas soumis à la censure préalable; elles peuvent même avoir leurs propres imprimeries, des librairies et des phnrmaoies, Elïes ont le droit de posséder une fortune particulière en meubles ou immeubles et d'en disposer plus ou moins librement. La direction immédiate des UniverfilLt'S appartient au recteur.
Parlant du développement croissant des chemins de fer en Russie, M. Tarasoff constate que la politique du gouvernement en matière de voies ferrées est actuellement dans la bonne voie. Elle pousse le fisc au rachat des lignes exîfitaotes et à la construction d'autres lignes. Elle ne s'oppose cependant pas h de nouvelles concessions aux compagnies exploitantes, afin d'activer ainsi, le mieux du monde^ le développement des moyens de communication, surtout dani^ let; petites localités. Enfin, elle a la tendance de réduire les tarifs dans la mesura du possible et ne se départit jamais du principe de la soumission de l'exploitai lion ^u contrôle gouvernemental ..
M. Tarasoff se déclare favorable au monométallisme. Dans le système d'étalon d'or, dit-il, tous les paiements, surtout les paiements de petites sommes, se font tout naturellement avec la monnaie la plus dépréciée, au détriment du crtaucier. Puis celui qui a de l'argent déprécié l'échange contre de l'or dont U valeur est supérieure et ainsi l'or finit par disparaître de la circulation. Si tous les gouvernements établissent le double étalon, objectent les bimétallistes, il n'y aura plus possibilité de profiter de la différence du prix entre les deux métaux. A cela M. Tarasoff répond que dans ce cas il arrivera que l'argent déprécie se transformera en monnaie alors que la monnaie d'or se transformera en objet de luxe.
Enfin, il est à remarquer que le savant professeur de Moscou se prononce pour la réduction de la journée de travail et l'augmentation des salaires p^ir voie législative. Il estime que la réforme aura pour résultat l'augmentation de in production, sans compter en outre les avantages qu'elle procurera aux ouvriers au point de vue physique et intellectuel.
M. Tarasoff termine son travail par une liste d'ouvrages spéciaux qui peuvent servira l'étude de la science policière telle qu'elle est enseignée co Russie.
Malgré ses mérites,rouvrage de M. Tarasoff est beaucoup trop ctend 11 pour ceux qui n'ont pas le temps d'entrer dans les détails de la science. Cet tuconvéntent va disparaître. En effet, le savant professeur prépare un abrégé de son ouvrage qui servira surtout aux étudiants pour la préparation de leurs examens.