JAMES. — THE CITY GOVERNMENT OP PHILADELPHIA
péré ; elle s^est développée ; mais jamais le but que nous venons d'indiquer n*a été perdu de vue. C'est ainsi qu'en 1891 elle a inauguré la publication d'une série de travaux sur la politique et l'économie politique {Wharton School Studies in Politics and Economies), Chacun des volumes de cette collection renferme un ensemble de matières traitées par les divers élèves de la classe supérieure. Le premier numéro a paru sous ce titre : Le récent développement des Industries américaines. (The Récent Development of American Industries). L'ouvrage dont nous devons rendre compte est le second de la collection. Il traite, nous Pavons dit, du Gouvernement Muni^ cipal de Philadelphie, Sans doute, d'autres livres plus ou moins considérables ont été consacrés ù, l'étude du gouvnrvf'ment municipal en général, ou même à celle do Porganisation particulière de certaines cités ; mais aucun d'entre eux n'est comparable à l'œuvre des élèves de PËcole Wharton quant au nombre et à Pexactitude des détails.
On peut dire qu'à ce double point de vue, Pouvrage dont nous allons parler est unique en son genre aux États-Unis. Ce livre, dont tous les éléments ont été puisés directement aux sources, représente le travail sérieux et régulier de plus de vingt-cinq jeunes gens pendant toute une année scolaire.
Entreprises par une seule personne, les recherches que ce travail a nécessitées n'auraient pu être menées à bonne fin que gr&ce à une dépense de temps et d'efforts que bien peu d'hommes eussent été capables de fournir. Je m'empresse d'ajouter que l'étude sur Le Gouvernement Municipal de Philadelphie mérite d'autant plus de faire autorité qu'elle a été rédigée sous la direction du professeur Ëdmund J. James, qui est certainement un des hommes les plus compétents dans toutes les questions relatives au gouvernement des cités.
Au surplus, actuellement plus que jamais, la question de l'amélioration des organisations municipales préoccupe beaucoup les Américains. Dans toute PUnion, les publicistes, les professeurs de droit administratif ou de science politique, de nombreux citoyens soucieux de la prospérité du pays s'appliquent à combiner des systèmes qui soient de nature à diminuer les frais, à prévenir la corruption, et à faciliter la bonne gestion des affaires publiques. Il s'est même formé dans ces dernières années une c Ligue Nationale de la Réforme municipale » (National Municipal Reform League), dont la seconde conférence a ou lieu à Minneapolis le 8 et le 10 décembre dernier (l). Le livre des élèves de l'École Wharton a donc paru à son heure.
D'ailleurs, notre intention n'est pas de donner seulement une idée de Porganisation administrative de Philadelphie; nous tenons aussi à montrer rapidement, à l'occasion de Pouvrage dont nous parlons, combien la plupart des gouvernements municipaux des États-Unis
(1) V. AnnaU of the American Aeademy, roi. V, p. 176-178 (liTraison de janvier 1896).
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présentent d'analo^^ie avec le gouvernement fédéral et avec ceux des États compris dans T Union. On y trouve généralement, sauf les différences de détail, le môme plan d'ensemble, les mômes rouages, la môme répartition des fonctions et la môme séparation des pouvoirs que dans la Constitution fédérale et dans les Constitutions particulières. Suivant les expressions très justes de Fiske, les gouvernements municipaux constitués d'après le type ordinaire sont, pour ainsi dire, des gouvernements d'État en miniature (1). Or la plupart des gouvernements d'État reflètent presque tous les traits de Torganisation fédérale des pouvoirs. Il s'ensuit qu'en général on retrouve à chaque degré de Téchelle des gouvernements à peu près la môme conception du mécanisme politique.
Si les gouvernements municipaux rappellent à ce point la Constitution fédérale et les Constitutions des États particuliers, c'est parce que, pendant longtemps, aux États-Unis, on n'a vu dans les cités que de petits États. D'après certains, cette conception serait la cause de la plupart des mauvais résultats qu'a donnés le fonctionnement des gouvernements municipaux. Aussi, depuis quelques années, une autre théorie s'est fait jour, et l'on s'est mis à considérer les cités moins comme de petits États que comme de grandes corporations, dont le gouvernement doit être combiné de manière à assurer la meilleure gestion des affaires municipales. Cette nouvelle théorie a déjà exercé de l'influence sur l'organisation de plusieurs cités (2).
Le gouvernement de chaque cité américaine est établi et, à l'occasion, modifié par la législature de l'État dont la cité fait partie. Les lois qui organisent les gouvernements municipaux sont appelées chartes. Elles sont tantôt générales, tantôt spéciales. Autrefois elles avaient toujours ce dernier caractère. Mais, actuellement, dans presque tous les États, il existe des lois générales qui peuvent être appliquées à toutes les cités dont la population présente certaines conditions de nombre et de densité. Cependant on rencontre encore fréquemment des lois spéciales à certaines cités, surtout à des cit^s importantes (3).
(1) JOHK FiSKE. Civil Government in the United States eontidered with tome référence to Us origin, (London, Macmillan and O, 1894), p. 117. — Le même auteur ajoute : c Les rapports du maire avec le Conseil de la cité sont quelque chose comme les rapports du gouverneur avec la législature de l'Etat et comme ceux du Président arec le Congrès national. » (c The relation of the mayor to the city oouncil is somewhat like that of the governor to the state législative, and of the Président to the national Congress i>.) Loc, cit. — De son côté, après avoir indiqué les éléments qui figurent dans le gouvernement de toutes les grandes cités, Bryce s'écrie : a: Qu'est^e que cela si ce n'est le système d'un gouvernement d'État appliqué dans la sphère plus petite d'une cité? » (What is this but the frame of a State government applied to the smaller area of a city ? )> The American Commonwealth, S^ édition^ I, p. 623 in fine.
(2) V. Sbth Low. An American View of Municipal Government in the United States f dans Bbtoe, op, tHt.f I, p. 655 in fine,
(8) Bbtoe, op. cit., p. 623«