DES DIFFÉRENTES SORTES D'ENGAGEMENTS
Il est à peine utile de faire remarquer qu'on n'entend pas en employant ces mots dire que l'engagement ne doit durer qu'un mois, après lequel, le matelot serait libre et pourrait quitter le service (1). Le matelot est obligé de servir pendant tout le voyage, et, quand on dit qu'il est au mois, on veut entendre seulement que son salaire se compte par mois (2).
Cette sorte d'engagement est très ancienne ; le consulat de la mer en parlait (3) : « Si lo mariner s’es accordat a mesos..…... » |
Ce mode, dit Cresp (4), est le plus usité surtout pour les voyages au long-cours et dans la navigation au grand cabotage (5).
Actuellement c’est cet engagement qui est le plus répandu, et cela est logique, car c’est celui qui convient le mieux à tous les intérêts ; les matelots engagés ne sont payés qu'à raison de la durée de leurs services ; leur salaire n'étant subordonné à aucune chance de perte ou de gain, ils ne sont pas exposés à perdre le fruit de leurs travaux ; enfin il est très favorable à la discipline, car les gens ainsi rétribués ne peuvent exercer le droit de censure, qu'il est difficile d'interdire dans les engagements
à profits éventuels.
(4) Valin I p. 676.
2) Boulay-Paty. Il p. 169.
3) Chapitre 85.
(5) Filleau p. 288. Lyon-Caen et Renault. Précis II no 1700.