‹ De la Responsabilité médico-légale du DentisteChapitre 11 sur 13 · SIN · texte numérisé non relu

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pouvant donner lieu à la responsabilité civile, le médecin qui procède à l’anesthésie par le chloroforme vis-à-vis d'un client alecolique et ayant eu des syncopes accidentelles. Le médecin, en ce cas, na même pas à prévenir son client des dangers possibles de l’emploi du chloro- LOMME NE LE LR EN EN ETES SR DR MR RE ALES

.. Et l'emploi du chloroforme est licite non seulement pour les opérations nécessaires à la conservation de la vie, mais encore pour celles amenées par des affections graves, à raison du soulagement que procure l’anesthésie et du péril qu'en son absence offrirait une opération douloureuse. »

Si l'emploi du chloroforme et autres anesthésiques est actuellement universellement admis, il n’en est pas moins vrai qu'en cas d'accident survenu au cours d’anesthésie

générale, de multiples questions se poseront.

Tout d’abord, l'opération justifiait-elle l’emploi des anesthésiques. Comme le fait remarquer le professeur Brouarper, la responsabilité se trouvera plus engagée

si l'on endort quelqu'un pour lui extraire une dent ou

lui enlever une loupe, que s'il a fallu pratiquer une ampu-

tation, ou enlever un sein.

Une des premières affaires de ce genre fut relatée par le Docteur Foroue. NH s'agissait d’un individu, âgé de trentequatre ans, atteint d’une loupe de la joue et qui en deman-

dait l'ablation. Dès les premières bouffées de chloroforme

il mourut d’une syncope. Le Tribunal correctionnel con-

— ho—

gereux et il ne doit être employé que dans les opérations les plus graves, celles où la force de la douleur est de. nature à vaincre Ja force physique du malade. »

D'un autre jugement rendu par le Tribunal civil de Marseille, nous résumons que spécialement la responsabilité du chirurgien est engagée en cas de décès de l’opéré, lorsque pour la simple incision d'un phlegmon il a pratiqué l’anesthésie générale au chlorure d'éthyle sans attendre que le patient fut à jeun.

… Attendu par suite qu'on comprend difficilement que pour un simple phlegmon à percer, opération insignifiante et de quelques secondes, le docteur M. JF... ait cru devoir procéder à l’anesthésie générale, faisant ainsi courir au patient un danger dépassant de beaucoup :e bénéfice à obtenir, et ce, sans avoir au préalable averti les parents des conséquences fatales qui pouvaient en résulter.

Comme on le voit, cette question de justification de l'emploi des anesthésiques est de première importance, en art dentaire surtout.

L’anesthésie locale cst parfois insuffisante et même lorsqu'elle est parfaite, elle ne suffit pas à tous les cas : par exemple à vaincre le cas de constriction de mâchoire dans la périostite consécutive à l’éruption de la dent de sagesse. Mais l’abstention est une règle dont le dentiste ne doit se départir que pour des motifs très sérieux, et non pour donner satisfaction au caprice ou à la pusillanimité des

malades.

| Le praticien qui endort devra toujours méditer. ces

graves paroles de VERNEUIL :

PE ia

« Chaque fois que l’on s'approche d'un malade avec une.compresse anesthésique, on fait naître pour lui des chances de mort. » |

L'anesthésie générale à des contre-indications. Et la loi qui donne au chirurgien-dentiste le droit d’endormir un malade, ne s'est pas demandé s’il possédait les connaissances nécessaires pour examiner les contre-indications dépendant de l’état générai du sujet. Comme le fait remarquer le professeur Brouarper, cette théorie des contreindications s’est érigée en dogme et de nombreux médecins la considèrent comme telle. Si ces médecins sont appelés à faire une expertise dans un cas de mort à la suite d’anesthésie, ils reprocheront amèrement au chirurgien de n'avoir tenu compte de ces contre-indications présumées. Cette opinion est partagée par les magistrats, elle a cours dans le grand public, et il faut compter avec elle. Le même professeur que nous citons, montre que ces contre-indications ne sont pas absolues, mais que certains états pathologiques demandent de la part de l’opérateur une très grande prudence.

Nous rapportons à ce sujet deux cas de mort consécutifs à l'emploi du protoxyde d'azote, utilisé couramment en anesthésie dentaire.

Un docteur anglais Harrissow, âgé de 30 ans, qui succomba le 27 mars 18737, à Manchester. Fatigué de plusieurs nuits d’insomnie causée par une périostite alvéolaire, il alla chez le dentiste se faire enlever la dent en cause. TI avait insisté pour être bien endormi sous l'influence du

gaz, mais le sujet ne se réveilla pas malgré une longue

es put

tentative de respiration artificielle. L’autopsie montra une surcharge graisseuse du cœur avec aorte athéromateuse. Cas qui contre indiquait l’anesthésie.

Vient ensuite le cas du dentiste Ducnesne. La victime était de constitution apoplectique, qui ne permettait pas, dit le jugement, de lui faire respirer une substance anesthésique. |

DuCHEsvE avait opéré seul, il fut condamné et pour son imprudence et pour exercice illégal de la médecine.

Nous avons omis cette première observation datant de 186/4, au moment où le protoxyde d'azote commençait à prendre une: large extension.

Le 13 janvier, un nommé Scars, alla chez un dentiste pour se faire enlever deux of trois dents cariées. Il parais-

sait absolument sain.

L'anesthésie fut faite au protoxyde. Revenu à lui quelques instants après l'extraction, le sujet expira brusquement. L'autopsie révéla des lésions pulmonaires, hépatisation, cavernes telles que la partie utile à l'oxygénation du sang se limitait à la moitié supérieure du poumon droit.

On le voit dans ces cas, il ne semble pas que ce fut le gaz qui dût être incriminé. Les causes de la mort se trouvaient vraisemblablement être dans l'état des sujets qui en fait contre indiquait l’anesthésie.

Les anesthésiques ne sont pas toujours les seuls auteurs des accidents qui surviennent pendant leur administra-

tion, On en aurait beaucoup moins à déplorer si, avant

Rates

d'être endormis, les malades étaient examinés avec:soin par des hommes compétents.

Malheureusement, ils sont trop souvent administrés par des mains inhabiles sans aucun examen préalable du malade.

Nous ne voulons pas discuter ici la valeur de ces contreindications. Admettons ces contre-indications. Alors se pose la question. Le chirurgien-dentiste est-il à même de par son instruction technique de reconnaître ces contreindications et de les juger à leur véritable valeur. Or, pendant nos différents séjours dans les services, nous avons pu constater la difficulté d’une bonne interprétation des bruits cardiaques et pulmonaires. Si l’auscultation présente de telles difficultés pour un médecin, il faut admettre que celles-ci sont encore plus considérables pour un dentiste qui n'a pas l’habitude de ces examens.

Si nous passons aux lésions rénales et hépatiques, comment s’informera-t-il de l’état de ces organes, et comment appréciera-t-il les signes que lui fournira son examen.

La question, on le voit, est d’une excessive délicatesse. Les chirurgiens sont armés en effet par la loi d’un pouvoir, et il se trouve qu'ils peuvent difficilement exercer ce droit, par suite d’une instruction technique insuffisante.

D'ailleurs, lors d’un débat à la Société de Médecine légale, ce corps savant à déclaré qu'un médecin qui, sans être assisté d’un confrère et sans avoir examiné les organes thoraciques, administrerait le chloroforme même pour une opération de peu d'importance, commettrait un acte

coupable de négligence et engagerait sa responsabilité,

De telles sévérités atteignent effectivement le médecin négligent — comme en font foi quelques jugements — combien plus grande se trouve la responsabilité du dentiste.

La présence d’un tiers montre aux juges que le praticien à cherché dans la mesure du possible à assurer le succès de l'opération. Le docteur qui donne l'anesthésiant ne peut ‘de son côté, à moins d'ignorance crasse, être rendu responsable ; la responsabilité se trouve de ce fait considérablement atténuée, sinon inexistante.

La pratique nous apprend en effet que, malgré toutes les précautions, malgré l’absence de contre-indications, des accidents peuvent se produire, exceptionnels, inattendus, quelquefois mortels, donnant lieu à l'ouverture d’informations judiciaires.

Un cas typique que nous relevons dans l'Odontologie, 30 Mai 1922, sous la signature des docteurs Courrois-Surmrr-et BourGEoïs nous est donné au sujet d’une mort subite au cours d’une anesthésie générale par le chlorure d’éthyle.

« Le... 1920, nous sommes commis par le procureur de la République, à l'effet de procéder à l’autopsie de Mme X..., décédée chez un chirurgien-dentiste qui pratiquait l'extraction d’une dent sous anesthésie générale donnée avec le chlorure d’éthyte par le docteur Y...

L'enquête judiciaire et les dépositions des témoins permettent de reconstituer l'affaire de la façon suivante :

Mme X... accompagnée de son mari, va le matin, à

10 heures, consulter M. 7... dentiste, et lui demande

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