‹ De la restauration de la lèvre inférieure après l'ablation du cancroide :Chapitre 13 sur 22 · Viguerie, Journal hebdomadaire, 1834. Tome I, page · texte numérisé non relu

Viguerie, Journal hebdomadaire, 1834. Tome I, page

masseau de cérat, et le tout fut maintenu par le bandage croisé du bec de lièvre.

Dimanche 29, vingt-quatre heures après l’opération, on défait la bande pour éviter une compression trop forte et trop longtemps soutenue.

Lundi, deuxième jour, tout l’appareil a été enlevé. Le bord libre de la lèvre est vermeil et un peu œdémateux; engorgement du tissu cellulaire sous-jacent; toute la peau relevée est rouge et luisante. Les angles internes et externes de la plaie sont réunis ; on aperçoit une légère eschare autour du point de suture du côté gauche ; on coupe le fil, peu de suppuration ; la plaie est pansée avec un plumasseau de charpie recouvert de cérat; le tout est maintenu par une mentonnière.

Etat général très-satisfaisant, etc.

Vendredi, sixième jour, M. Viguerie fait deux contre- ouvertures sur les côtés et à la face inférieure du menton; ces incisions facilitent l’écoulement du pus. Depuis ce jour la suppuration a diminué, la plaie primitive a fait des progrès vers la cicatrisation ; et le 20 octobre la malade est sortie parfaitement guérie, portant à peine les traces de l’opération.

B. — Méthode française par lambeaux latéraux.

Les procédés qui se rapportent à cette méthode donnent, en général, de bons résultats et sont usités. Les trois premiers, ceux de Horn, de Serres et de Dieffenbach supposent que l’excision du cancroïde a laissé une solution de continuité triangulaire ; on les emploiera donc de préférence quand le cancroïde aura cette forme.

VI. — Procédé de Horn ou en V. — C’est le procédé en V que nous avons indiqué au chapitre 1er; seulement on y ajoute des débridements de façon à confronter facilement les deux branches du V.

VII. — Procédé dé Serres de Montpellier. — Serres fait une incision en V pour circonscrire le mal comme clans le procédé de Horn. 11 pratique ensuite deux incisions qui parlent des commissures, se dirigent en arrière en suivant l’arcade dentaire et se terminent au-devant des masséters. Il détache de leurs adhérences les deux lambeaux triangulaii •es épais résultant de ces incisions, les ramène au contact et les réunit sur la ligne médiane par la suture entortillée. Le bord labial se trouve ainsi formé par le coté supérieur de chaque lambeau triangulaire ; on en fait une lèvre véritable, en réunissant le bord de la muqueuse qui recouvre sa face profonde avec la peau qui le revêt extérieurement.

Appréciation. — Ce procédé donne de bons résultats. Si Couverture de la bouche paraît d’abord irrégulière à cause de la brièveté de la lèvre inférieure et du froncement de la lèvre supérieure qui la surplombe d’une façon désagréable, tout cela u’est que momentané.

Modifications. — Avant de donner une observation de Serres, signalons deux modifications que les auteurs allemands déjà cités (1) donnent comme les méthodes de Jasclie et de Bulow.

La modification de Jasche consiste à changer la direction des incisions qui partent des commissures, et, au lieu de les laisser courir parallèlement au bord alvéolaire, il fait des incisions courbes, à concavité dirigée en bas et en dedans, rejoignant le bord inférieur du maxillaire.

Le procédé de Bulow n’est autre que celui de Serres que l’auteur prétend corriger. A cet effet, il excise de chaque côté delà lèvre supérieure près de la joue un lambeau triangulaire

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