‹ De la restauration de la lèvre inférieure après l'ablation du cancroide :Chapitre 3 sur 22 · INCISION EN V · texte numérisé non relu

INCISION EN V

Emploi. — Quand le caricroïde est peu étendu en hauteur et en largeur, on emploie le procédé en V. On ne s’en sert que dans les cas où, le cancroïde enlevé, on peut laire la suture des deux lèvres de la plaie sans tiraillement considérable.

Procède opératoire. — On isole la partie malade de la lèvre inférieure par deux incisions d’égale longueur en forme d’un coin. Ces incisions commencent au bord libre de la lèvre sur la portion cancroïdée, comprennent à la fois la peau, la couche musculaire et la muqueuse, et sont ainsi conduites obliquement vers le bas à travers toute l’épaisseur de la lèvre. Elles se rejoignent en un point commun, situé plus ou moins près du bord libre de la mâchoire. Il est évident que la direction de ces incisions peut être modifiée, selon la forme du cancroïde, afin de conserver les tissus sains, tout en sachant respecter ceux que le mal a envahis. Ainsi, quand le cancroïde, au lieu d’être vertical, est oblique par rapport au bord libre de la lèvre, ou quand il se dirige obliquement d’une commissure vers le menton, il peut être plus avantageux de donner aux deux incisions une direction oblique et une longueur inégale. Quelquefois, on transforme -Pincision la plus longue en une ligne brisée. De même on peut combiner une incision verticale, et une

autre oblique d’une longueur différente, ou bien deux incisions curvilignes.

Il peut être nécessaire de limiter le cancroïde par plusieurs incisions en V, pour le circonscrire totalement ; dans ce cas la perte de substance est en général trop considérable pour permettre le rapprochement des parties sans tiraillement, et il faut recourir à la cheiloplastie.

Traitement. — On rapproche les deux bords saignants de la lèvre comme dans l’opération du bec de lièvre simple, c’est-à-dire au moyen de la suture entortillée, puis on applique un pansement. Nous croyons inutile d’insister sur ce point, nous ne pourrions que répéter la description donnée par M. Guérin dans son traité de médecine opératoire (I), auquel nous renvoyons le lecteur. Ajoutons, seulement, que les épingles doivent rester en place trois à quatre jours, malgré le danger de l’irritation et de la suppuration. parce que, les muscles tendant à écarter les bords réunis, il faut attendre le temps nécessaire pour une véritable cicatrisation et non pour une adhésion pure et simple.

Le repos au lit, le silence, la diète d’abord, puis la nourriture au biberon seront recommandés.

Les complications sont rares et l’opération réussit presque toujours, car le malade n’est pas encore cachexié. Dans P observation de Velpeau que je vais citer, la réunion de la plaie était très-solide et la difformité très-peu sensible.

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