‹ De la Restauration françaiseChapitre 10 sur 189 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

L'komme a créé le sol, le climat, jusqn'.i son san;;.

L'époque géologique achevée, la Terre fut couverte par les eaux, qui ameublirent sa surface. Mais peu à peu les océans se retirèrent dans leurs bassins, les lacs et les ruisseaux dans les fleuves.

Les forêts remplacèrent les eaux. Elles répandirent la pluie séculaire de leurs feuilles, versant un primitif engrais sur ce sol ameubli. L'atmosphère de la planète ne vit former que plus tard son enveloppe azurée. Tout concourait à l'active production qui couvrait chaque année d'une lame précieuse la croûte géologique.

La nature fit ainsi à l'homme la première avance de cette terre végétale , que bientôt l'eau de son travail et la forêt de ses générations devaient approfondir. Dieu le mit alors sur la terre» ainsi que la géologie et l'histoire

naturelle le constatent, dans le plateau élevé de l'Asie centrale, entre le 40* et le 50' degré de latitude.

Ce fut de ce sol en quelque sorte commencé que le genre humain partit pour la conquête de la terre, accroissant ses populations à mesurequ'il étendait ses oasis sous leurs pas. Ses peuples furent successivement chasseurs, pasteurs et agriculteurs : employant l'effort à chercher, puis à conserver, enfin à créer ce que demandent nos besoins.

La culture créa le climat. L'assainissement du sol produisit celui de l'air ; l'assainissement de l'air produisit celui du sang. La lèpre, l'éléphantiasis quittèrent à mesure les populations. Les sueurs et le soleil chassèrent le lymphatisme de nos tissus, comme la culture et la chaleur en éloignèrent les causes de la terre. Une fibrine plus riche augmenta les muscles, le poumon et la pulpe cérébrale.

Ici, j'accumule des siècles dont l'histoire naturelle conserve les dates merveilleuses, pendant lesquels l'hom-* me a formé et pétri de ses mains cette terre végétale dont il a recouvert les continents, comme il a distillé et accru de sa vertu ce sang humain circulant dans les populations qui les couvrent.

Le blé, cette plante qu'on n'a retrouvée nulle part dans la nature, offre, en l'état où nous le voyons aujourd'hui, une image de ce que l'homme a fait de tout, des céréales, des fruits, des potagers, des animaux domestiques, du sol, du climat, enfin de son sang même, qui ne fut point non plus un don de la nature.

Diverses places sur la terre n'ont point connu la main de l'homme ; elles offrent leur désert au Sauvage, dont la

liberté s'arrêta au premier effort. Le Sauvage n'a ni la vertu de planter, ni la certitude de recueillir. La production ne s'éveilla qu'avec la conservation. La civilisation ne prend racine qu'avec la propriété.

Et l'homme grandit à mesure que sa tête monte abritée du droit civil et du droit économique. La Société acheva l'œuvre du Troisième Jour. L'inviolabilité de l'homme a garanti le sol à la terre.

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