CHAPITRE LIÏL
Le peuple français a besoin de passer à Tâge mûr.
Si nous avons tous les défauts de la jeunesse, peutêtre en avons- nous les qualités. C'est le moment de les conduire à l'âge mûr.
Nous fîmes presque tout ce mal sans réflexion. Le mal, chez nos voisins, dérive du calcul que produit une raison plus avancée. Pécheurs par pétulance, nous devons être plus aisés à corriger.
Comme l'Anglais , nous n'avons pas soixante millions d'esclaves aux Indes, produisant à trois sous par jour ; et
jamais nous n'eûmes la pensée de faire de ce globe un marché pour notre commerce.
Comme rAliemand> nous n'avons pas brisé l'autorité du Saint-Père, afin de marier nos prêtres; et jamais notre pensée ne fut de prendre les vases sacrés pour en faire le pot-au-feu.
Comme le Russe , nous n'avons pas remis le saint pouvoir de l'Église à un prince ; et jamais notre pensée ne fut de confier notre âme à un souverain de la terre en J)référence de Dieu.
Si nous avons des leçons à prendre de l'étranger, nous avons des qualités nationales à conserver. Qu'on nous le répète, il faut passer de notre vie de jeunesse, menée trop loin, à Une vie de sagesse, où brilleront nos mérites.
Si nous restons jeunes, nous nous ruinerons; nous serons la proie des peuples réfléchis de l'Europe. Si nous prenons notre maturité, nous deviendrons la grande nation des temps modernes.
Nous l'avons été déjà, lorsque la phase de là jeunesse correspondait à celle de la civilisation ; lorsque l'Église, que nous avons établie en Europe, lorsque l'Évangile, dont nous faisions notre loi, étaient défendus par l'épée. Soyons encore la fille aînée à celte heure qu'il faut les proclamer par la vertu !
La gloire des nations ne sortira pas de la vivacité du sang, mais de la force de la conscience et de la beauté du coeur.