‹ De la Restauration françaiseChapitre 145 sur 189 · CHAPITRE XXXVIÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIÏ

Bfétapkysiqne qui domine les partis*

Au lieu d'aller au fond des choses , l'esprit français court en avant. On improvise une victoire dans les faits sans savoir si elle est fixée dans les consciences. Vous tracez des révolutions sur le sable ; les enfants les effaceront. L'Empire nous conduisit en Egypte et à Moscou, où sont aujourd'hui nos frontières? Il faut créer la monarchie universelle dans les esprits avant de la donner à l'Europe. On ne porte pas la main en païen sur le beau fruit que mûrissait le Catholicisme !

De là, l'unité de concours se perd dans notre nation. Les classes de la société se trouvent aujourd'hui embusquées sur toutes les étapes manquées. Il n'y a plus que des partis en France. Une révohition se montre, chacun vient se signer par peur ; une réaction nouvelle en fait connaître le néant. Quelle marche prendre , on ne sait pasoù est la France?

Toutefois, voici les deux termes de l'échelle des partis. Le point de vue religieux dépassé aboutit à l'absolutisme ; le point de vue humain complété aboutit au socialisme. Ce sont là effectivement les deux pôles. L'Absolutisme consiste en ceci : la Chute a détruit complètement la nature humaine. Le Socialisme consiste en cela : sortie de Dieu, cette nature est nécessairement parfaite. L'orgueil tire toujours ou à droite ou à gauche...

L'Absolutisme a pour morale l'abolition de la volonté humaine totalement pervertie, et sa transformation dans

l'obéissance . Le socialisme a pour morale la glorification de l'homme ici-bas, et son accomplissement dans la jouissance. Les deux politiques s'ensuivent. La première veut dans la Société une autorité qui enveloppe toute la nature humaine, pour contenir les effets de la Chute ; la seconde veut une abolition de notre Société de six mille ans , faite en vue d'une nature humaine qui a besoin de surveillance. C'est toujours sur le Christianisme que se posent les questions...

Les libéraux s'attendaient cette dernière fois à jouir de leur victoire. La bourgeoisie crut définitif son avènement religieux, philosophique et politique sur le monde. Quelle stupéfaction lorsque le sociahsme vint lui dire : Nous avons la liberté et l'égalité, il faut tout simplement les établir dans l'ordre économique!... Les banquets n'avaient pas vu la question jusque-là. Passez, passez ! déjà vos fils avaient tiré de vos doctrines les applications qui devaient vous dévorer.

Fils des libéraux, les républicains croient être quelque chose parce qu'ils ont sauté momentanément sur les faits. Le monde est occupé à décider une bien autre affaire ! Vous combattez pour une forme sur la terre , quand la lutte est donnée par les Titans près du ciel. Affichez partout vos mots, vous en avez besoin ! Vous touchez la question politique, il y a trois cents ans qu'elle est vidée ailleurs. Enfants ! Le Christianisme emporte le monde, le globe vous glisse sous les pieds, quelles que soient les ancres que vous jetiez dans les faits.

L'esprit français, qui voudrait se sauver de l'absolutisme, aura peine à ne point heurter sur le socialisme, contre lequel sa science n'est point prête Pour

éviter l'un et lautre, pour entrer dans l'avenir, il n'y a que la grande route, la route des sociétés modernes, le Catholicisme.

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