CHAPITRE LI
Il faul en éloigiiei' la ucceisitV'
Le Despotisme n'est à chasser de parmi nous que parce que c'est une honte. On comprend que les peuples n'aiment point à porter le bonnet d'âne. Mais entendre nos hommes du jour traiter de leur hauteur le despotisme, c'est ce qui nous fait trembler...
Il ne faut point mépriser un fait auquel, d'abord, nous devons toute l'Antiquité ; un fait qui, ensuite, se montre à l'origine de toutes les Sociétés , et vient à leur aide chaque fois qu'elles vont périr ; un fait qui depuis soixante ans a deux fois sauvé la France; un fait, hélas! auquel nous devrons demain peut-être notre salut!
Quand on ne veut pas du Despotisme, il ne faut pas le mériter. Les peuples auront beau dire : Je ne veux pas ! et même plus ils crieront Je ne veux pas! plus il menace d'accourir sur l'imminence de leur orgueil. Quand le Despotisme se présente, il n'y a plus qu'à choisir entre la barbarie et lui...
Les êtres dépravés choisiraient la barbarie. Et telle est la preuve irrécusable de l'utilité du Despotisme. L'orgueil anéantirait la Société plutôt que de se voir blessé ! Mais la Société n'est pas à l'homme; elle appartient à Dieu. Anéantissez si vous pouvez la plus grande loi de la Création !
Tout est prévu pour maintenir la Société sur la terre. Quand la loi ne saisit pas l'homme au dedans, il faul
qu'elle le saisisse au dehors. Le Despotisme dépend du cœur de Thomme...
Les Pouvoirs modérés sont la gloire des peuples. Méprisez, insultez à votre aise le Despotisme ; mais on vous prie, au nom du Ciel, de ne pas le mériter.