CHAPITRE X
Pourquoi notre épo(}ue éctiappe i la «olntiok.
Notre époque seule s'est trouvée dans une impossibilité pratique.
Elle sera précipitée alternativement à un point tel de liberté et d'autorité, qu'obligée alternativement de rétablir l'une ou l'autre, elle verra les fondements de toutes deux !
Tout ce qu'on dit aujourd'hui sur la souveraineté, soit du peuple soit du roi, est faux, effroyablement faux. La Souveraineté ne vient ni de l'un ni de l'autre... C'est quand on reconnaîtra d'où elle vient qu'on saura l'exercer ! Jusque-là, du despotisme ; tantôt du gros, tantôt du petit bout.
Robespierre est né sur le trône de Louis XIV. Si l'autorité n'avait pas abusé de sa puissance pour supplanter la loi de Dieu et commencer le panthéisme, le xv!!!*" Siècle pohtique ne serait pas arrivé. Si le xviii" Siècle n'avait pas abusé de la liberté acquise pour abolir la vérité, la terreur et l'absolutisme ne seraient pas revenus. Enfin , si depuis lors, la Société n'avait pas, plus grossièrement que jamais, abusé et de l'autorité, en la plaçant dogmatiquement dans l'homme, et de la liberté, en la détachant définitivement de Dieu, nos temps ne seraient point venus.
La notion du pouvoir est ftiusse ; dût-elle passer aux mains du plus libéral, elle tuera la liberté. La notion de la liberté est fausse; dût-elle passer aux mains du plus absolutiste, elle tuera l'autorité. .. Au surplus, il est temps
que îes causes secondes s'épuisent ! L'homme qui aurait le pouvoir d'arracher l'époque à elle-même, dérangerait les plans de la justice et de l'avertissement de Dieu. Mais ce pouvoir n'est à personne. . .
Votre athéisme est votre mort ; l'orgueil vous a décapités. L'autorité et la liberté seront elles-mêmes vos deux maux ! Je ne soutiendrai donc point la première, bien que je la révère, parce que les hommes qui la défendent ne sont point sur son fondement. Je ne soutiendrai donc point la seconde, bien que je l'aime, parce que les hommes qui la veulent ne sont plus sur la vérité. Je me croirais intidèle à mon pays en l'appelant, et à une autorité qui renie sa divine origine , et à une liberté qui veut oublier ce qu'elle est. Je repousse aujourd'hui la liberté et l'autorité, parce que je les appelle toutes deux !
Quand Dieu rentrera dans l'une et dans l'autre, elles reparaîtront sur la terre î