CHAPITRE XL
La réaction a commencé dans les esprits.
Les livres tomberont. Le temps des théories finit ; les événements instruiront pour longtemps les hommes !
On ne connaît les choses qu'à l'usage. Ainsi jugerat-on de la philosophie. Les rationalistes viendront euxmêmes la condamner^ et remettre la Société aux mains
* J'entends ceux chez qui la conscience dépasse encore le moi. Les autres se perdront dans l'envie, sentiment caractéristique des classes inférieures. Us se montreront pires que les Proudhonistes; car Terreur ne viendra pas de leur esprit, mais de leur cœur.
de la religion. Car ils verront ce que c'est que le peuple : et la grande leçon sur riiomnie leur sera donnée ! On ne pourra plus se tromper. Nous assistons à la décomposition de ce que le christianisme avait composé. On n'avait point saisi la premièi'e opération. L'édifice était invisible : on en verra emporter les pierres! On saura enfin comment la Société subsistait !
La réaction sera définitive chez les esprits élevés. La démarcation s'achèvera entre les natures honnêtes et les natures scélérates. Alors le grand conflit s'élèvera. Si la révolution se fût poursuivie sans délai, les hommes étaient si peu en mesure, que la Société eût été écrasée sans recours.
La réaction au sein des régions doctrinaires, hélas ! ne s'est point faite par la raison , mais par les événements ! Les événements sont la dernière parole de Dieu. L'erreur, il est vrai, avait atteint des proportions trop considérables pour que l'esprit d'un siècle y tint. Protestantisme, renaissance, industrialisme, libéralisme, rationalisme, socialisme, tous les confluents arrivaient à la fois dans le fleuve.
Gomme la grande épreuve de l'homme aux temps modernes était là, que nous avons porté la plus terrible difficulté, Dieu usera peut-être d'une grande pitié envers nous. Il fera sortir des faits divers moyens de sauver la Société ; car ces moyens ne sortiront pas des hommes.
Toute notre nature a été faussée par l'esprit. Vous surprendrez aux lèvres des hommes de l'esprit ces paroles : « Les Catholiques finiront par avoir raison; il n'y a « qu'eux qui aient une doctrine ! Les idées n'étaient pas « prêtes, l'homme n'a pas eu assez de génie >
Oe9j)rilaî pouff|UO) rhoaime n'a-t-iî pas eu assez dr génie? Voilà six mille ans qu'on l'attend ; durant ce temps le monde passe...
Que ceux qui ont à se rendre au bien se pressent. Ils pourraient être surpris sur les derniers filets de la logique humaine. Tout se précipite à la dernière crise ; d'heure en heure, la démarcation s'opère entre les hommes du bien et les hommes de l'orgueil. Le nombre de ces derniers sera la mesure de la révolution !
Que la France ne s'étonne pas des états par lesquels
elle va passer Mes paroles s'arrêtent... 0 hommes!
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