‹ De la Restauration françaiseChapitre 77 sur 189 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Protestantisme, libéralisme, socialisme.

L'erreur commence au Protestantisme, elle finit au socialisme. Tous les autres systèmes ne sont que les diverses stations de la même pensée.

Ce que nous nommions libéralisme il y a quelques jours, n'était que l'avènement de celte pensée dans l'ordre politique. Aujourd'hui qu'elle met le pied dans l'ordre économique, la reconnaîtrez-vous?

Reconnaitrez-vous que l'homme voudrait se rendre libre de toute loi, rejeter toute autorité, puis de là redescendre en lui-même pour cultiver sa chair? Reconnaîtrezvous que la Chute n'est que le premier des faits historiques, que la même donnée reparaît en eux tout au long; que l'homme n'a toujours qu'une maladie, l'orgueil; que la Société n'a toujours qu'un moyen de subsister, le contenir et l'effacer?

Ne cherchez pas l'erreur dans l'erreur (ne pas être si simple!) mais dans le mal. Les hommes se cherchent ou cherchent Dieu. De là, deux catégories à travers les civilisations, et à travers les époques et les classes, les unes édifiant des Sociétés, les autres détruisant l'homme.

Le mal ne s'est tant aggravé que parce qu'il s'est fait doctrine. Cette pensée n'a point manqué sa logique. Le protestantisme fut le dogme du rationalisme ; le rationalisme, la métaphysique du socialisme; et le socialisme, l'économique du rationalisme.

Les socialistes diront aux rationalistes : Ou renoncez au principe, ou admettez les conséquences. Alors les rationalistes s'arrêteront. Et les rationalistes diront au protestantisme : Ou retirez votre principe, ou le peuple est souverain. Alors les protestants se tairont.

Quand toutes ces politiques seront discréditées, le schisme qui les avait produites tombera sous elles. Tout s'avance ; arrivées à temps pour éviter le naufrage de l'Europe, les communions seront obligées de se réunir dans le Dogme, contre l'athéisme de la Révolution.

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