CHAPITRE XXVIII
Le Socialisme n'est qnc la chute de la civilisatioa.
Le socialisme est plus aisé que la civiHsation. Il ne faut pas s'étonner si tant de gens veulent en être.
Vivre comme le sociahsme l'indique est une chose pendant quelques mois très-facile ; elle consiste à consommer ce que les siècles ont recueilli : tout le monde est bon pour cela ^...
Il ne faut pas être bien méchant pour être socialiste. Il suffît d'ignorer l'histoire, comme tout paysan l'ignore. Il suffit d'oublier la conception de fait que nous donne le christianisme, et d'entrer dans la théorie de l'homme de la nature.
' Quand on réfléchit à la pensée qui demande égalité de salaire, qui demande que le capital soit au peuple, qu'il soit sans intérêt, en association, en commandite, en banque, en rêve, qu'il n'y en ait pas, qu'on soit en société sans lui, sans le mérite, sans Tindividualilé, on sort comme d'un songe.
Mais la nature n'est que lepointde départ de l'homme. Ceux qui y restent, y laissent aussi la Société. L'état sauvage a sa loi. L'homme n'est fait que pour sortir de la nature : l'individu, par la grâce; les peuples, par lacivi- Usation, qui est le sublime effort de l'humanité en ce monde.
Le socialisme est d'autant plus dangereux qu'il ne demande ni effort, ni raison, ni doctrine. Il suffit que le christianisme se retire de l'horizon, pour que la raison humaine , jusque-là soulevée, retombe dans le sociahsme. Dès que le soleil disparaît, le serein redescend sur la terre.
Avec quelle arme combattrez-vous le socialisme ? Il faudrait la puissance de soulever de nouveau la raison chez les peuples. On peut vaincre une erreur, on ne détruit pas l'erreur, c'est-à-dire l'homme, c'est-à-dire le mal. On chasse une ombre, on ne fait pas disparaître la nuit. Ou la Foi, ou tout rentre dans les téncbres.
Le socialisme n'est que la chute de la civilisation.