CHAPITRE XXIX
La Soficlc veut-elle revenir au christianisme ou périr?
Dieu fait tout pour vous sauver. Les révolutions ne sont point le mal. Toute maladie cherche la crise où les lois vitales viennent relever le combat. La consomption, qui l'évite, nous berce au lit de la mort.
Une révolution avortée est le plus pénible état d'un peuple. Loin de le guérir, elle fortifie ses tendances; la foule ne cesse de gronder contre l'ordre qui
lui enlève ses chimères. Car la foule, qui est l'homme, rêve le mieux, c'est-à-dire la révolution. Il faut qu'elle en ait vidé le calice pour qu'elle ne veuille de longtemps le rame^ ner vers ses lèvres.
Mais il se passe à cette heure un fait inouï, la preuve d'une protection inespérée de Dieu : l'erreur s'est faite homme! Chacun la pourra toucher de la foule. On a nommé l'homme de France et d'Europe le plus utile en ce moment. Sa logique est si totale, que la leçon ouverte par le programme de sa pensée peut tenir lieu d'une révolution.
Le libéralisme et le protestantisme touchaient un pôle de l'erreur, mais ne pouvaient atteindre à l'autre. Le rationalisme , leur formule , restait dans les mêmes proportions exiguës de l'erreur. Ici les trois formules se superposent et touchent tout : l'erreur est universelle.
Le protestantisme eût continué de retenir lésâmes sur les terres arides de l'orgueil; l'économisme, d'étendre invisiblement le paupérisme sous les populations; le libéralisme, de tourner les mœurs etd'empoisonner la vertu. Aujourd'hui la question est complète : la Société répondra si elle veut être ou n'être pas. Elle viendra trancher à la fois toutes les têtes de l'hydre, ou se faire dévorer...
Les temps sont grands, ils sont chargés de toute l'action du passé ; la civilisation humaine est mise en demeure de succomber ou de se relever vers Dieu.