‹ De La Rétention d'Urine dans la Fièvre TyphoïdeChapitre 10 sur 26 · Grisolle, Loc, cit:, p · texte numérisé non relu

Grisolle, Loc, cit:, p

mier seplénaire. Il est souvent difficile de fixer la date précise de son apparition. Certains malades, mal en train, courbaturés, souffrant de céphalée depuis plusieurs jours. se sont alités tardivement. D’autres au contraire, chez qui ces premiers symptômes étaient plus sérieux ont dû prendre le lit plus rapidement. Pour faciliter les choses nous avons tenu compte dans nos observations du jour où les malades se sont définitivement alités.

Dans le cas I. la rétention s’est manifestée dès le troisième ou le quatrième jour de l’alitement.

Dans les cas IT, X et XT, du cinquième au septième jour. Dans le cas ITT, au huilième jour. Dans l'observation VIT, au commencement du deuxième septénaire également.

Le malade de l'observation IV a fait de la rétention deux fois, au septième puis au douzième jour.

Dans les observations VI, VIITet IX, on la trouve du quinzième au dix-septième jour. Enfin dans l'observation V, au vingtième jour.

Nous n’en avons pas observé nous-même dans la convalescence. Cependant elle peut se retrouver isolée, ou à titre d'épiphénomène au cours d’autres paralysies. «Dans presque toutes les observations de paralvsie généralisée, de paraplégie et même dans l'hémiplégie consécutives à la fièvre typhoïde, dit le professeur Landouzy, on note des troubles impor- -tants de la vessie. »

Les paralysies partielles, les vertiges, le délire, l’hébétude, la paresse cérébrale, les céphalées, la

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cécité, etc., sont en effet d’une certaine fréquence, et Trousseau (1) explique tous ces accidents par « l'ébranlement du système nerveux, la modification organique et fonctionnelle éprouvée par l'appareil de l'inpervation tout entier, sous l'influence de la cause morbide qui, ayant primitivement et directement porté son action sur lui, continue d'agir pendant

tout le temps de la maladie ».

DURÉE DE LA RÉTENTION. — Le plus souvent la rétention fut passagère, et n’eut qu’un à deux jours de durée (obs. II, I, IV, V et XI).

On la constata pendant trois jours (obs. VII et IX); mais dans l’une d'elles, elle persista jusqu’à la mort de la malade; cing jours, dans l'observation X ; six jours dans l’observation VIII : neuf jours dans l’observation I. Enfin elle fut complète six jours et incomplète neuf jours dans l'observation VI.

FORMES DE DOTHIÉNENTÉRIE DANS LESQUELLES ON L'OBSERVE. — La rétention, avons-nons dit, est de toutes les formes de la fièvre typhoïde. Même à la fin du premier septénaire des formes normales, moyennement graves, «soit que la stupeur du malade supprime les sensations du besoin et de l’évacuation, soit que les sphincters soient paralysés, on

1. Trousseau. Clin. médic. de l'Hôtel-Dieu, t. I, 6e édit., p: 82.

peutobservér, dit Jaccoud (1), en même temps que les matières sont rendues involontairement, soit l’incontinence d'urine, soit la rétention partielle ou complète par suite de l’inertie des muscles expulseurs. »

De même et surtout dans le deuxième et le troisième septénaires, alors que l’état typhoïde est très prononcé.

Mais on la rencontre surtout dans les formes ady-namiques, en même lemps qu'une stupeur profonde et persistante, une mollesse remarquable du pouls, de l’insomnie, du délire tranquille, de la carphologie, de la surdité, des accidents divers de paralysie, Dans les formes ataxiques également, où elle s'accompagne alors de délire violent, d’agitation, de soubresauts des tendons, d’éréthisme cardiaque, etc.

Ces phénomènes d’excitation nerveuse peuvent même se grouper sans qu'une myélite ou une méningite spinale en soient l’origine, comme l’ont démontré les autopsies. Ils donnent alors un aspect spécial qui a fait décrire à Fritz (2) une forme spéciale de fièvre typhoïde. Elle se caractérise par des douleurs rachialgiques, gênant parfois les mouvements de la tête et du cou et amenant une sensation de raideur spéciale et une hyperesthésie surtout spinale ; par des symptômes spasmodiques, contractures des ex. trémités, accidents tétaniformes ; par des symptômes

1. Jaccoud, Traité de pathol. int.,t. II, 1879, 6° édition, p- 8r0.

2. G. Fritz. Etude clinique sur divers symptômes spinaux de la fièvre typhoide. Paris, 1884.

paralytiques, engourdissement des extrémités, paraplégies, paralysie incomplète des muscles respiratoires ; par des symptômes bulbaires, dyspnée extrème, spasme du larynx et du pharynx, etc.

Qu'il y ait prédominance des signes de paralysie ou de contracture, que les centres vésicaux de la moelle aient été inhibés ou non, les évacuations intestinales et vésicales sont, dans cette forme, souvent compromises. Le spasme peut entraîner de la dysurie, ou même de la rétention ; la paralysie peut frapper les muscles de la vessie et amener consécutivement la distension.

Mais les formes dans lesquelles on la rencontre ne sont pas nécessairement aussi graves. Si nous en avons trouvé des exemples dans les formes ataxoadynamiques qui se sont présentées à notre étude, des formes de moyenne gravité et des formes bénignes (obs. IIT) nous en ont également présenté des cas.

RÔLE DES LÉSIONS ANCIENNES DE L'APPAREIL URÉ- TRO-VÉSICAL. — Il est évident & priori que des maladies antérieures de l’urètre et de la vessie, aussi bien chez l’homme que chez la femme, peuvent rendre compte de cette susceptibilité particulière, dans un certain nombre de cas. Ce n’est pas à dire qu'il en soit toujours forcément ainsi. Même avec une fièvre typhoïde modérément grave, et une blennorragie

antérieure non douteuse, comme l'observation de

M'° M... (obs. XVI)en est un exemple, les manifestations urétro-vésicales peuvent faire entièrement défaut.

Bien pluselles manquèrent totalement dans l'observation XV, où le malade avait eu déjà quatre blennorragies el où la cinquième reprit avec intensité au cours même de la fièvre typhoïde.

Mais ces faits sont l'exception. C’est ainsi que dans l'observation 1, bien que le maiade ait assuré n'avoir eu aucune blennorragie, aucun « échauffement » même léger, et que nous n’ayons jamais constaté de goutte urétrale, il nous a été possible cependant en l'interrogeant soigneusement de retrouver des antécédents urinaires certains quoique légers et d’interprélation difficile. Cet homme jeune encore, se rappelait que tout enfant, il était obligé d’uriner très

souvent, et que depuis deux ou trois ans, il devait

« pousser » pour uriner, Le malade de l'observation VIIL avait eu trois blennorragies antérieures, et au cours de la fièvre typhoïde que nous observâmes, nous pûmes retrouver une goutte urétrale renfermant un grand nombre de leucocytes altérés, bourrés de gonocoques, comme s'il y avait eu, à l’occasion d’une infection nouvelle, une véritable reviviscence de ces derniers.

Mais on sait combien ces investigations sont difficiles. A quel signe certain se fier pour apprécier si un homme et surtout une femme n’ont pas eu une blennorragie ancienne. Dans notre observation I, nous avons trouvé nettement à deux reprises une

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goutte urétrale blanchâtre épaisse. Quelle était sa nature ? Etait-ce le reliquat, bien que.nous n’y ayons pas trouvé de gonocoques, d’une blennorragie datant de plusieurs années, réveillée sous l’influence de la maladie actuelle ? Était-ce le résultat d’une inflammation urétrale banale causée par le passage répété d'une sonde qui n'était peut-être pas suffisamment aseptique, car le malade avait été sondé plusieurs fois chez lui, pendant les cinq jours qui précédérent son entrée dans le service ? Le doute reste possible.

Parcontre dans un certain nombre de nos observations, il nous paraît plausible de penser que tout antécédent de ce genre faisait réellement défaut. Les malades de nos observations II, V, VI, X et XI, étaient vierges, elles ne présentèrent jamais le moindre signe d'irritation vulvaire ou vaginale, jamais la moindre sécrétion urétrale suspecte. L’observation [IT concerne un jeune garçon de quatorze ans et demi dont l'urètre fut toujours trouvé parfaitement sain, chaque fois que nous l’avons examiné.

Ces antécédents urinaires sont donc fréquents comme cause de rétention, mais ils sont loin d'être la règle.

ROLE DES ANTÉCÉDENTS RÉNAUX. — Le retentissement que peuvent avoir sur la vessie les affections rénales est chose bien connue.

Il est probable cependant que cette explication

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