DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC
Disons d’abord que le diagnostic positif, le seul qui soit ici difficile, puisque lorsqu'il y a doute entre l’anurie et la rétention, le cathétérisme a bientôt fait de trancher la question, est loin de s'imposer. Ilest facile au contraire si l’on ne pense pas à la possibilité de cet accident.
Nous avons noté dans notre précédent chapitre le peu de valeur des signes fonctionnels et généraux. Bien rarement les malades attirent d'eux-mêmes l'attention sur l'insuffisance de leurs mictions. Dans la plupart des cas, ils sont trop abattus, trop pros trés pour se rendre compte de leur situation. Leur rétention eût donc passé forcément inaperçue, pendant un certain temps du moins, si nous ne l’avions toujours recherchée de parti pris.
Chez les malades délirants, également, on devra penser de suile à cet examen des fonctions vésicales.
Dans un seul cas, l’allure clinique de la maladie (obs. VII) nous eût pour ainsi dire obligé à y penser de suite : Les crises jacksonniennes que présenta
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cette malade, éveillaient immédiatement en effet. la possibilité d’une urémie à forme convulsive, et nous aurions été incité à pratiquer l’examén des urines et de l'appareil arinaire.
Dans la plupart de nos autres cas, loin de nous avoir élé signalée par le malade ou par ses gardes, elle fut, même pour nous, une véritable trouvaille, la quantité d'urine émise spontanément ou involontairement, par vingt-quatre heures, étant plus que suffisante.
Nous retiendrons donc l’importance qu'il y a, dans toute incontinence survenant au cours d’une fièvre typhoïde, à chercher une rétention incomplète possible. Ces incontinences sont fréquentes, un cinquième des cas, disait Trousseau, mais elles n'ont pas toutes la même valeur.La paralysie du sphincter vésical, la paralysie des muscles vésicaux eux-mêmes amenant consécutivement à leur distension le regorgement, peuvent également les provoquer.
Mais il faul savoir en outre que toutes ne relèvent pas d’un semblable mécanisme. Il faut être en garde en effet contre les fausses incontinences, qui ne sont symptomatiques que de l’état d’affaiblissement intellectuel du malade et de la paresse, de la négligence ou de la mauvaise volonté qui en résultent. Pour éviter le dérangement d’une miction régulière dans leur lit, miction qui se fait parfois attendre, les fatigue et les prive d'une partie du court repos réparateur que leur laissent la préparation aux bains, le bain lui-même et les soins consécutifs, certains
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malades urinent volontairement dans leur baignoire. Il suffit souvent de leur indiquer le danger de cette pratique pour qu'ils y renoncent de suite (obs. XHD). D'autres enfin, comme nous l'avons vu (obs. XIV), croient se venger de leur garde en souillant leur literie et en les obligeant ainsi à les changer. Trousseau (i) a observé un cas analogue non d'impuissance vésicale mais de paresse intellectuelle.
ProNosrTic. — Dans les cas favorables, bénins, le danger de la rétention en soi n’est pas grand, Quand elle a lieu passagèrement, quand sa durée n’est pas longue, que leremède y est apporté à temps et par conséquent que les symptômes d'intoxication n’ont pas le temps de se montrer.
Au contraire quand elle se prolonge, les urines s'altèrent et il y a un commencement de catarrhe de la vessie. L’urine devenue irritanie, attaque les parois vésicales qui sécrètent une plus grande quantité de mucus. Celui-ci s’altère et devient riche en éléments blancs, une petite quantité de pus apparaît. L'urée de l’urine tend à se convertir en sous carbonate d’ammoniaque sous l'influence à la fois d’un séjour prolongé et de son mélange avec le muco-pus sécrété et devient alors alcaline.
Mais comme telle, elle est plus irritante encore pour la muqueuse vésicale, qui réagit à nouveau en
sécrétant une plus grande quantité de pus.